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Bichon maltais adulte, debout, de profil

Bichon maltais

Peu de races peuvent se prévaloir d'une bibliographie antique. Le standard de celle-ci le fait : **Aristote** les nommait *canes melitenses*, le géographe **Strabon** en faisait l'éloge au premier siècle de notre ère, et la Renaissance les a peints aux pieds des belles dames. Le nom viendrait du sémitique *màlat*, qui signifie refuge ou port — ces petits chiens vivaient dans les ports méditerranéens, où ils chassaient les rats. Deux mille ans plus tard, le texte officiel décrit toujours le même animal en quatre mots : « vif, affectueux, très docile et très intelligent ».

Au programme : le standard FCI n° 65 et les proportions étonnamment précises qu'il impose, un poil qui décide de la vie quotidienne avec ce chien, l'anomalie du foie pour laquelle la race est citée et ce qu'il faut en savoir, la question du larmoiement traitée médicalement plutôt que cosmétiquement, les 681 inscriptions au LOF en 2025 et ce que ce recul raconte, les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 1er septembre 202613 min de lecture

Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainement
Poids adulte3–4 kg[1]
Espérance de vie12 à 15 ans (indicatif)
Prix d'un chiot1 100–1 800 € (indicatif)
Budget annuel1 060–2 130 €

L'essentiel

Pour qui ?

Quelqu'un qui aime s'occuper de son chien

Gai, très présent, parfaitement adapté à la vie en intérieur. En échange, il réclame du temps de brossage, tous les jours.

Combien d'activité ?

Trente à quarante-cinq minutes

Des besoins modestes, mais un chien vif qui déteste rester enfermé toute la journée.

Quoi surveiller ?

Le poil, les yeux, le foie

Un peigne quotidien, des paupières propres, et un chiot qui grandit mal se fait examiner le foie.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie12–15 ans
Prix d'un chiot1 100–1 800 €
Activité quotidienne30 min à 45 min
Pays d’origineBassin méditerranéen central[1]
Fonction historiqueChien d'agrément et de compagnie[1]
Type de poilFourni, brillant, lourd et soyeux, très long sur tout le corps et raide sur toute sa longueur[1]
Tempérament selon le standardVif, affectueux, très docile et très intelligent
Taille au garrot21–25 cm20–23 cm[1]
Poids3–4 kgLe standard donne un seul poids, sans distinguer les sexes.3–4 kgLe standard donne un seul poids, sans distinguer les sexes.[1]
couleursBlanc pur ; une teinte ivoire pâle est admise[1]
Groupe FCI9 · section 1[1]

Standard FCI n° 65, publié le 13 novembre 2015 — relevé le 1er septembre 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

L’aperçu historique du standard se lit comme une notice de musée, et c’est justifié. Le nom viendrait du terme sémitique màlat, qui désigne un refuge ou un port — non pas l’île de Malte, donc, mais l’ensemble des ports méditerranéens où ces petits chiens vivaient. Ils y avaient un emploi que personne ne leur prête aujourd’hui : chasser les souris et les rats.

Les références antiques s’enchaînent dans le texte officiel :

  • Aristote les désigne sous le nom de canes melitenses ;
  • le géographe Strabon en fait l’éloge au premier siècle de notre ère ;
  • ils sont les compagnons favoris des matrones romaines ;
  • la Renaissance les représente aux côtés des belles dames.

Deux mille ans plus tard, le texte officiel le range parmi les bichons et apparentés du groupe 9, avec pour utilisation « chien d’agrément et de compagnie ». Le patronage est italien, l’origine officielle est le bassin méditerranéen central. Peu de races peuvent afficher une telle continuité entre ce qu’elles étaient et ce qu’elles sont.

Sa place en France

Les chiffres français reculent, et autant le dire sans détour.

  • 681 chiens inscrits au LOF en 2025, contre 805 en 2024 : − 15 %.
  • Le groupe 9 perd 7 % sur la même période, de 25 134 à 23 454 inscriptions.
  • Le maltais baisse donc deux fois plus vite que son groupe, au rythme du bouledogue français (− 15 %) et du shih tzu (− 14 %), quand le chihuahua se maintient (− 1 %) et le cavalier king charles limite la casse (− 5 %).
  • Il passe désormais derrière le bichon à poil frisé, qui compte 939 inscriptions.

Ce que cela change concrètement pour un acheteur : une base d’élevage plus étroite, donc moins de portées, moins de choix, et une attention accrue à porter sur le pedigree et sur le sérieux de l’élevage. En France, la race relève du Club des bichons et petits chiens lions.

Morphologie et particularités physiques

Le standard de cette race est l’un des plus mathématiques que nous ayons lus : il exprime presque tout en fractions de la hauteur au garrot.

Point du standardValeur officielle
Hauteur au garrot, mâle21 à 25 cm
Hauteur au garrot, femelle20 à 23 cm
Poids3 à 4 kg, sans distinction de sexe
Longueur du corpsDépasse d’un tiers la hauteur au garrot
Longueur de la tête6/11 de la hauteur au garrot
Chanfrein4/11 de la longueur de la tête
Tour de poitrineDépasse des deux tiers la hauteur au garrot
QueueEnviron 60 % de la hauteur au garrot

Ces proportions ne sont pas un caprice de rédacteur : elles dessinent un chien nettement plus long que haut, à la poitrine ample, dont la tête paraît grande pour le corps. C’est cette construction qui donne au maltais son allure caractéristique, port de cou dressé et démarche relevée.

Deux points appellent un commentaire.

Le poil. Le texte demande un poil « fourni, brillant, luisant, lourd et soyeux, très long sur tout le corps et raide sur toute sa longueur, sans trace d’ondulations ou de boucles ». Chaque adjectif compte : lourd et raide décrivent une matière qui tombe droit, et sans boucles est si important que le poil frisé figure parmi les défauts éliminatoires.

La pigmentation. Sur un chien intégralement blanc, les seules zones pigmentées sont la truffe et le bord des paupières — et le standard les défend fermement. Sont éliminatoires la dépigmentation totale de la truffe, une truffe d’une couleur autre que le noir, la dépigmentation totale des paupières et l’œil vairon. Une robe autre que blanche, ou des taches de couleur, le sont également, seule une nuance ivoire pâle étant tolérée.

Comportement et caractère

Le standard résume la race en quatre mots : « vif, affectueux, très docile et très intelligent ». C’est court, et c’est assez juste.

  • Vif. Ne vous fiez pas à la robe de salon : c’est un chien qui bouge, qui joue, qui court dans le couloir et qui garde de l’entrain jusqu’à un âge avancé. Ses ancêtres attrapaient des rats dans les ports.
  • Affectueux, jusqu’à la dépendance. Il vit collé à son foyer et supporte mal les longues absences. C’est la principale contre-indication de la race, avant toute considération d’espace ou de budget.
  • Très docile et très intelligent. Il apprend vite et cherche à faire plaisir. Deux domaines résistent toutefois plus souvent qu’on ne le dit : la propreté, qui demande de la patience et un rythme de sorties régulier chez un chien de cette taille, et le rappel, à travailler tôt.
  • Bavard. Il annonce ce qui se passe. Cela se canalise mais ne s’éteint pas, et un maltais qui s’ennuie aboie beaucoup plus qu’un maltais occupé.

Un piège classique mérite d’être nommé : à trois kilos, tout se pardonne. On le porte au lieu de le faire marcher, on cède au lieu d’insister, on rit d’un comportement qu’on ne tolérerait pas d’un chien de trente kilos. Le résultat est un petit chien mal élevé — et ce n’est jamais le chien qui est en cause.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les enfants, l’entente est bonne et le risque est physique. Trois kilos se blessent vite : une chute depuis les bras, un enfant qui s’assoit sans regarder, une porte qui se ferme. La règle se pose dans l’autre sens que d’habitude — il faut protéger le chien de l’enfant, pas l’inverse. Les enfants s’assoient au sol pour le manipuler, jamais debout.

Avec les autres chiens, il est en général sociable. Le point de vigilance tient à la disproportion : un jeu avec un chien de vingt kilos, même parfaitement bien intentionné, peut mal finir pour un animal de cette taille. Choisissez ses partenaires par gabarit.

Avec les chats, la cohabitation se passe généralement bien, surtout si elle est installée jeune.

Avec les visiteurs, il annonce puis il accueille. Rien d’agressif : le standard range le chien agressif ou peureux parmi les défauts éliminatoires.

Environnement idéal

Ce chien est l’un des mieux adaptés à la vie citadine de toutes les races publiées ici.

  • L’appartement lui convient parfaitement, quelle que soit la surface. Il ne demande pas de terrain.
  • La présence est sa vraie exigence. Il n’est pas fait pour un foyer absent dix heures par jour. Si c’est votre situation, envisagez une garde en journée.
  • Le froid et l’humidité le gênent. Un chien de trois kilos sans manteau épais perd sa chaleur très vite : un imperméable en hiver relève de l’équipement.
  • Les sols glissants et les hauteurs sont ses ennemis. Il saute du canapé sans mesurer la chute, et une patte cassée chez un chien de cette taille n’est pas un incident anodin.
  • Un coin à lui, où il peut se retirer et dormir sans être dérangé, notamment dans les foyers animés.

Activité physique et sorties

Il lui faut, chaque jour, entre une demi-heure et trois quarts d’heure dehors, répartis en deux ou trois sorties. Ses besoins sont modestes, mais ils sont réels — un maltais n’est pas un chien qui se contente d’un tapis de propreté.

Ce qui lui convient :

  • des promenades tranquilles avec du temps pour renifler ;
  • des jeux d’intérieur, de recherche et d’apprentissage, qui l’occupent bien mieux que la distance ;
  • de courtes séances d’obéissance ludique — il est décrit comme très docile et très intelligent, et il aime apprendre.

Ce qu’il faut éviter :

  • les longues sorties par temps froid ou pluvieux sans protection ;
  • les sauts depuis les meubles et les descentes d’escalier en courant ;
  • le collier, à remplacer par un harnais : sur une trachée aussi fine, la traction se répartit bien mieux.

Un dernier point, souvent négligé : faites-le marcher. Un maltais que l’on porte en permanence perd sa musculature, prend du poids et développe des angoisses au moindre contact avec le sol.

Santé et prédispositions

Trois sujets structurent cette section : le poil, les yeux, et une anomalie du foie qu’il faut savoir reconnaître. Commençons par la bonne nouvelle.

Ce qui joue en sa faveur

Les grandes analyses de longévité classent les chiens par gabarit et par forme de crâne, et le maltais se trouve du bon côté sur les deux critères. L’étude britannique portant sur 155 races donne :

  • 12,7 ans de survie médiane pour les petites races, contre 11,9 ans pour les grandes ;
  • 12,8 ans pour les races au museau de longueur normale, contre 11,2 ans pour les races au museau écrasé ;
  • 13,3 ans pour les petites races à museau allongé, la combinaison la plus favorable.

Petit et sans face écrasée, le maltais réunit les deux paramètres qui allongent la vie. Rien n’est garanti pour autant, mais l’information vaut d’être connue au moment de comparer plusieurs races.

Le foie : ce qu’il faut savoir reconnaître

Le maltais figure parmi les races citées pour le shunt porto-systémique congénital de forme extra-hépatique, celle qui touche préférentiellement les chiens de très petite taille. Le principe est simple à comprendre : un vaisseau anormal court-circuite le foie, si bien que le sang venu de l’intestin passe dans la circulation générale sans avoir été filtré.

Les signes apparaissent chez l’animal jeune, et ils sont d’abord neurologiques — c’est ce qui les rend difficiles à interpréter pour un propriétaire :

  • abattement, désorientation, chien qui « n’est pas là », parfois convulsions ;
  • signes souvent aggravés après le repas, quand la charge intestinale est maximale ;
  • retard de croissance, vomissements, diarrhée, anorexie.

Un chiot qui ne grandit pas comme ses frères, qui vomit régulièrement ou qui paraît hébété après avoir mangé se fait examiner sans attendre. Sous traitement médical seul — alimentation à teneur réduite en protéines, éventuellement lactulose —, la survie médiane rapportée avoisine trois ans, avec une qualité de vie que les propriétaires jugent améliorée. Une correction chirurgicale est envisageable selon la localisation du vaisseau.

Les yeux, et la question du larmoiement

Aucun autre motif n’amène autant de maltais chez le vétérinaire, et la question est presque toujours prise à l’envers. Sur un chien blanc, une trace sous l’œil se voit immédiatement, et le premier réflexe consiste à chercher un produit qui l’efface.

Le bon réflexe est de chercher pourquoi l’œil coule. Deux causes documentées relèvent du vétérinaire :

  • l’imperforation des points lacrymaux, cause reconnue de larmoiement chez le jeune chien : les larmes n’ont tout simplement pas de voie d’évacuation ;
  • l’inflammation du sac lacrymal, qui entraîne larmoiement puis conjonctivite secondaire.

S’y ajoutent les causes mécaniques ordinaires : poils qui frottent la cornée, cils mal orientés, irritation chronique. Faites examiner l’œil avant d’acheter quoi que ce soit. Si rien d’anormal n’est trouvé, un nettoyage quotidien à l’eau claire et un poil tenu court autour de l’œil suffisent à limiter la trace.

Enfin, notez ce que le standard protège : la dépigmentation totale des paupières est un défaut éliminatoire. Sur un chien entièrement blanc, ce liseré noir autour de l’œil est l’une des deux seules zones pigmentées du corps.

Le poil, sujet médical et non cosmétique

Un poil « lourd et soyeux, très long sur tout le corps » s’emmêle vite, et un nœud n’est pas un problème d’apparence. Serré contre la peau, il tire en permanence, provoque une irritation, retient l’humidité et finit par s’infecter. À ce stade, il n’y a plus qu’une solution : la tonte complète.

D’où la règle qui gouverne toute la vie avec cette race : le peigne, tous les jours, dix à quinze minutes. Pas la brosse seule, qui glisse en surface et laisse les nœuds intacts en profondeur.

Le poids

Trois à quatre kilos au standard, sans distinction de sexe : un seul kilo d’amplitude pour toute la race. À cette échelle, cent grammes représentent près de trois pour cent de la masse du chien — l’équivalent de deux kilos chez un labrador. Une pesée mensuelle sur une balance ménagère suffit, à condition de retirer les friandises du total quotidien plutôt que de les ajouter.

La question de l’allergie

Elle revient systématiquement sur les races à poil qui ne se sème pas, et la réponse est établie : aucune race de chien n’est hypoallergénique. L’allergène majeur, Can f 1, se trouve dans la salive et les squames, pas dans le poil. Un chien qui perd peu disperse moins de squames et se nettoie plus facilement, ce qui améliore le confort de certaines personnes — mais il s’agit de réduire l’exposition, pas de la supprimer.

AffectionFréquenceDépistageSource
Shunt porto-systémique congénitalLes signes apparaissent chez l'animal jeuneLe maltais figure parmi les races citées pour le shunt extra-hépatique, celui qui touche surtout les chiens de très petite taille. Le sang contourne le foie au lieu d'y être filtré et les signes sont d'abord nerveux. Sous traitement médical seul, la survie médiane rapportée avoisine trois ansChiot qui grandit mal, vomit, paraît hébété après les repas : bilan hépatique sans attendre[4]
Larmoiement et voies lacrymalesVisible d'emblée sur une robe blancheDeux causes documentées : l'imperforation des points lacrymaux chez le jeune chien, et l'inflammation du sac lacrymal qui entraîne larmoiement puis conjonctiviteUn larmoiement permanent se fait examiner par un vétérinaire avant d'acheter un produit détachant[5]
Méningo-encéphalite nécrosanteLe maltais est l'une des quatre races nommément citéesLe référentiel vétérinaire le cite avec le carlin, le chihuahua et le pékinois. L'inflammation détruit la substance grise du cerveau antérieur chez le chien jeune à d'âge moyen ; l'affection est grave et souvent fataleConvulsions, tournis ou changement de comportement : avis neurologique[8]
Luxation de la rotuleRisque multiplié par 2,8 sous 10 kg par rapport aux 10-20 kgPrévalence générale de 1,30 % relevée sur 210 824 chiens en Angleterre. Le maltais ne figure pas parmi les onze races à risque accru du modèle, mais son gabarit le place dans la catégorie de poids la plus exposéePalpation des grassets à chaque visite annuelle[9]

Entretien et hygiène

C’est le cœur de la vie avec cette race, et cela mérite d’être détaillé.

  • Peignage quotidien, dix à quinze minutes, peigne métallique à dents larges puis fines. Procédez par mèches, de la peau vers la pointe.
  • Démêlage à sec ou sur poil légèrement humidifié d’un spray démêlant. Jamais sur un chien mouillé : l’eau resserre le nœud.
  • Bain toutes les deux à quatre semaines selon le mode de vie, avec un shampooing doux et un après-shampooing. Séchage complet au séchoir, en peignant en même temps — un poil séché à l’air se feutre.
  • Passage chez un toiletteur toutes les six ou huit semaines, pour la coupe et les zones délicates.
  • Contour des yeux : nettoyage quotidien à l’eau claire, poils coupés court par un professionnel.
  • Oreilles : contrôle hebdomadaire, poils du conduit surveillés.
  • Dents : brossage aussi régulier que possible et détartrage quand il s’impose. Les très petites races cumulent les problèmes dentaires — c’est une ligne du budget, pas un détail.
  • Griffes : coupe toutes les trois semaines, ce chien ne les use pas.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Trois remarques comptent particulièrement ici :

  • Les quantités sont minuscules, et c’est le piège. Soixante grammes par jour, cela signifie qu’un seul biscuit peut représenter dix pour cent de la ration. Pesez, ne dosez pas au gobelet, et prélevez les récompenses sur le total.
  • La croquette doit être adaptée à une petite mâchoire. Un format trop gros décourage la mastication et pousse le chien à avaler entier.
  • Si un shunt hépatique est diagnostiqué, l’alimentation devient un traitement à part entière et se décide avec le vétérinaire, jamais seul.
ProfilBesoin quotidienRationSource
2,7 kg — chien léger, entretien200 kcal51–55 g[10]
3,1 kg — femelle au standard, entretien222 kcal56–60 g[10]
3,1 kg — même chienne, très active257 kcal66–70 g[10]
3,6 kg — mâle au standard, entretien248 kcal63–67 g[10]
3,6 kg — même chien, très actif287 kcal74–78 g[10]
4,2 kg — chien trop lourd, ration de réduction279 kcal71–75 g[10]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[10]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

Le maltais se choisit sur des critères que l’on peut vérifier soi-même, à condition de savoir où regarder.

Ce qu’il faut observer chez le chiot :

  • la truffe et le bord des paupières : noirs et pleins, sans zones roses ;
  • la croissance, comparée à celle de ses frères et sœurs ;
  • le comportement après un repas — un chiot qui devient absent ou titubant mérite un examen ;
  • la denture et l’articulé, le prognathisme supérieur étant éliminatoire au standard ;
  • l’aisance au maniement, un chiot déjà habitué au peigne valant de l’or.

Les points à faire préciser par l’élevage :

  • le pedigree sur trois générations et l’origine des reproducteurs, dans une race dont les effectifs français se réduisent ;
  • ce qu’il fait, concrètement, pour habituer les chiots au toilettage ;
  • l’historique de santé des portées précédentes.

Et une habitude à installer dès le premier jour : trois minutes de peigne quotidien, en jeu, sur un poil encore court. C’est ce moment-là qui décide si le toilettage sera, pendant douze ans, un rituel tranquille ou une lutte.

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

  1. 2–4 mois

    Le peigne s'apprend maintenant, sur un chiot dont le poil est encore court. Trois minutes par jour, en jeu : c'est ce qui décidera de dix ans de toilettage.

  2. 3–6 mois

    Surveillez la croissance et l'état après les repas. Un chiot qui reste petit, vomit ou paraît absent se fait examiner le foie.

  3. 5–7 mois

    Changement de denture. Contrôle de la bouche : chez les très petits chiens, les dents de lait s'obstinent souvent à rester en place.

  4. 8–15 mois

    Le poil adulte arrive, plus long et plus emmêlant. La période où l'on renonce ou l'on prend le rythme.

Variantes de race

Le bichon maltais ne connaît ni variété de taille, ni variété de couleur : un seul standard, une seule robe. Le blanc pur est la règle, une nuance ivoire pâle est tolérée, et toute autre teinte comme toute tache de couleur sont éliminatoires.

Ce qui existe en revanche, c’est une famille de races voisines que l’on confond régulièrement.

Bichon maltaisBichon à poil friséCoton de Tuléar
Numéro FCI65215283
PoilLong, raide, soyeux, tombantFrisé, en tire-bouchonCotonneux, souple
Poil friséDéfaut éliminatoireExigé par le standardNon recherché
OrigineBassin méditerranéenFrance et BelgiqueMadagascar
Inscriptions LOF 2025681939

Le repère le plus simple tient au poil : si le poil frise, ce n’est pas un maltais, puisque le standard en fait un motif d’exclusion.

Restent deux étiquettes de vente sans valeur. Le « maltais toy », ou « mini maltais », ne renvoie à rien du tout : la race pèse déjà trois à quatre kilos, et la miniaturiser au-delà aggrave tout ce qui pose déjà problème chez les chiens de ce gabarit. Le « maltipoo », croisement avec un caniche, n’est pas une race et ne relève d’aucun standard.

Prix et budget

Chiffres indicatifs. Ce budget a une particularité que peu de races partagent : le premier poste annuel n’est ni l’alimentation ni les soins, c’est le toilettage.

Le toilettage professionnel, 320 à 700 € par an, à raison d’un passage toutes les six à huit semaines. C’est incompressible si vous gardez le poil long, et cela reste utile en coupe courte. Un propriétaire qui apprend à entretenir lui-même le poil réduit fortement cette ligne — mais il la remplace par du temps, quinze minutes par jour.

Le matériel, 90 à 200 € une fois : peigne métallique à dents larges et fines, brosse douce, ciseaux à bouts ronds, séchoir. Acheter du bon matériel dès le départ change réellement la qualité du démêlage.

Le détartrage, lissé à 90 à 180 € par an. Les très petites races cumulent les problèmes dentaires, et cette dépense arrive tôt ou tard.

En face, l’alimentation ne dépasse pas 330 € par an — soixante grammes par jour ne coûtent pas cher, même avec un aliment de qualité — et les cotisations d’assurance d’un chien de trois kilos comptent parmi les plus basses du marché. Le maltais n’est pas un chien coûteux à nourrir ; c’est un chien coûteux à entretenir, et c’est une différence qu’il vaut mieux avoir mesurée avant.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF1 100 € – 1 800 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan150 € – 250 €une fois
Matériel de toilettage : peigne, brosse, ciseaux, séchoir90 € – 200 €une fois
Stérilisation ou castration200 € – 400 €une fois
Toilettage professionnel320 € – 700 €par an
Alimentation180 € – 330 €par an
Vaccins et visite annuelle100 € – 170 €par an
Antiparasitaires70 € – 130 €par an
Détartrage, en moyenne lissée90 € – 180 €par an
Assurance santé et réserve pour imprévus300 € – 620 €par an
Première année
2 600 € – 4 780 €
Les années suivantes
1 060 € – 2 130 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il consacrer à son poil ?

Comptez dix à quinze minutes par jour, tous les jours, plus un passage chez un toiletteur toutes les six à huit semaines. Le standard décrit un poil « fourni, brillant, luisant, lourd et soyeux, très long sur tout le corps » : c'est magnifique et c'est un engagement. Un poil de cette nature s'emmêle en quarante-huit heures d'inattention, et un nœud serré ne se démêle pas — il tire sur la peau, provoque une irritation, parfois une infection, et se termine à la tondeuse. Deux conseils qui changent tout : utilisez un peigne, pas seulement une brosse, parce que la brosse glisse sur la surface et laisse les nœuds intacts en profondeur ; et démêlez sur poil sec ou légèrement humidifié, jamais sur un chien mouillé, où le nœud se resserre.

Faut-il le tondre ?

Rien ne l'interdit, et beaucoup de propriétaires font ce choix. La coupe courte, souvent appelée coupe chiot, ramène l'entretien quotidien à quelques minutes et supprime le risque de nœuds. Le chien n'y perd rien : ce poil n'a pas de fonction thermique comparable à celle d'un double manteau de spitz, et un maltais en coupe courte reste un maltais. Ce que vous perdez, c'est la robe du standard — donc la possibilité de le présenter en exposition, et rien d'autre. La vraie question à se poser avant l'achat n'est pas esthétique mais pratique : êtes-vous prêt à faire quinze minutes de peigne par jour pendant douze ans ? Si la réponse est non, choisissez la coupe courte dès le départ et assumez-la.

Pourquoi a-t-il les yeux qui coulent ?

Sur une robe blanche, la moindre trace se voit, ce qui explique que la question revienne sans cesse. Mais elle mérite mieux qu'un produit détachant. Un larmoiement permanent peut venir d'un défaut d'écoulement des larmes : l'imperforation des points lacrymaux est une cause reconnue chez le jeune chien, et l'inflammation du sac lacrymal provoque larmoiement puis conjonctivite. Il peut aussi venir de cils mal orientés ou d'une irritation chronique. Faites examiner l'œil avant d'acheter quoi que ce soit : si la cause est mécanique, elle se traite ; si elle ne l'est pas, un nettoyage quotidien à l'eau claire et un poil coupé court autour de l'œil suffisent à limiter la trace.

Qu'est-ce que le shunt du foie, et faut-il s'en inquiéter ?

C'est une anomalie vasculaire congénitale : un vaisseau court-circuite le foie, si bien que le sang venu de l'intestin n'est plus filtré. Le maltais figure parmi les races citées pour la forme extra-hépatique, celle qui touche surtout les chiens de très petite taille. Les signes apparaissent chez l'animal jeune et sont d'abord nerveux — abattement, désorientation, parfois convulsions, souvent aggravés après le repas — auxquels s'ajoutent retard de croissance, vomissements et diarrhée. Ce n'est pas une fatalité de la race, c'est une éventualité à connaître : un chiot qui ne grandit pas comme ses frères, ou qui paraît hébété après avoir mangé, se fait examiner rapidement. Sous traitement médical seul, la survie médiane rapportée est d'environ trois ans, et une correction chirurgicale est possible selon les cas.

Est-il vraiment hypoallergénique ?

Non, et aucune race ne l'est. C'est une position établie : l'allergène majeur du chien, Can f 1, se trouve dans la salive et les squames, pas dans le poil. Un chien qui perd peu ses poils disperse moins de squames dans la maison et se nettoie plus facilement, ce qui améliore le confort de certaines personnes — mais cela relève de la réduction d'exposition, pas de l'absence d'allergène. Si une allergie existe dans le foyer, la seule démarche sérieuse consiste à passer du temps avec des chiens de la race avant d'en acheter un, et à en parler à un allergologue. Jamais l'inverse.

Combien de bichons maltais en France ?

681 chiens inscrits au Livre des origines en 2025, contre 805 en 2024 : un recul de 15 %. Le groupe 9, celui des chiens d'agrément et de compagnie, perd 7 % sur la même période, de 25 134 à 23 454 inscriptions. Le maltais baisse donc deux fois plus vite que son groupe, au même rythme que le bouledogue français (− 15 %) et le shih tzu (− 14 %), quand le chihuahua se maintient à − 1 %. Il passe aussi derrière le bichon à poil frisé (939 inscriptions). Ce que cela change pour un acheteur : la base d'élevage se réduit, ce qui rend le pedigree et le sérieux de l'éleveur plus déterminants qu'ils ne l'étaient.

Est-ce un chien qui aboie beaucoup ?

Il annonce, et il annonce volontiers. Ce n'est pas un défaut de la race mais une conséquence de son histoire : un chien de compagnie vit à l'intérieur, entend tout, et signale. Le standard le décrit « vif », ce qui est exactement cela. Trois choses limitent le problème sans le supprimer. Ne récompensez jamais l'aboiement par de l'attention, même négative — le regarder et lui parler suffit à l'entretenir. Occupez-le mentalement : il est décrit comme « très docile et très intelligent » par son standard, et un maltais qui apprend des choses aboie beaucoup moins qu'un maltais qui s'ennuie. Et ne le laissez pas seul dix heures par jour : l'aboiement de solitude est le plus difficile à corriger, parce qu'il ne se produit jamais devant vous.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 65 — Maltese (bichon maltais) — Fédération Cynologique Internationale — 13 novembre 2015 — standard
  2. [2]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  3. [3]Bichon maltais — fiche de race et club affilié — Société Centrale Canine — fédération canine nationale
  4. [4]Congenital and Inherited Anomalies of the Liver in Animals — Merck Veterinary Manual — référentiel vétérinaire
  5. [5]Nasolacrimal and Lacrimal Apparatus in Animals — Merck Veterinary Manual — référentiel vétérinaire
  6. [6]Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death (584 734 chiens, 155 races) — Scientific Reports — McMillan K. M. et al., Dogs Trust — 1er février 2024 — étude académique
  7. [7]Pet allergy — l'allergène Can f 1 et la question des races dites hypoallergéniques — American Academy of Allergy, Asthma & Immunology — société savante médicale
  8. [8]Meningitis, Encephalitis, and Encephalomyelitis in Animals — méningo-encéphalite nécrosante et races prédisposées — Merck Veterinary Manual — référentiel vétérinaire
  9. [9]The epidemiology of patellar luxation in dogs attending primary-care veterinary practices in England — Canine Genetics and Epidemiology — O'Neill D. G. et coll. — 2016 — étude académique
  10. [10]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  11. [11]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 1er septembre 2026

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