
Braque de Weimar
Son standard glisse une phrase que l'on ne trouve nulle part ailleurs : « **les chiots ont des yeux de couleur bleu ciel** ». Ce bleu vire ensuite à l'ambre, clair ou foncé, « d'expression intelligente », sur une robe que le texte décline en gris argenté, gris brunâtre et gris souris. Voilà pour la carte de visite, celle qui fait vendre. Le même document en écrit une autre, moins connue : ce chien doit « travailler en plaine, au bois ou à l'eau, avant et après le coup de feu ». Le braque de Weimar est un chien d'arrêt polyvalent, inscrit **avec épreuve de travail** à la nomenclature, et c'est cette ligne-là qui décide de la réussite ou de l'échec d'une adoption.
Au programme : le standard FCI n° 99 et ses deux variétés de poil, les 829 inscriptions au LOF en 2025 dans un groupe qui recule, la maladie de croissance pour laquelle cette race est la référence mondiale — avec ce que l'étude de référence établit vraiment sur le rôle de la vaccination —, le risque de torsion d'estomac chiffré, ce que sa robe grise doit à un gène de dilution, les rations calculées et le budget.
Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 1er septembre 202615 min de lecture
Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainementL'essentiel
Pour qui ?
Quelqu'un qui sort par tous les temps
Un chien d'arrêt complet, endurant et très attaché. Il ne s'accommode ni de l'inaction ni de la solitude.
Combien d'activité ?
Deux heures, tous les jours
Du terrain varié plutôt que du bitume, et de la recherche. C'est le minimum, pas un objectif.
Quoi surveiller ?
La croissance, puis l'estomac
Une fièvre avec des douleurs osseuses entre 3 et 4 mois est une urgence. À l'âge adulte, c'est le ventre qui commande.
Tableau d'identité
| Critère | Mâle | Femelle | Source |
|---|---|---|---|
| Espérance de vie | 11–13 ans | ||
| Prix d'un chiot | 1 100–1 800 € | ||
| Activité quotidienne | 1 h 45 à 2 h 30 | ||
| Pays d’origine | Allemagne | [1] | |
| Fonction historique | Chien d'arrêt polyvalent, en plaine, au bois et à l'eau | [1] | |
| Type de poil | Deux variétés : poil ras dru et très épais, ou poil long souple, lisse ou légèrement ondulé | [1] | |
| Tempérament selon le standard | Docile, d'un caractère bien équilibré, passionné pour la chasse et persévérant | ||
| Taille au garrot | 59–70 cm | 57–65 cm | [1] |
| Poids | 30–40 kg | 25–35 kg | [1] |
| couleurs | Gris argenté, gris brunâtre, gris souris et toutes les nuances intermédiaires | [1] | |
| Groupe FCI | 7 · section 1 | [1] | |
Standard FCI n° 99, publié le 19 mars 2015 — relevé le 1er septembre 2026.Consulter le standard
Origines et histoire
Cette race a une adresse : la cour du duc de Weimar, où elle est élevée dès le premier tiers du XIXᵉ siècle. Le standard le dit sans détour, et la suite de l’histoire ressemble à une gestion de patrimoine.
- Au XIXᵉ siècle, l’élevage passe sous le contrôle de chasseurs professionnels et de forestiers, en Thuringe et dans la région de Weimar. Ce ne sont pas des amateurs : ce sont des gens dont le chien est l’outil de travail.
- Depuis 1890, la race est soumise à un élevage planifié, avec inscription à un livre des origines.
- Depuis 1900, elle est élevée en race pure.
- Au début du XXᵉ siècle apparaît une variété à poil long, aujourd’hui reconnue au même titre que le poil ras.
Ce verrouillage précoce explique une chose qu’on oublie en regardant sa robe : le braque de Weimar n’a pas été sélectionné pour être beau, mais pour être polyvalent. Le standard formule l’exigence en une phrase qui vaut mieux que tous les portraits : il doit « travailler en plaine, au bois ou à l’eau, avant et après le coup de feu ». Autrement dit, chercher, arrêter, rapporter, et le faire sur trois milieux différents.
Détail qui a son importance à la nomenclature : la race est classée avec épreuve de travail. Ce n’est pas décoratif — cela signifie que sa vocation de chien de chasse reste inscrite dans son statut officiel.
Sa place en France
- 829 chiens inscrits au LOF en 2025, contre 801 en 2024 : + 3 %.
- Le groupe 7, celui des chiens d’arrêt, recule de 2 % sur la même période, de 18 073 à 17 777 inscriptions.
- Les ordres de grandeur du groupe : setter anglais 5 086 (+ 4 %), épagneul breton 3 793 (− 4 %), braque allemand à poil ras à 1 287 inscriptions (+ 13 %), et braque hongrois à poil ras à 216 (− 13 %).
Le braque de Weimar tient donc légèrement mieux que son groupe, sans jamais approcher les grandes races de chasse françaises. C’est une race de taille moyenne en effectif, très visible en ville pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la chasse — et c’est précisément là que se situe le malentendu que cette fiche cherche à lever.
Morphologie et particularités physiques
| Rubrique | Ce qu’énonce le texte officiel |
|---|---|
| Garrot du mâle | 59 à 70 cm |
| Garrot de la femelle | 57 à 65 cm |
| Poids du mâle | 30 à 40 kg |
| Poids de la femelle | 25 à 35 kg |
| Couleur du poil | Gris argenté, gris brunâtre, gris souris, et toutes les nuances intermédiaires |
| Tête et oreilles | « En général d’une couleur un peu plus claire » |
| Blanc admis | Faible étendue, au poitrail et aux doigts uniquement |
| Yeux de l’adulte | Ambre clair à ambre foncé, d’expression intelligente |
| Yeux du chiot | Bleu ciel |
Deux remarques.
L’amplitude de taille est considérable. Onze centimètres chez le mâle, huit chez la femelle : c’est large pour un standard, et cela se voit sur le terrain. Un mâle de 60 cm et un mâle de 69 cm sont deux chiens différents à vivre, sans que ni l’un ni l’autre ne sorte du cadre. Vérifiez la taille des parents si le gabarit compte pour vous.
Le poil se décline en deux variétés, et la seconde est méconnue :
- le poil ras, décrit comme « court, mais plus long et plus dense que chez la plupart des autres races comparables », dru, très épais et bien couché ;
- le poil long, « souple et long, avec ou sans sous-poil, lisse ou légèrement ondulé ».
Les deux appartiennent à la même race et au même standard. Le poil long reste rare en France, et il ne s’agit ni d’un croisement ni d’une fantaisie d’élevage.
Enfin, la couleur : les défauts éliminatoires incluent toute teinte s’écartant des tons de gris. Ni le bleu, ni le chocolat, ni le noir n’ont d’existence dans ce texte.

Comportement et caractère
Le texte officiel demande un chien « docile, d’un caractère bien équilibré, passionné pour la chasse et persévérant dans la quête ». Ces quatre qualificatifs décrivent un chien de travail, et la vie quotidienne le confirme.
- Persévérant dans la quête. Il ne lâche pas. Une piste, un jeu, une demande : il insiste, longtemps. C’est une qualité en action et une contrainte en appartement.
- Docile, mais au sens des chiens d’arrêt : il collabore volontiers, il cherche le contact et il travaille avec vous. Ce n’est pas un chien indépendant qui décide seul.
- Extrêmement attaché. C’est le trait qui domine tous les témoignages de propriétaires, et il a un revers. Ce chien suit, colle, s’installe contre vous, et supporte mal les absences. L’apprentissage de la solitude se fait très tôt, par séquences courtes, ou ne se fera pas.
- Sensible. La dureté ne donne rien sur cette race. Les corrections sèches produisent un chien qui se ferme ou qui s’agite, jamais un chien qui obéit mieux.
Ce que cela implique pour l’éducation : de la constance, du travail court et gratifiant, un rappel construit très tôt, et surtout une réponse à la question qui décide de tout — qu’est-ce que ce chien va chercher ? Un braque de Weimar sans recherche est un braque de Weimar qui s’invente une occupation.
Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants
Avec les enfants du foyer, il est en général doux et joueur. Le point de vigilance est physique et lié à son énergie : trente-cinq kilos lancés à pleine vitesse dans un jardin ne voient pas l’enfant de quatre ans. Les jeux se cadrent, la course dans la maison se décourage.
Avec les autres chiens, la sociabilité dépend surtout des sorties de jeunesse. Deux points concrets : il a une gestuelle de chasse — fixation, approche lente, arrêt — que certains chiens lisent mal et prennent pour de la menace ; et son énergie de jeu peut être écrasante pour un chien plus petit ou plus âgé.
Chats et petits animaux appellent de la prudence. C’est un chien d’arrêt à forte motivation de prédation, et la cohabitation demande une imprégnation précoce, une gestion réelle et une surveillance qui ne se relâche pas.
Avec les visiteurs, il annonce et il accueille. Le standard écarte l’agressivité excessive comme la peur, tous deux éliminatoires.
Environnement idéal
- La maison avec terrain est la configuration naturelle, mais le terrain ne remplace rien : un braque de Weimar seul dans un jardin ne se dépense pas, il attend.
- L’appartement n’est pas impossible, il est exigeant. Il impose deux longues sorties quotidiennes, sans exception, et une organisation qui tienne autant en janvier qu’en août.
- La présence humaine est la contrainte principale. Cette race supporte mal les absences longues et répétées. C’est le premier critère à examiner avant l’espace ou le budget.
- La clôture doit être sérieuse. Un chien d’arrêt qui prend une piste franchit ce qu’il faut franchir.
- Le froid et l’humidité le gênent en poil ras : son poil est plus dense que celui de la plupart des braques, mais il reste court, et un manteau en hiver n’est pas superflu pour les longues stations immobiles.
Activité physique et sorties
Cent cinq à cent cinquante minutes quotidiennes, en terrain varié. C’est le plancher de la race, pas une performance des bons jours.
Ce qui lui convient :
- le travail de nez, sous toutes ses formes : pistage, quête d’objets cachés, exploration olfactive en forêt ;
- les longues marches en terrain naturel, avec des changements de milieu ;
- la nage, que son standard mentionne explicitement au titre du travail à l’eau ;
- les disciplines qui associent effort et réflexion.
Ce qu’il faut savoir :
- la variété fatigue plus que la distance. Une heure de recherche en sous-bois vaut deux heures de trottoir ;
- l’effort se fractionne avant deux ans, la charpente n’étant pas terminée quand la silhouette l’est déjà ;
- pas d’effort dans l’heure qui encadre les repas — nous y revenons dans la section santé, pour une raison sérieuse.
Un chien de cette race correctement occupé est un chien calme à la maison. C’est même l’un des marqueurs les plus fiables : un braque de Weimar agité à l’intérieur est presque toujours un braque de Weimar sous-employé à l’extérieur.
Santé et prédispositions
Cette race porte un dossier médical peu commun : elle est la race de référence mondiale pour une maladie de croissance, et l’étude qui fait autorité sur le sujet ne porte que sur des braques de Weimar. Prenons-la sérieusement, avec ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas.
L’ostéodystrophie hypertrophique
Il s’agit d’une inflammation très douloureuse des zones de croissance des os longs, chez le chiot. L’étude de référence a suivi 53 braques de Weimar atteints, et son tableau clinique est net :
| Élément | Ce que l’étude relève |
|---|---|
| Âge d’apparition | Entre 7 semaines et 8 mois, pic entre 3 et 4 mois |
| Fièvre | 100 % des chiens |
| Abattement | 96,2 % |
| Douleurs osseuses | 92,5 % |
| Diarrhée | 60,4 % |
| Écoulement oculaire | 37,7 % |
| Boutons ou nodules | 26,4 % |
| Écoulement nasal | 24,5 % |
Ce que cela signifie pour vous : un chiot de cette race qui a de la fièvre et refuse de se lever entre deux et huit mois est une urgence vétérinaire, pas une fatigue passagère.
Pourquoi cette race en particulier
Parce que la transmission familiale y est manifeste. Dans l’étude, 23 des 44 chiens documentés — 52,3 % — avaient au moins un frère ou une sœur de portée atteint, et les auteurs écrivent que le braque de Weimar est la seule race chez laquelle des portées entières sont rapportées, ce qui plaide pour une forte composante héréditaire. Ils notent aussi que les chiens issus de portées touchées rechutaient plus souvent.
C’est donc une question à poser à l’éleveur, sans détour : des cas sont-ils survenus dans les portées précédentes ?
Ce que le traitement change
Ce paragraphe est le plus utile de la fiche, parce qu’il peut se lire dans une salle d’attente. L’étude compare deux prises en charge :
- anti-inflammatoires non stéroïdiens : aucune rémission à sept jours chez 54,5 % des chiens ;
- corticoïdes à dose immunosuppressive : 100 % de rémission en 8 à 48 heures.
Le choix ne vous appartient pas, mais l’information vous appartient : signalez la race, l’âge et les antécédents de la portée. Et retenez la fin de l’histoire, qui est bonne — sur les 33 chiens ayant atteint l’âge adulte, 28 étaient en bonne santé, soit 84,8 %.
La question du vaccin, traitée honnêtement
Elle circule beaucoup, souvent mal. Voici les deux faits, dans l’ordre.
Ce que l’étude observe : les 53 chiens atteints avaient tous reçu un vaccin entre 1 et 30 jours avant l’apparition des signes, et le recours à des vaccins recombinants n’empêchait pas la maladie.
Ce que les mêmes auteurs écrivent : il est impossible de conclure, dans un sens comme dans l’autre, sans études contrôlées incluant des chiens non vaccinés.
Une série de cas sans groupe témoin montre une association dans le temps, pas une cause. Et de l’autre côté de la balance, il y a des maladies qui tuent des chiots chaque année et contre lesquelles la vaccination protège. La conduite raisonnable est donc simple : parlez-en à votre vétérinaire avant les rappels, dites-lui la race et ce qui s’est passé dans la portée, et laissez-le adapter le calendrier s’il l’estime utile. Suspendre la vaccination de son propre chef n’est pas une option.
Le déficit immunitaire : une croyance à corriger
On lit souvent que le braque de Weimar serait immunodéprimé. Les chiffres disent l’inverse : 23 des 26 chiens testés — 88,5 % — avaient des taux de globulines normaux ou élevés, et 84,6 % sont devenus des adultes sains sans aucun signe d’immunodéficience. Les auteurs proposent une autre lecture, cohérente avec la réponse spectaculaire aux corticoïdes : une réaction inflammatoire sévère et stérile, c’est-à-dire sans microbe en cause.
L’estomac, à l’âge adulte
Classé parmi les races où la dilatation-torsion de l’estomac frappe le plus souvent, il atteint 7,1 % de prévalence, au même niveau que le setter irlandais et derrière le dogue allemand (14,0 %) et l’akita (9,2 %). La prévention s’installe bien avant l’accident :
- au moins deux repas dans la journée ;
- pas d’effort dans l’heure qui précède ni dans l’heure qui suit ;
- un accès à l’eau étalé sur la journée plutôt qu’une grande quantité avalée au retour de promenade ;
- un service d’urgence identifié, adresse et numéro notés.
Les signes qui imposent un départ immédiat : ventre tendu, tentatives de vomissement improductives, agitation, salivation abondante.
Sa robe, et ce qu’elle implique
Le gris du braque de Weimar est une dilution, produite par le gène MLPH sur un mode récessif — toute la race la porte. Cette dilution est associée chez le chien à une dysplasie des follicules pileux : peau sèche, poil terne, chute de poils pouvant devenir définitive, parfois infections récidivantes des follicules, avec des signes apparaissant vers quatre mois.
Deux nuances, et elles comptent. La génétique de cette dysplasie est complexe : d’autres gènes et des facteurs d’environnement y contribuent, si bien que toutes les races diluées ne la développent pas. Et sur le terrain, la grande majorité des braques de Weimar gardent un poil normal toute leur vie. Ce qui doit alerter, c’est un poil qui se dégarnit ou qui perd son éclat après quatre mois : c’est une consultation dermatologique, pas un complément acheté sur un conseil de forum.
| Affection | Fréquence | Dépistage | Source |
|---|---|---|---|
| Ostéodystrophie hypertrophique : la race de référence | Maladie de croissance étudiée sur 53 braques de Weimar.Apparition entre 7 semaines et 8 mois, avec un pic entre 3 et 4 mois. Fièvre chez la totalité des chiens, abattement chez 96,2 % et douleurs osseuses chez 92,5 %. S'y ajoutent souvent diarrhée (60,4 %), écoulement oculaire (37,7 %) et lésions cutanées (26,4 %) | Un chiot fiévreux qui refuse de se lever entre 2 et 8 mois est une urgence vétérinaire | [3] |
| Torsion d'estomac | 7,1 % de prévalence, parmi les races les plus exposéesAu même niveau que le setter irlandais, derrière le dogue allemand (14,0 %) et l'akita (9,2 %) | Deux repas par jour, pas d'effort dans l'heure encadrant le repas, service d'urgence repéré à l'avance | [4] |
| Dysraphisme spinal (gène NKX2-8) | Environ 1,4 % des braques de Weimar sont porteursTransmission autosomique récessive. Le chiot marche difficilement dès la naissance, avec une faiblesse de l'arrière-main et une démarche en sauts de lapin. L'affection n'est pas douloureuse et n'évolue pas au cours de la vie | Test ADN des deux reproducteurs | [7] |
| Dysplasie de la hanche | Score médian de 9 sur 1 475 chiens radiographiésMoyenne de 10,7 sur quinze ans de lectures officielles. Le programme britannique recommande de ne faire reproduire que des chiens dont le score se situe autour de la médiane de race, et idéalement en dessous | Radiographie officielle des deux parents après 12 mois | [8] |
Entretien et hygiène
En poil ras, l’entretien est minimal ; en poil long, il devient réel.
- Poil ras : un passage hebdomadaire au gant de caoutchouc règle la question. Le poil est court mais serré, et la perte reste continue et peu visible.
- Poil long : trois passages de brosse par semaine environ, en insistant sur les franges d’oreilles, de queue et d’arrière-membres.
- Bain : deux à trois fois par an, davantage si le chien travaille en milieu humide.
- Oreilles : tombantes et donc mal ventilées, contrôle après chaque sortie en végétation et nettoyage régulier. C’est le point d’entretien le plus important de la race.
- Coussinets et espaces interdigités : inspection systématique après le terrain — les épillets s’y logent en été.
- Griffes : usées seules chez un chien de terrain, jamais chez un chien de ville. À regarder tous les vingt jours.
- Dents : un brossage aussi fréquent que vous pourrez le tenir.
Alimentation et ration
Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.
Trois particularités à retenir ici :
- Deux repas quotidiens, au minimum. Sur un chien à 7,1 % de prévalence de torsion d’estomac, ce n’est pas une préférence de confort.
- La saison de chasse change les besoins, parfois considérablement. Les lignes à coefficient 110 du tableau donnent l’ordre de grandeur, mais un chien qui travaille plusieurs heures par jour dans le froid a besoin de davantage : ajustez à la palpation, pas au calcul.
- La croissance ne se pousse pas. Un aliment junior grandes races, servi en quantité mesurée, et aucune supplémentation minérale — surtout dans une race où les zones de croissance font déjà l’objet d’une surveillance particulière.
| Profil | Besoin quotidien | Ration | Source |
|---|---|---|---|
| 27,2 kg — femelle légère, entretien | 1131 kcal | 296–300 g | [9] |
| 31,8 kg — femelle adulte, entretien | 1272 kcal | 333–337 g | [9] |
| 31,8 kg — même chienne, en saison de chasse | 1473 kcal | 386–390 g | [9] |
| 34,7 kg — mâle adulte, entretien | 1358 kcal | 355–359 g | [9] |
| 34,7 kg — même chien, en saison de chasse | 1573 kcal | 412–416 g | [9] |
| 37,4 kg — grand mâle, entretien | 1437 kcal | 376–380 g | [9] |
Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[9]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.
Le chiot
Ce chiot se choisit sur deux conversations et une décision.
La première conversation porte sur les portées précédentes. Des cas d’ostéodystrophie hypertrophique sont-ils survenus ? La question est légitime, l’étude de référence montrant une forte composante familiale et un risque de rechute accru chez les chiens issus de portées touchées. Un éleveur sérieux répondra ; un éleveur qui s’agace vous renseigne autrement.
La seconde porte sur ce que vous allez faire du chien. Les bons élevages de cette race posent la question en premier, et c’est bon signe. Il ne s’agit pas d’exiger que vous chassiez, mais de vérifier que le chien aura de quoi s’employer.
La décision, enfin, concerne la solitude. Ce chien construit son rapport à l’absence entre deux et cinq mois, par séquences courtes et répétées, ou il ne le construit pas. C’est le travail le plus discret et le plus déterminant des premiers mois.
À réclamer aussi : les radiographies de hanches lues officiellement sur les deux reproducteurs, ainsi que le calendrier vaccinal prévu, à discuter avec votre propre vétérinaire.
Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.
- 7 semaines – 4 mois
Fenêtre de l'ostéodystrophie hypertrophique. Prenez la température devant toute boiterie ou tout refus de se lever, et notez la date des vaccins pour la donner au vétérinaire.
- 2–5 mois
Socialisation intensive et apprentissage de la solitude par courtes séquences. Ce chien construit maintenant son rapport à l'absence, ou il ne le construira pas.
- 5–12 mois
Rappel et travail de flair, en terrain varié. Effort fractionné : la charpente n'est pas terminée même si la silhouette l'est.
- 12–24 mois
Montée en charge progressive, radiographies officielles des hanches, et première saison si le chien travaille.
Variantes de race
Le braque de Weimar compte deux variétés officielles, distinguées par le poil et rien d’autre.
| Poil ras | Poil long | |
|---|---|---|
| Description au standard | Court, dru, très épais, bien couché | Souple et long, lisse ou légèrement ondulé |
| Sous-poil | Non mentionné | « Avec ou sans » |
| Apparition | Variété d’origine | Début du XXᵉ siècle |
| Fréquence en France | Très majoritaire | Rare |
| Entretien | Un gant, une fois la semaine | Trois brossages hebdomadaires environ |
Les deux relèvent du même standard, du même numéro FCI et des mêmes exigences de travail. Un braque de Weimar à poil long n’est ni un croisement, ni un chien hors type : c’est une variété reconnue, simplement peu répandue.
Ce qui n’existe pas, en revanche : le braque de Weimar « bleu », le « chocolat » et le noir. Le standard n’admet que le gris argenté, le gris brunâtre, le gris souris et leurs nuances intermédiaires, et range toute couleur s’écartant des tons de gris parmi les défauts éliminatoires. Une annonce qui met en avant une couleur rare dans cette race met en avant un chien non conforme.
Prix et budget
Chiffres indicatifs. Deux lignes méritent d’être commentées, et une troisième d’être anticipée.
L’assurance et la réserve chirurgicale. Elles sont regroupées ici parce que cette race concentre deux risques coûteux à deux moments opposés de la vie : une maladie de croissance qui suppose plusieurs consultations rapprochées avant un an, et une urgence abdominale possible à l’âge adulte sur un chien de trente-cinq kilos. Souscrire tôt évite le double écueil du délai de carence et de l’exclusion pour antécédent.
L’équipement de terrain. Longe, harnais, protection hivernale, éventuellement gilet de repérage : quatre-vingts à cent quatre-vingt-dix euros par an, à quoi s’ajoute pour beaucoup de propriétaires le carburant pour rejoindre des terrains dignes de ce nom. Dans une race qui exige deux heures de terrain digne de ce nom, rien de tout cela ne relève du superflu.
Ce qu’il faut anticiper, enfin, ce n’est pas une somme, c’est du temps. Le budget annuel courant de cette race se situe dans la moyenne des chiens de trente-cinq kilos. Ce qu’elle exige en revanche sans négociation possible, ce sont deux heures quotidiennes, sans un jour de relâche, sur une douzaine d’années — et aucune assurance ne couvre cette ligne-là.
| Poste | Fourchette | Périodicité |
|---|---|---|
| Chiot inscrit au LOF | 1 100 € – 1 800 € | une fois |
| Identification, primo-vaccination, premier bilan | 150 € – 250 € | une fois |
| Radiographies officielles des hanches | 180 € – 320 € | une fois |
| Stérilisation ou castration | 300 € – 600 € | une fois |
| Alimentation | 520 € – 880 € | par an |
| Vaccins et visite annuelle | 110 € – 190 € | par an |
| Antiparasitaires, dosage grand chien et exposition tiques | 170 € – 300 € | par an |
| Longe, équipement de terrain, protection hivernale | 80 € – 190 € | par an |
| Assurance santé et réserve pour urgence abdominale | 460 € – 980 € | par an |
- Première année
- 3 070 € – 5 510 €
- Les années suivantes
- 1 340 € – 2 540 €
Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'ostéodystrophie hypertrophique, et pourquoi cette race ?
C'est une inflammation douloureuse des zones de croissance des os longs, et le braque de Weimar en est le cas d'école mondial. L'étude de référence, portant sur 53 chiens de la race, en donne le tableau : apparition entre 7 semaines et 8 mois avec un pic entre 3 et 4 mois, fièvre chez la totalité des chiens, abattement chez 96,2 %, douleurs osseuses chez 92,5 %. Des signes généraux s'y ajoutent souvent — diarrhée chez 60,4 %, écoulement oculaire chez 37,7 %, boutons ou nodules chez 26,4 %. Pourquoi cette race ? Parce que la composante familiale y est manifeste : 23 des 44 chiens documentés avaient un frère ou une sœur de portée atteint, et les auteurs notent que le braque de Weimar est la seule race chez laquelle des portées entières sont rapportées.
Faut-il éviter de vacciner un chiot braque de Weimar ?
Non, et il faut être précis parce que le sujet circule beaucoup. Ce que l'étude établit : les 53 chiens atteints avaient tous reçu un vaccin entre 1 et 30 jours avant l'apparition des signes, et les vaccins recombinants ne réduisaient pas le risque. Ce que les mêmes auteurs écrivent noir sur blanc : il est impossible de conclure dans un sens ou dans l'autre « sans réaliser d'études contrôlées supplémentaires incluant des chiens non vaccinés ». Une association temporelle observée dans une série de cas n'est pas une preuve de causalité, et les maladies contre lesquelles on vaccine tuent des chiots tous les ans. La conduite raisonnable est donc d'en parler à votre vétérinaire avant les rappels, en lui signalant la race et les antécédents de la portée, et de le laisser adapter le calendrier s'il le juge utile. Arrêter la vaccination n'est pas une option.
Comment réagir si mon chiot boite et a de la fièvre ?
En consultant le jour même. Chez un chiot de cette race entre deux et huit mois, l'association fièvre, abattement et douleur des membres doit faire penser à l'ostéodystrophie hypertrophique. Le point pratique le plus utile concerne le traitement : dans l'étude de référence, les anti-inflammatoires non stéroïdiens n'obtenaient aucune rémission à sept jours chez 54,5 % des chiens, alors que les corticoïdes à dose immunosuppressive donnaient 100 % de rémission en 8 à 48 heures. Ce n'est pas à vous d'en décider, mais c'est à vous de signaler la race. Une note rassurante pour finir : sur les 33 chiens de l'étude ayant atteint l'âge adulte, 28 étaient en bonne santé.
Le braque de Weimar a-t-il un déficit immunitaire ?
C'est une idée répandue, et les données disponibles la contredisent. Dans l'étude portant sur les chiens atteints d'ostéodystrophie, 23 des 26 chiens testés — 88,5 % — avaient des taux de globulines normaux ou supérieurs à la normale, et 84,6 % sont devenus des adultes sains sans aucun signe d'immunodéficience. Les auteurs proposent une autre explication : la réponse spectaculaire aux corticoïdes oriente vers une réaction inflammatoire sévère et stérile, c'est-à-dire sans microbe en cause. La différence n'est pas théorique : elle change le traitement, et elle évite de faire porter à un chiot une étiquette d'immunodéprimé qu'il ne mérite pas.
Pourquoi est-il gris, et est-ce un problème ?
Son gris est une dilution, produite par le gène MLPH sur un mode récessif. Toute la race la porte : c'est ce qui transforme le noir en gris argenté, gris brunâtre ou gris souris, les trois nuances que le standard admet. La dilution est associée chez le chien à une dysplasie des follicules pileux — peau sèche, poil terne, zones dégarnies, parfois infections récidivantes des follicules, avec des signes qui apparaissent vers 4 mois. Le point important est que toutes les races diluées ne développent pas ce problème : d'autres gènes et des facteurs d'environnement entrent en jeu. Autrement dit, la couleur n'est pas une maladie, mais un poil qui se dégarnit ou qui devient terne après quatre mois justifie une consultation dermatologique plutôt qu'un complément acheté au hasard.
Combien d'exercice lui faut-il vraiment ?
Deux heures par jour, et c'est un plancher, pas un objectif. Le standard exige un chien capable de « travailler en plaine, au bois ou à l'eau, avant et après le coup de feu », « passionné pour la chasse et persévérant dans la quête ». La race est d'ailleurs inscrite à la nomenclature avec épreuve de travail. Un animal sélectionné là-dessus et promené trois quarts d'heure en ville développera des comportements que l'on mettra à tort sur le compte du caractère. Deux précisions utiles. D'abord, la variété du terrain compte plus que la distance : une heure de recherche en forêt fatigue davantage que deux heures de bitume. Ensuite, il ne suffit pas de le dépenser physiquement : ce chien a besoin de chercher quelque chose, et le travail de flair est ce qui l'occupe le mieux.
Combien de braques de Weimar en France ?
829 chiens inscrits au Livre des origines en 2025, contre 801 en 2024 : une progression de 3 %, dans un groupe 7 qui recule de 2 %, de 18 073 à 17 777 inscriptions. La race se maintient donc légèrement mieux que son groupe. Pour situer les ordres de grandeur chez les chiens d'arrêt : le setter anglais domine avec 5 086 inscriptions (+ 4 %), devant l'épagneul breton à 3 793 (− 4 %) et le braque allemand à poil court à 1 287 (+ 13 %). Le braque de Weimar reste donc une race de taille moyenne en France, loin devant le braque hongrois à poil court (216 inscriptions), avec lequel on le confond parfois.
Sources
- [1]Standard FCI n° 99 — Weimaraner (braque de Weimar) — Fédération Cynologique Internationale — 19 mars 2015 — standard
- [2]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
- [3]Clinical manifestations, response to treatment, and clinical outcome for Weimaraners with hypertrophic osteodystrophy: 53 cases (2009–2011) — Journal of the American Veterinary Medical Association — Safra N. et al., université de Californie à Davis — 2012 — étude académique
- [4]Identification of Genetic Susceptibility Factors Associated with Canine Gastric Dilatation-Volvulus — Genes — Hendricks W. P. D. et al. — 2020 — étude académique
- [5]Alopecia or Follicular Dysplasia, D Locus (Dilution) — gène MLPH, transmission et signes cliniques — LABGENVET, Laboratoire de génétique vétérinaire — laboratoire de génétique
- [6]Gastric dilatation-volvulus (GDV) or bloat — Riney Canine Health Center, Cornell University College of Veterinary Medicine — école vétérinaire
- [7]Spinal Dysraphism (SD) in Weimaraners — gène NKX2-8, transmission et fréquence des porteurs — Veterinary Genetics Laboratory, University of California, Davis — laboratoire universitaire
- [8]Hip Dysplasia Scheme — Breed Specific Statistics 2005-2019 — British Veterinary Association / The Kennel Club — 2019 — programme de dépistage officiel
- [9]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
- [10]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel
Transparence éditoriale
Yanis M.
Fondateur de Canisfera · auteur
À propos de Yanis →Sarah Decellas
ASV · relecture du 1er septembre 2026
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