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Canisfera

Cavalier king charles

Il existe des races faites pour garder, chasser ou conduire un troupeau. Le cavalier king charles, lui, a été fait pour tenir compagnie, et il le fait mieux que presque tous les autres : le standard le veut « gai, amical, non agressif », sans « aucune tendance à être craintif », et c'est exactement le chien que l'on rencontre. Première race de sa catégorie en France, il a une contrepartie qu'il faut regarder en face avant d'acheter — son cœur — et cette fiche vous donne les questions précises à poser à un éleveur.

Au programme : le standard FCI n° 136 et ses quatre robes, les chiffres mesurés du souffle cardiaque et de la syringomyélie, ce que valent les programmes de dépistage danois et néerlandais, l'écart entre le poids du standard et le poids réel, les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 31 août 202613 min de lecture

Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainement
Poids adulte5,4–8 kg[1]
Espérance de vie10 à 12 ans (indicatif)
Prix d'un chiot1 000–1 800 € (indicatif)
Budget annuel1 330–2 850 €

L'essentiel

Pour qui ?

Quelqu'un qui veut un chien à ses côtés

Doux, sociable, sans agressivité, à l'aise partout. C'est un compagnon de tous les instants, pas un chien d'extérieur.

Combien d'activité ?

Une heure suffit, en deux fois

Il s'adapte à votre rythme, ce qui est aussi un piège : il suivra sans se plaindre un mode de vie trop sédentaire.

Quoi surveiller ?

Le cœur avant tout

Un souffle a été relevé chez 31 % des cavaliers suivis en cabinet. Les documents de l'éleveur sont décisifs.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie10–12 ans
Prix d'un chiot1 000–1 800 €
Activité quotidienne45 min à 1 h
Pays d’origineGrande-Bretagne[1]
Fonction historiqueChien d'agrément et de compagnie, aux côtés des cours d'Angleterre[1]
Type de poilLong, soyeux, sans boucles, à franges abondantes[1]
Tempérament selon le standardPlein d'allant, affectueux, gai, amical, non agressif, sans tendance à être craintif
Taille au garrot31–34 cmLe standard FCI ne fixe aucune taille au garrot.30–33 cmLe standard FCI ne fixe aucune taille au garrot.
Poids5,4–8 kgLe standard donne 12 à 18 livres anglaises.5,4–8 kgLe standard donne 12 à 18 livres anglaises.[1]
Groupe FCI9 · section 7[1]

Standard FCI n° 136, publié le 4 novembre 2008 — relevé le 31 août 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

Le nom dit l’essentiel : ces épagneuls étaient les chiens de Charles II d’Angleterre, au point qu’ils portent son prénom depuis. On les voit sur les toiles de l’époque, couchés aux pieds des modèles, dans un rôle qui n’a jamais changé — celui de tenir compagnie.

Une race née d’un retour en arrière

Voilà ce qui rend son histoire singulière. Au fil des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, l’engouement pour les museaux courts a transformé l’épagneul de cour en un chien à face aplatie et à crâne bombé : le king charles spaniel tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Le cavalier est la démarche inverse. Il s’agissait de retrouver le chien des tableaux anciens, celui au museau plus long. La reconstruction a été menée au XXᵉ siècle, et le mot cavalier a été ajouté pour distinguer ce type restauré de son cousin à face courte.

C’est une information utile au moment d’acheter : le museau du cavalier est un caractère de race, pas un accident. Le standard le chiffre d’ailleurs — environ 3,8 cm de la base du stop à l’extrémité — et décrit un crâne presque plat entre les oreilles, avec un stop peu accentué. Un cavalier au nez très écrasé et au front très bombé s’éloigne du texte.

Deux races distinctes

À ne pas confondre, donc :

  • le cavalier king charles spaniel, standard FCI n° 136, museau d’environ 3,8 cm ;
  • le king charles spaniel, une autre race, plus petite, à la face nettement plus courte.

Sa place en France

Le succès est massif et durable. Avec 6 108 inscriptions au LOF en 2025 contre 6 431 l’année précédente, soit un tassement de 5 %, le cavalier reste la première race du groupe 9 — celui des chiens d’agrément et de compagnie — devant le chihuahua (2 898) et le bouledogue français (2 695). Il occupe la huitième place du classement national des races préférées des Français.

Morphologie et particularités physiques

Le standard le décrit en huit mots : « chien actif, gracieux, bien proportionné, à l’expression douce ».

Le poids, et un écart à connaître

Le texte fixe une fourchette étroite : 12 à 18 livres anglaises, soit 5,4 à 8 kg. Il ne donne en revanche aucune taille au garrot, ce qui est rare ; les 30 à 34 cm que nous indiquons sont un repère d’usage.

Une donnée mérite d’être posée ici plutôt qu’en section santé, parce qu’elle concerne la morphologie : le poids médian relevé sur les cavaliers suivis en clientèle vétérinaire anglaise s’établit à 10,5 kg. Soit deux kilos et demi de plus que le maximum du standard. Le cavalier moyen que l’on croise dans la rue est donc nettement plus lourd que le cavalier décrit par son texte de race.

Les yeux

« Grands, sombres et ronds mais pas saillants », et « bien écartés ». Toute la douceur d’expression de la race tient dans cette formulation. Deux mots comptent : ronds, et surtout pas saillants — un œil trop exposé se blesse et s’assèche plus facilement.

Les quatre robes

Le standard n’en connaît que quatre, chacune avec sa description propre :

  • Blenheim : marques châtain nettement séparées sur un fond blanc perle, avec une tache entre les oreilles
  • Tricolore : noir et blanc bien répartis, avec des marques feu
  • Noir et feu : noir corbeau, marques feu vives au-dessus des yeux et sur les joues
  • Rubis : rouge intense, unicolore

Le poil : la phrase à retenir

Le standard décrit un poil « long, soyeux, sans boucles », avec une légère ondulation admise et des franges abondantes. Puis il ajoute une consigne que peu de standards formulent aussi nettement : le poil « ne doit absolument pas être toiletté ».

Autrement dit : on entretient, on démêle, on n’égalise pas. Un cavalier de concours à la silhouette sculptée n’est pas conforme à son texte.

Comportement et caractère

Le standard tient en une ligne, et c’est une des plus engageantes de toute la nomenclature : « Plein d’allant, affectueux… Gai, amical, non agressif ; aucune tendance à être craintif. »

Un tempérament écrit noir sur blanc

Notez la double exigence : ni agressif, ni craintif. Le texte ne se contente pas d’interdire la morsure, il refuse aussi le chien qui se cache. C’est un point à vérifier concrètement lors de la visite d’élevage — un chiot cavalier qui recule devant vous n’est pas timide, il est hors type.

Il vous suit, littéralement

C’est le trait que tous les propriétaires décrivent en premier. Le cavalier ne se contente pas d’être présent dans la maison : il change de pièce quand vous changez de pièce, il s’installe contre vous, il dort là où vous êtes. Cette qualité fait tout le charme de la race et constitue en même temps sa principale contrainte, dont nous reparlons plus bas.

Il s’adapte à votre rythme — attention

Voilà un point rarement dit, et pourtant décisif. Le cavalier accepte tout : de longues randonnées comme des journées entières sur un canapé. Il ne réclame pas, il ne dégrade pas, il ne signale rien.

C’est un piège. Un chien qui ne proteste jamais contre l’inactivité est un chien qui prend du poids sans que personne s’en aperçoive. Or son cœur ne l’excuse pas.

Il n’est pas bête, il est doux

Autre malentendu fréquent. Le cavalier apprend très bien, simplement il ne travaille pas pour le plaisir de travailler comme un chien de berger. Il travaille pour vous faire plaisir. Les méthodes fondées sur la douceur et l’encouragement donnent d’excellents résultats ; la moindre brusquerie l’éteint.

Il n’a aucun instinct de garde

Il aboie parfois quand on sonne, puis va accueillir. Le standard ne lui demande d’ailleurs rien de ce côté. Ce n’est pas une race dissuasive, et ce n’est pas ce qu’on lui demande.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les enfants. Peu de races conviennent aussi bien, avec une réserve qui ne tient pas à son caractère mais à son gabarit. À six ou huit kilos, il ne supporte pas d’être porté maladroitement, serré ou bousculé. On apprend donc aux jeunes enfants à venir vers lui plutôt qu’à le prendre, et on aménage un endroit où il peut se retirer. Son tempérament, lui, ne pose aucun problème : il ne grogne pas, il s’écarte.

Avec les autres chiens. Facile, y compris avec des chiens beaucoup plus grands que lui — ce qui appelle une vigilance de votre part plus que de la sienne. Il ne comprend pas qu’il est petit et se jette volontiers dans un jeu qui le dépasse physiquement.

Avec les autres animaux. Aucune agressivité, une prédation faible même si l’origine d’épagneul laisse parfois passer un intérêt pour les oiseaux. La cohabitation avec un chat se passe généralement très bien, et il est l’un des rares chiens que l’on peut associer sans crainte à un rongeur en cage.

Avec les inconnus. Il va vers eux, sans réserve. C’est charmant en ville, et c’est un vrai sujet de vigilance à proximité d’une route : un cavalier ne se méfie de rien ni de personne.

Environnement idéal

Il s’accommode de presque tout, à une exception près : la solitude.

Ce qui lui convient :

  • l’appartement, où il se sent parfaitement à son aise : peu de races conviennent aussi bien au logement urbain
  • un foyer occupé, avec du télétravail, de la retraite ou simplement des allées et venues
  • des sorties régulières, même courtes, en ville comme à la campagne
  • un climat tempéré : ses franges supportent mal la chaleur, sa taille supporte mal le froid vif
  • un espace au sol à hauteur d’homme — il aime les canapés et les lits, et le laisser sauter depuis un meuble haut n’est pas idéal pour ses articulations

Ce qui lui pèse :

  • l’absence prolongée de ses humains, de très loin son premier facteur de mal-être
  • un jardin sans surveillance donnant sur la rue : il ira dire bonjour au premier passant, portail ou pas
  • la vie exclusivement dehors, pour laquelle il n’a jamais été fait
  • la sédentarité totale, qu’il acceptera sans se plaindre et qui lui coûtera cher
  • les fortes chaleurs, mal tolérées sous un poil long

Activité physique et sorties

Comptez quarante-cinq minutes à une heure par jour, en deux ou trois sorties. Ce n’est pas un chien exigeant, mais ce plancher n’est pas négociable.

Ce qui lui correspond

  • la promenade tranquille en laisse, plusieurs fois par jour
  • les jeux de recherche, dans lesquels son origine d’épagneul s’exprime encore
  • l’agility en catégorie petite taille, s’il est en bon poids et sans problème cardiaque connu
  • la marche en ville, qu’il vit comme une sortie sociale autant que physique
  • des séances d’obéissance courtes et joyeuses, très efficaces avec lui

Ce qu’il faut éviter

  • tout effort sous forte chaleur, sous un poil long et des franges épaisses
  • les sauts répétés depuis un canapé ou un lit, mauvais pour son dos et ses rotules
  • la course d’endurance à côté d’un vélo
  • l’inaction totale, la plus fréquente des erreurs sur cette race
  • l’effort intense chez un chien porteur d’un souffle, sans avis vétérinaire préalable

Adapter, plutôt qu’arrêter

Un principe utile chez cette race : un cavalier chez qui l’on a entendu un souffle n’est pas un chien à mettre au repos. Tant que la maladie reste sans retentissement, l’activité modérée et régulière lui fait du bien. Ce qui change, c’est le rythme : on privilégie des sorties fréquentes et calmes plutôt que des efforts brefs et intenses, et on demande une fois par an à son vétérinaire ce que l’on peut lui proposer.

Santé et prédispositions

Disons-le franchement : cette section est celle qui doit guider votre achat, car l’essentiel se décide avant même que le chiot n’arrive.

Le cœur

Une étude portant sur 1 875 cavaliers suivis dans 151 cabinets vétérinaires anglais donne le chiffre de référence : un souffle cardiaque a été relevé chez 30,9 % d’entre eux, ce qui en fait de très loin le premier diagnostic de la race. Il devance la diarrhée (11,0 %), les affections dentaires (9,5 %), l’otite externe (9,2 %) et la conjonctivite (7,4 %). Rapporté aux grandes catégories, l’appareil cardiaque concerne 31,7 % des chiens.

La maladie responsable est la dégénérescence myxomateuse de la valve mitrale : la valve qui sépare les deux cavités gauches du cœur s’épaissit, ferme mal, et laisse refluer du sang. Ce qu’il faut savoir :

  • elle est très héréditaire, avec une composante génétique forte et bien documentée ;
  • elle peut débuter très tôt, dès un an chez certains chiens ;
  • elle finit par toucher la quasi-totalité des cavaliers vers dix ans ;
  • les mâles sont atteints plus tôt et plus sévèrement que les femelles.

Deux nuances importantes, toutefois. Un souffle n’est pas une condamnation : beaucoup de cavaliers vivent des années sans aucun retentissement, et lorsque le stade le justifie, un traitement médical retarde nettement l’insuffisance cardiaque. Et surtout, la sélection fonctionne — c’est l’objet du paragraphe suivant.

Ce que la sélection a prouvé

Voilà l’information la plus utile de cette fiche, et elle est encourageante. Deux pays ont mis en place des programmes de dépistage, avec des résultats opposés :

  • le programme danois, fondé sur une échocardiographie annuelle et des contrôles à 18 mois, 4 ans et 6 ans, avec reproduction réservée aux chiens indemnes, a fait chuter le risque de souffle de 73 % sur huit à dix ans, et retardé l’apparition de la maladie d’environ deux ans ;
  • le programme suédois, fondé sur la seule auscultation, n’a produit aucune amélioration statistiquement significative.

La leçon est directe pour un acheteur : demandez des échocardiographies, pas des auscultations. Un éleveur qui vous répond que son vétérinaire « n’entend rien » ne vous dit pas grand-chose. Un éleveur qui vous montre des comptes rendus d’échographie datés, sur les deux parents et sur les grands-parents, vous donne une information réelle.

Le dos et la nuque

L’autre grand sujet de la race est neurologique. Le crâne du cavalier est parfois trop petit pour son cervelet — on parle de malformation de type Chiari — ce qui gêne la circulation du liquide céphalorachidien et peut provoquer la formation d’une cavité à l’intérieur de la moelle épinière, la syringomyélie.

Les chiffres viennent d’une étude portant sur 2 125 cavaliers passés à l’IRM aux Pays-Bas et au Danemark :

  • 38,3 % des chiens examinés présentaient une syringomyélie ;
  • la proportion atteint 51 % au-delà de cinq ans, contre 28,4 % entre un et trois ans ;
  • accoupler deux parents atteints multiplie par 3,08 le risque pour la descendance ;
  • le dépistage a fait baisser la prévalence de 38 % sur la période 2010-2014 à 27 % sur 2015-2019.

Beaucoup de chiens porteurs restent sans aucun signe. Chez les autres, les manifestations sont assez caractéristiques :

  • un grattage dans le vide en direction de l’épaule, souvent d’un seul côté, parfois en marchant
  • une gêne au contact du cou, du collier ou du harnais
  • des cris brefs sans cause visible
  • une réticence à monter, à sauter ou à baisser la tête vers la gamelle

Le dépistage se fait par IRM. Il est obligatoire aux Pays-Bas depuis 2011 pour la reproduction — une information qui donne une idée du sérieux que l’on peut attendre d’un élevage.

La peau, les yeux, les dents, les oreilles

Moins spectaculaires, ces trois postes constituent le quotidien vétérinaire de la race :

  • la peau, deuxième catégorie de troubles avec 22,2 % des chiens
  • les yeux, 20,6 %, avec une conjonctivite chez 7,4 % des chiens — l’œil grand et rond du standard est un œil exposé
  • les dents, 9,5 %, conséquence d’une mâchoire courte où les dents se serrent
  • les oreilles, 9,2 %, longues, couvertes de franges et donc peu ventilées

Le poids, encore

Il revient ici parce qu’il aggrave tout le reste. 10,5 kg de médiane relevée contre 8 kg maximum au standard : l’excès de poids est la norme dans cette race, pas l’exception. Chez un chien dont le cœur travaille déjà mal, c’est le facteur le plus facile à corriger et le plus souvent négligé.

AffectionFréquenceDépistageSource
Souffle cardiaque30,9 % des cavaliers : premier diagnostic de la raceEt de très loin, devant toutes les autres affections relevées en clientèleAuscultation annuelle dès 1 an, échocardiographie chez les reproducteurs[2]
Maladie valvulaire mitrale myxomateuseTouche la quasi-totalité des cavaliers à 10 ansLes mâles sont atteints plus tôt et plus sévèrementÉchocardiographie à 18 mois, 4 ans et 6 ans dans le protocole danois[4]
Syringomyélie38,3 % des 2 125 cavaliers passés à l'IRM aux Pays-Bas et au Danemark51 % au-delà de 5 ansIRM des reproducteurs, obligatoire aux Pays-Bas depuis 2011[3]
Affections cutanéesDeuxième catégorie de troubles de la race : 22,2 % des chiensSurveillance des zones de plis et des oreilles[2]
Affections oculaires20,6 % des chiensLa conjonctivite est le cinquième diagnostic de la race, avec 7,4 %Examen ophtalmologique, contrôle de la production lacrymale[2]
Maladie parodontale9,5 % des chiens ; une mâchoire courte laisse peu de place aux dentsBrossage à domicile, contrôle buccal annuel[2]
Otite externe9,2 % des chiens, favorisée par des oreilles longues et couvertes de frangesContrôle hebdomadaire du conduit[2]
SurpoidsPoids médian de 10,5 kg, pour un standard à 8 kgRelevé en clientèle vétérinaire : la race dépasse largement le maximum de son propre standardPesée trimestrielle et palpation des côtes[2]

Entretien et hygiène

Un poil long sans sous-poil épais : l’entretien est régulier mais simple, à condition de ne pas laisser s’installer les nœuds.

  • Brossage : tous les deux jours, avec une brosse qui traverse la frange sans casser le poil. Insistez derrière les oreilles, à l’arrière des cuisses et sous les aisselles, où les nœuds se forment sans se voir.
  • Ne le faites pas tondre. Le standard l’écrit : le poil ne doit pas être toiletté. On démêle, on égalise éventuellement sous les pieds, rien de plus.
  • Oreilles : longues, tombantes, couvertes de poil. Contrôle chaque semaine, nettoyage adapté quand le conduit s’encrasse.
  • Yeux : essuyage doux au sérum physiologique quand l’angle interne se charge. Un œil qui rougit ou qui larmoie sans discontinuer se montre au vétérinaire.
  • Dents : trois passages de brosse par semaine au minimum. Sur une mâchoire aussi ramassée, le tartre prend rapidement ses aises.
  • Pattes : le poil qui déborde sous le pied se raccourcit, faute de quoi le chien patine sur le carrelage.
  • Griffes : raccourcissement toutes les trois à quatre semaines.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Le tableau comporte une ligne inhabituelle : 11 kg. Elle n’est pas là par hasard. Beaucoup de cavaliers pèsent réellement ce poids, et il vaut mieux disposer d’un repère chiffré pour les ramener progressivement vers leur poids de référence que de faire comme si le problème n’existait pas.

Quatre points spécifiques à la race :

  • Le poids de forme se situe entre 5,4 et 8 kg. C’est le standard qui le dit, et c’est le seul objectif qui vaille. Au-delà, on parle avec son vétérinaire d’un plan de réduction, pas d’une simple vigilance.
  • La ration se pèse. Sur un besoin quotidien qui tourne autour de 450 kcal, quelques biscuits représentent vite un cinquième de la journée.
  • Il ne réclame pas toujours, et il ne bouge pas plus. À la différence d’autres races, le cavalier ne compense pas spontanément un excès par de l’activité. La balance sort tous les trois mois.
  • Une mâchoire courte demande une croquette adaptée. Un format trop gros ou trop dur, et le chien avale sans mâcher — ce qui n’aide ni la digestion ni les dents.
ProfilBesoin quotidienRationSource
6 kg — femelle fine, stérilisée364 kcal94–98 g[7]
6,5 kg — cavalier dans le bas du standard, posé387 kcal100–104 g[7]
6,5 kg — même chien, sorties actives448 kcal116–120 g[7]
8 kg — haut du standard, rythme tranquille452 kcal117–121 g[7]
8 kg — haut du standard, chien actif523 kcal136–140 g[7]
11 kg — chien en surpoids, ration de réduction574 kcal149–153 g[7]
11 kg — chien corpulent, sorties soutenues664 kcal173–177 g[7]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[7]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

Avant l’achat

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

Consacrez-les à une seule tâche : réunir et lire les documents de santé des ascendants.

Les documents qui changent tout

C’est la section la plus importante de cette fiche. Réclamez :

  • les comptes rendus d’échocardiographie du père et de la mère, datés, avec le nom du cardiologue — pas une simple mention « cœur sain »
  • l’âge des parents au moment du dernier examen : un chien indemne à six ans vaut infiniment plus qu’un chien indemne à deux ans
  • les résultats d’IRM concernant la syringomyélie, quand l’élevage les pratique
  • l’historique cardiaque des grands-parents et l’âge auquel un souffle a été détecté dans la lignée, s’il l’a été

Un éleveur sérieux a ces documents et les montre spontanément. Celui qui explique que « le cavalier a toujours eu le cœur fragile, c’est comme ça » vous dit surtout qu’il ne dépiste pas.

La socialisation, la partie facile

Elle se fait presque toute seule chez un chiot aussi ouvert. Profitez-en pour varier ce qu’il rencontre : sols glissants, escaliers, voitures, personnes de tous âges, autres chiens calmes. Une seule interdiction, valable jusqu’à la fin de la croissance : pas de saut depuis un canapé ou un lit.

La solitude, la partie difficile

C’est le seul vrai chantier éducatif de la race, et il commence dès l’arrivée. Des absences de deux minutes, puis cinq, puis quinze. Aucun rituel de départ, aucune effusion au retour. Faute de cet apprentissage, le cavalier devient un chien anxieux — et l’anxiété se prévient bien plus facilement qu’elle ne se soigne.

  1. 2–3 mois

    Il se socialise tout seul ou presque, tant il va vers les gens. Profitez-en pour varier les lieux et les sols.

  2. 4–8 mois

    Apprentissage de la solitude, par doses très courtes. C'est le seul vrai chantier éducatif de la race.

  3. 9–14 mois

    Fin de croissance. Première auscultation cardiaque de référence à noter dans le carnet.

  4. 15–24 mois

    Adulte. Le poids se stabilise, et c'est là que la vigilance sur la gamelle commence vraiment.

Variantes de race

Une seule taille, une seule texture de poil, quatre robes. Le texte officiel n’ouvre aucune autre porte.

Les appellations sans existence officielle

  • Le « cavalier king charles nain » ou « toy » : aucune variété réduite n’existe. Le standard fixe une fourchette de poids unique, de 5,4 à 8 kg, et un cavalier plus léger sort tout simplement du standard.
  • Les robes fantaisie — merle, chocolat, panachures inhabituelles — n’appartiennent à aucune des quatre couleurs décrites.
  • Les croisements à la mode, notamment avec un caniche, ne constituent pas une race reconnue. Un point mérite d’être souligné les concernant : le croisement ne fait pas disparaître le risque cardiaque hérité du côté cavalier.

Sa proche parenté

Deux races se confondent régulièrement avec lui :

  • le king charles spaniel, plus petit, au museau nettement plus court et au crâne plus bombé — c’est une race distincte, avec son propre standard ;
  • l’épagneul papillon et le japanese chin, de la même famille des chiens d’agrément, mais sans lien de type.

Prix et budget

Les fourchettes qui suivent sont indicatives et varient selon l’élevage et la région.

Un chiot se situe généralement entre 1 000 et 1 800 €. Sur cette race plus que sur toute autre, l’écart de prix se justifie par les examens réalisés sur les ascendants. Une portée issue de parents échographiés et suivis coûte plus cher à produire, et ce surcoût est le meilleur investissement de toute la vie du chien.

Deux lignes à ne pas oublier dans le budget courant :

  • une auscultation cardiaque annuelle, à partir d’un an, souvent intégrée à la visite vaccinale mais qu’il faut demander explicitement ;
  • l’entretien du poil, de 150 à 400 € annuels suivant que le démêlage se fait à la maison ou en salon.

L’assurance se justifie ici plus que dans la plupart des races, à condition de la lire attentivement :

  • vérifiez que les affections cardiaques ne figurent pas parmi les exclusions
  • regardez le plafond annuel, qu’un suivi de cardiologie avec échographies répétées atteint rapidement
  • souscrivez sur un chiot, avant toute auscultation ayant relevé quoi que ce soit : un souffle déjà noté au dossier devient un antécédent, et les antécédents ne sont pas couverts

En cumulé : de l’ordre de 2 500 à 4 400 € la première année, achat compris, puis 1 330 à 2 850 € par an.


Cette fiche est reprise dès qu’une nouvelle étude ou une évolution des programmes de dépistage change ce qui y est écrit. Vous relevez une erreur ? Écrivez-nous : les corrections sont datées et publiées.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF1 000 € – 1 800 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan150 € – 250 €une fois
Stérilisation ou castration180 € – 400 €une fois
Alimentation250 € – 450 €par an
Vaccins et visite annuelle90 € – 150 €par an
Auscultation cardiaque de contrôle40 € – 80 €par an
Antiparasitaires (dosage petit chien)100 € – 170 €par an
Toilettage et entretien des franges150 € – 400 €par an
Assurance santé300 € – 700 €par an
Réserve pour les imprévus, cardiologie comprise400 € – 900 €par an
Première année
2 660 € – 5 300 €
Les années suivantes
1 330 € – 2 850 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Le cavalier king charles a-t-il vraiment des problèmes de cœur ?

Oui, et c'est le point central de la race. Sur 1 875 cavaliers suivis en cabinet vétérinaire anglais, un souffle cardiaque a été relevé chez 30,9 % d'entre eux, à un âge médian de consultation de seulement 4 ans. La maladie en cause, la dégénérescence myxomateuse de la valve mitrale, finit par toucher la quasi-totalité des cavaliers vers dix ans. Cela ne condamne pas la race : un chien suivi, traité à temps et issu de parents dépistés vit souvent très bien pendant des années. Cela rend en revanche le choix de l'éleveur décisif.

Quelles sont les quatre couleurs du cavalier king charles ?

Le standard en admet quatre, et quatre seulement. Le Blenheim associe des marques châtain sur fond blanc perle, avec la fameuse tache entre les oreilles. Le tricolore mêle noir, blanc et marques feu bien réparties. Le noir et feu présente un noir corbeau avec des marques feu vives au-dessus des yeux et sur les joues. Le rubis est un rouge intense unicolore. Toute autre combinaison est hors standard.

Combien doit peser un cavalier king charles ?

Le standard est clair : de 12 à 18 livres anglaises, soit 5,4 à 8 kg. La réalité l'est tout autant, et elle est différente : le poids médian relevé sur les cavaliers suivis en clientèle vétérinaire anglaise atteint 10,5 kg, soit deux kilos et demi au-dessus du plafond du standard. Chez un chien dont le cœur est le point faible, ces kilos-là ne sont pas anodins. Si votre cavalier dépasse 8 kg, parlez-en à votre vétérinaire.

Qu'est-ce que la syringomyélie chez le cavalier king charles ?

C'est la formation d'une cavité remplie de liquide céphalorachidien à l'intérieur de la moelle épinière, favorisée par une boîte crânienne trop petite pour le cervelet. Sur 2 125 cavaliers passés à l'IRM aux Pays-Bas et au Danemark, 38,3 % en présentaient une, et la proportion monte à 51 % chez les chiens de plus de cinq ans. Beaucoup de chiens porteurs ne montrent aucun signe. Chez les autres, les signes typiques sont un grattage de l'air vers l'épaule, une sensibilité au toucher du cou, et des cris sans cause apparente.

Le cavalier king charles peut-il rester seul ?

Mal, et il faut le savoir avant d'acheter. C'est un chien de compagnie au sens strict du terme : il a été sélectionné pendant des siècles pour rester auprès des gens. Un cavalier laissé seul de longues journées développe fréquemment de l'anxiété. L'apprentissage se fait tôt, par absences de quelques minutes que l'on rallonge progressivement, sans cérémonie au départ ni fête au retour.

Le cavalier king charles convient-il à une famille avec enfants ?

C'est l'un des meilleurs choix qui soient. Le standard exige un chien « gai, amical, non agressif », et classe l'agressivité comme un défaut éliminatoire. Il est patient, joueur, dépourvu de méfiance. La seule vraie précaution est physique : à six kilos, il n'a pas les moyens d'encaisser une chute ou une pression maladroite. On apprend aux jeunes enfants à s'asseoir pour le caresser plutôt qu'à le porter.

Faut-il beaucoup toiletter un cavalier king charles ?

Il faut le brosser, pas le tondre. Le standard est explicite : le poil « ne doit absolument pas être toiletté », c'est-à-dire ni raccourci ni sculpté. En revanche, ses franges aux oreilles, aux membres et à la queue nouent facilement. Comptez un brossage tous les deux jours, en insistant derrière les oreilles et à l'arrière des cuisses, et un contrôle des poils entre les coussinets.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 136 — Cavalier King Charles Spaniel — Fédération Cynologique Internationale — 4 novembre 2008 — standard
  2. [2]Prevalence of disorders recorded in Cavalier King Charles Spaniels attending primary-care veterinary practices in England — Canine Genetics and Epidemiology — Summers J. F. et al. (1 875 chiens, VetCompass) — 2015 — étude académique
  3. [3]The effect of MRI-based screening and selection on the prevalence of syringomyelia in the Dutch and Danish Cavalier King Charles Spaniels — Frontiers in Veterinary Science — Limpens V. et al. (2 125 chiens) — 2024 — étude académique
  4. [4]Genetic Basis of Myxomatous Mitral Valve Disease in Cavalier King Charles Spaniel Dogs — A Review — Veterinary Sciences (MDPI), 12(12), 1144 — 2025 — revue scientifique
  5. [5]Top 20 des chiens préférés des Français en 2024 — Société Centrale Canine — janvier 2025 — registre généalogique officiel
  6. [6]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  7. [7]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  8. [8]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 31 août 2026

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