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Dalmatien adulte, debout, de profil

Dalmatien

Commençons par la bonne nouvelle, parce qu'elle est spectaculaire et que presque personne ne la donne. Entre 1993 et 2018, la surdité totale du dalmatien est passée de 8,55 % à 0,64 % des chiots au Royaume-Uni — divisée par treize en un quart de siècle, grâce au dépistage auditif systématique. Voilà une race dont les éleveurs ont corrigé, en une génération humaine, le défaut qui la définissait. Pour le reste, le standard croate décrit un chien « vif, gentil, loyal, indépendant et facile à éduquer », couvert de taches rondes de deux à trois centimètres.

Au programme : le standard FCI n° 153 et la contradiction qu'il porte entre esthétique et santé, l'effondrement mesuré de la surdité et ce que le test auditif change à l'achat, la particularité métabolique que porte pratiquement chaque dalmatien, les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 1er septembre 202614 min de lecture

Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainement
Poids adulte23–32 kg (indicatif)
Espérance de vie12 à 14 ans (indicatif)
Prix d'un chiot1 000–1 700 € (indicatif)
Budget annuel1 460–2 760 €

L'essentiel

Pour qui ?

Un foyer qui bouge beaucoup

Sociable, docile et attachant, mais construit pour trotter des heures derrière un attelage. L'inaction lui réussit très mal.

Combien d'activité ?

Une heure et demie à deux heures

De l'endurance plutôt que des sprints : marche longue, course d'accompagnement, vélo une fois adulte.

Quoi surveiller ?

L'audition et les urines

Exigez le test auditif du chiot. Et sachez qu'un dalmatien boit et urine différemment des autres chiens.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie12–14 ans
Prix d'un chiot1 000–1 700 €
Activité quotidienne1 h 30 à 2 h
Pays d’origineCroatie[1]
Fonction historiqueChien de chasse, puis chien de compagnie et de famille[1]
Type de poilCourt, luisant, dur et dense[1]
Tempérament selon le standardVif, gentil, loyal, indépendant et facile à éduquer
Taille au garrot56–62 cm54–60 cm[1]
Poids26–32 kgLe standard ne chiffre que la hauteur au garrot.23–29 kgLe standard ne chiffre que la hauteur au garrot.
couleursFond blanc pur, taches noires ou marron de 2 à 3 cm réparties symétriquement[1]
Groupe FCI6 · section 3[1]

Standard FCI n° 153, publié le 13 octobre 2010 — relevé le 1er septembre 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

Le dalmatien vient de Croatie, et plus précisément de la région qui lui a donné son nom, la Dalmatie. Le standard s’appuie sur des traces anciennes : des œuvres d’art et des chroniques ecclésiastiques du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle, et des mentions écrites datées de 1719 à 1737.

La race a pourtant été codifiée ailleurs. Le premier standard, officieux, est rédigé en 1882 par Vero Shaw, puis devient officiel en 1890 avec la création du club de la race en Angleterre. Origine croate, définition anglaise : le dalmatien partage cette trajectoire avec plusieurs races d’Europe centrale.

Une fonction qui a changé deux fois

Le standard lui attribue aujourd’hui trois emplois : « chien de chasse. Chien de compagnie, chien de famille, bon au dressage pour différentes activités ».

Cette énumération raconte une histoire. Chien de chasse à l’origine, il a connu au XIXᵉ siècle une carrière singulière d’accompagnateur d’attelages — trottant des heures sous les essieux ou à côté des chevaux — avant de devenir le chien de famille qu’il est aujourd’hui. Cette période d’accompagnement a laissé une trace que rien n’a effacée : une endurance considérable, et le besoin de s’en servir.

Son rang dans la nomenclature

Il est classé groupe 6, section 3 — races apparentées, sans épreuve de travail. Cette section rassemble les races qui tiennent du chien courant sans en être tout à fait, et le dalmatien y côtoie peu de monde.

Sa place en France

636 dalmatiens inscrits au LOF en 2025, après 834 : la race abandonne 24 % en un an, dans un groupe 6 qui en perd 9. Elle recule donc près de trois fois plus vite que l’ensemble de son groupe.

Le classement des chiens courants et apparentés en France situe l’ampleur du décrochage :

Race20242025
Beagle3 5143 089
Basset hound798703
Gascon saintongeois602664
Dalmatien834636
Griffon nivernais583571
Chien de Rhodésie à crête dorsale560553

Deux races de ce tableau progressent — le gascon saintongeois et le griffon bleu de Gascogne, tous deux employés à la chasse. Le dalmatien, lui, subit le reflux des races choisies pour leur apparence.

Morphologie et particularités physiques

On lit sous la plume du standard un chien mésocéphale, au corps rectangulaire, puissant et musclé, portant des « taches nummulaires distinctives » — c’est-à-dire des taches rondes, comme des pièces de monnaie.

Les mesures officielles

Standard FCI n° 153
Hauteur au garrot, mâle56 à 62 cm
Hauteur au garrot, femelle54 à 60 cm
Rapport longueur / hauteur10:9
Poitrine45 à 50 % de la hauteur au garrot
PoilCourt, luisant, dur et dense
PoidsAucune valeur au standard

Les taches, décrites au millimètre

Peu de standards vont aussi loin dans la description d’une robe. Le fond doit être blanc pur, et deux variétés seulement existent : taches noires ou taches marron, dites foie.

Le texte précise que les taches « doivent être réparties d’une manière symétrique sur tout le corps, être nettement dessinées sans s’entremêler au fond blanc », et qu’elles « doivent être de taille régulière d’environ 2 à 3 cm ».

Une exigence retient particulièrement l’attention : « il est très important que les oreilles soient tachées ; c’est-à-dire qu’elles ne doivent pas être complètement noires ou marron ». Le standard insiste sur la pigmentation des oreilles, sans dire pourquoi. La section santé y revient — le pigment et l’audition entretiennent chez cette race un rapport étroit.

Ce que le standard élimine

La liste des défauts éliminatoires est longue, et deux entrées sortent de l’ordinaire :

  • la surdité, citée comme telle. Voir une affection médicale figurer parmi les motifs d’exclusion d’une race est rare dans la nomenclature ;
  • les « monocle ou plaques de couleur », ces larges zones colorées présentes dès la naissance et distinctes des taches.

S’y ajoutent les yeux bleus et hétérochromes, les robes tricolores, et le poil long ou dur. Nous verrons plus bas que la deuxième entrée pose un vrai problème.

Comportement et caractère

Le standard est généreux et précis : « d’un caractère agréable et d’un comportement amical, il n’est ni timide ni méfiant, ni nerveux ni agressif. Il est vif, gentil, loyal, indépendant et facile à éduquer ».

Neuf qualificatifs positifs, dont quatre formulés en négatif pour écarter explicitement la timidité, la méfiance, la nervosité et l’agressivité. C’est un texte qui décrit un chien de famille, et qui l’assume.

« Vif », le mot qui compte

Retenez celui-là plutôt que les autres. Le dalmatien n’est pas un chien calme, et rien dans son standard ne le prétend. C’est un animal d’endurance, construit pour trotter longtemps, qui déborde d’énergie disponible et qui la dépense d’une manière ou d’une autre — avec vous si vous l’emmenez, contre votre mobilier si vous ne l’emmenez pas.

« Indépendant », le mot qu’on oublie

Le standard le qualifie aussi de facile à éduquer, et les deux ne se contredisent pas. Le dalmatien comprend vite et retient bien ; simplement, il conserve une capacité de décision propre. L’éducation avance par la récompense et la régularité, et se bloque sur la contrainte.

Il ne garde pas

Un chien que son texte veut ni méfiant ni agressif ne fera pas un chien d’alerte. Il signale, il accueille, il ne défend pas. C’est une orientation à connaître avant l’achat, pas un défaut.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les autres chiens. Bonne entente en général, cohérente avec un standard qui exclut la méfiance. La socialisation des premiers mois reste nécessaire, particulièrement chez un chiot sourd d’une oreille, qui décode moins bien les signaux sonores de ses congénères.

Avec les autres animaux. L’ascendance de chien courant laisse une motivation de poursuite modérée. Un chat de la maison s’intègre habituellement bien ; les petits animaux en liberté demandent de la vigilance.

Avec les enfants. C’est un bon chien de famille, et son standard le dit. Trois points pratiques :

  • la puissance et l’élan. Trente kilos qui traversent une pièce en trottant ne s’arrêtent pas à temps ;
  • le besoin d’activité. Une famille qui ne sort pas produira un chien insupportable pour tout le monde, enfants compris ;
  • l’audition, si le chien est sourd d’une oreille. On apprend alors aux enfants à ne jamais l’approcher par surprise depuis le côté sourd, et à se placer dans son champ de vision avant de le toucher.

Environnement idéal

Ce chien s’accommode de beaucoup de logements et de très peu de modes de vie. C’est la nuance qui décide.

  • Le rythme prime sur la surface. Un dalmatien vit bien en appartement si ses sorties sont longues et quotidiennes, et vit mal dans une maison avec jardin si personne ne l’emmène.
  • Le froid le gêne. Poil ras, pas de sous-poil épais : un manteau se justifie pour les sorties calmes par temps humide.
  • L’eau doit être partout. Ici, l’eau relève de la prévention médicale et non du confort — la suite l’explique.

Activité physique et sorties

Il faut lui accorder 90 à 120 minutes chaque jour, en misant sur la durée bien plus que sur l’intensité.

Ce pour quoi il est bâti

  • La marche longue, sur des heures. C’est son registre naturel.
  • La course d’accompagnement et le vélo, une fois la croissance achevée. Peu de races suivent aussi bien un coureur.
  • La randonnée, où son endurance s’exprime pleinement.

Ce qui lui convient moins

  • Les sprints répétés : ce n’est pas un chien de vitesse mais de fond.
  • L’effort avant douze à quinze mois, chez un chien qui atteindra 60 cm au garrot.
  • La sortie hygiénique de vingt minutes, qui ne fait rien pour lui.

Un repère utile : un dalmatien correctement dépensé dort. Un dalmatien qui tourne, mordille et aboie n’a pas un problème de caractère, il a un problème d’emploi du temps.

Santé et prédispositions

Cette race illustre deux choses à la fois : ce que la sélection peut réparer, et ce qu’un texte esthétique peut contrarier.

La surdité : une réussite d’élevage rarement racontée

Commençons par les chiffres, parce qu’ils sont remarquables. Une analyse portant sur 8 955 chiots dalmatiens suivis au Royaume-Uni entre juillet 1992 et février 2019 mesure l’évolution suivante :

19932018
Surdité des deux oreilles8,55 %0,64 %
Surdité d’une seule oreille14,96 %9,55 %
Surdité totale23,50 %10,19 %

La surdité bilatérale a donc été divisée par plus de treize en vingt-six ans. Les auteurs attribuent ce résultat à une cause unique : le dépistage auditif systématique des chiots, et l’utilisation de ces résultats dans les décisions d’accouplement.

Pour situer l’ampleur du travail accompli, les données compilées par l’école vétérinaire de Louisiane sur 6 249 dalmatiens testés — toutes périodes confondues — donnent 20,8 % de sourds d’une oreille et 7,3 % des deux, soit 28 % au total. C’est l’état d’avant.

Ce qui reste, et pourquoi le test est indispensable

La surdité d’une seule oreille n’a pas suivi la même trajectoire : elle passe de 14,96 % à 9,55 %, et reste donc la forme dominante.

Or c’est précisément celle qu’on ne voit pas. Un chien sourd d’un côté :

  • réagit à la voix et vient quand on l’appelle ;
  • se retourne au bruit ;
  • ne localise simplement pas d’où vient le son.

Aucun propriétaire ne peut le détecter à l’observation, et beaucoup vivent des années avec un chien monaural sans le savoir. Seul un test auditif, pratiqué oreille par oreille vers cinq à sept semaines, apporte la réponse.

Ce n’est pas un raffinement d’éleveur : le standard range la surdité parmi les défauts éliminatoires. Un chiot non testé ne peut donc pas être déclaré conforme, faute que quiconque le sache.

La contradiction du standard

Le point suivant mérite d’être posé sans ambiguïté.

L’étude britannique a mesuré les corrélations génétiques entre la surdité et plusieurs caractères visibles :

  • yeux bleus : corrélation de +0,57. Un œil bleu s’accompagne d’un risque accru — et le standard l’élimine, ce qui est cohérent ;
  • plaque pigmentée : corrélation de −0,86. C’est le facteur protecteur le plus puissant identifié dans la race. Un chiot porteur d’une plaque a nettement moins de risque d’être sourd.

Or le standard range « monocle ou plaques de couleur » parmi les défauts éliminatoires.

Un critère purement esthétique écarte donc de la reproduction les chiens porteurs du caractère qui protège le mieux de l’affection que le même texte veut combattre. Ce n’est pas une opinion : ce sont deux lignes du même document, mises en regard d’une donnée mesurée sur près de neuf mille chiots.

L’héritabilité de la surdité étant estimée autour de 0,30, la sélection fonctionne — les chiffres le prouvent. Elle fonctionnerait sans doute mieux encore si ce point était rediscuté.

L’hyperuricosurie : la particularité qu’il faut comprendre

Chez la plupart des chiens, l’acide urique issu de la dégradation des purines est transformé en allantoïne, une substance inerte évacuée sans difficulté. Une anomalie du gène SLC2A9 empêche cette conversion : l’acide urique s’accumule et peut cristalliser.

Le dalmatien présente, selon l’université Cornell, un risque quasi certain de porter cette mutation — tout en précisant que tous les dalmatiens ne développent pas de calculs. La nuance est capitale : c’est une prédisposition métabolique de race, pas une condamnation individuelle.

Les signes qui doivent alerter :

  • des difficultés à uriner, ou des mictions très fréquentes ;
  • des accidents à la maison chez un chien jusque-là propre ;
  • du sang dans les urines.

La prise en charge repose sur une alimentation adaptée, pauvre en purines, sur une hydratation constante, et sur un suivi urinaire régulier. L’allopurinol peut être prescrit, mais il présente lui-même un risque de formation d’un autre type de calcul : c’est une décision vétérinaire, pas un réflexe.

L’urgence à connaître par cœur

Un calcul qui quitte la vessie doit traverser l’urètre. Chez le mâle, ce conduit est plus long, plus étroit, et il chemine dans l’os pénien : un calcul s’y bloque bien plus facilement que chez la femelle.

L’obstruction est alors une urgence vitale. La vessie ne se vide plus, la pression remonte vers les reins, et l’issue se joue en heures.

Le signe est simple et ne trompe pas : un chien qui adopte la position, qui pousse, et dont rien ne sort. Ce n’est pas de la constipation, ce n’est pas à surveiller jusqu’à demain. C’est un trajet immédiat chez le vétérinaire.

Le caractère, également éliminatoire

Comme la surdité, la crainte et l’agressivité figurent parmi les motifs d’exclusion de la race. Cela vous donne un critère de visite : une chienne qui se dérobe ou qui gronde derrière une grille n’est pas seulement désagréable à rencontrer, elle est hors texte.

AffectionFréquenceDépistageSource
Surdité congénitaleLa surdité totale passe de 23,5 % à 10,2 % en 27 ansSur 8 955 chiots suivis au Royaume-Uni de 1992 à 2019. La surdité des deux oreilles, elle, tombe de 8,55 % à 0,64 %Test auditif du chiot avant la vente ; c'est le dépistage qui a produit ce résultat[2]
Surdité d'une seule oreilleElle reste la forme dominante, à 9,55 % des chiots en fin de périodeUn chien sourd d'un côté entend, se comporte normalement, et ne se repère qu'au testTest auditif oreille par oreille, seul moyen de la détecter[2]
HyperuricosurieQuasiment tous les dalmatiens portent la mutationAnomalie du gène SLC2A9 empêchant la transformation de l'acide urique en allantoïne. Tous ne forment pas de calculs pour autantRation adaptée à vie, eau toujours disponible, analyse d'urine régulière[4]
Obstruction urinaire chez le mâleUn calcul bloqué dans l'urètre est une urgence vitaleL'anatomie masculine rend l'obstruction nettement plus fréquente que chez la femelleConsultation immédiate devant tout chien qui pousse sans uriner[4]

Entretien et hygiène

Peu de travail sur le poil, davantage de vigilance ailleurs.

  • Brossage : hebdomadaire au gant de caoutchouc. Le poil est court, luisant et dense, et il se dépose partout — un poil blanc sur un vêtement sombre se remarque.
  • Bain : rare, ce chien n’a pas d’odeur marquée.
  • Peau : le poil ras laisse voir tout ce qui s’y passe. Rougeurs et pellicules se repèrent tôt, ce qui est un avantage.
  • Oreilles : portées contre la tête, elles méritent un contrôle hebdomadaire.
  • Griffes et dents : rythme habituel des grands chiens actifs.
  • Le soleil : sur les zones blanches à poil ras, notamment le chanfrein et le ventre, un coup de soleil est possible chez un chien qui reste allongé dehors en été.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Ce qui distingue vraiment l’alimentation de cette race

Chez le dalmatien, la question n’est pas seulement combien, mais quoi. Aucune autre race documentée ici ne fait de la composition de sa gamelle un acte de prévention médicale.

  • La teneur en purines compte. Certaines protéines en apportent beaucoup — abats, gibier, certains poissons — et alimentent la production d’acide urique. Le choix de l’aliment se fait avec votre vétérinaire, en tenant compte de l’histoire urinaire du chien.
  • L’eau est le premier traitement. Des urines diluées cristallisent moins. Plusieurs points d’eau, renouvelés, disponibles jour et nuit, dedans comme dehors.
  • Les sorties fréquentes aident. Un chien qui peut vider sa vessie souvent stagne moins.
  • Le poids reste à surveiller, comme chez tout chien d’endurance dont on réduit l’activité en vieillissant.
ProfilBesoin quotidienRationSource
23,4 kg — femelle légère, entretien1011 kcal264–268 g[7]
25,8 kg — femelle stérilisée, rythme calme1088 kcal284–288 g[7]
27,4 kg — femelle adulte, entretien1138 kcal297–301 g[7]
27,4 kg — même chienne, sorties longues1317 kcal345–349 g[7]
30,1 kg — mâle adulte, entretien1221 kcal319–323 g[7]
30,1 kg — même chien, accompagnement sportif1414 kcal370–374 g[7]
31,4 kg — grand mâle, entretien1260 kcal330–334 g[7]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[7]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

Ce qu’il faut obtenir

  1. Le résultat du test auditif, oreille par oreille. Pas « les chiots entendent bien » : le document, avec les deux oreilles distinguées.
  2. La mère, son aisance, sa réaction à votre arrivée.
  3. Les oreilles du chiot, tachées comme le demande le standard.

Les trois questions décisives

  • Des cas de calculs urinaires dans vos lignées ? L’éleveur d’une race concernée à ce point sait de quoi vous parlez.
  • Quel aliment donnez-vous, et lequel recommandez-vous ? La réponse renseigne sur son niveau d’information.
  • Comment sont testés les chiots, et à quel âge ? Un élevage rodé répond sans hésiter.

Avant de signer

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

Employez-les à obtenir le document qui compte : le compte rendu du test auditif. S’il n’existe pas, ces sept jours suffisent largement à le faire réaliser avant que le chiot ne quitte l’élevage.

  1. 5–7 semaines

    Âge auquel le test auditif se pratique en élevage. Un éleveur sérieux vous remet le résultat oreille par oreille, sans que vous ayez à le réclamer.

  2. 2–4 mois

    Socialisation large. Un chien courant reconverti en chien de famille a besoin de rencontrer du monde tôt.

  3. 4–10 mois

    Installation des habitudes de boisson : eau disponible partout, tout le temps. Chez cette race, l'hydratation est une mesure de santé, pas un détail.

  4. 12–18 mois

    Croissance achevée. Première analyse d'urine de référence, et passage à un rythme d'endurance adulte.

Variantes de race

Sous le n° 153 ne figure qu’une seule race, avec deux couleurs de taches admises : noire ou marron. Ni variante de gabarit, ni variante de fourrure.

Ce qui n’existe pas

  • Le « dalmatien à poil long ». Le poil long ou dur figure parmi les défauts éliminatoires. Des chiens à poil long naissent occasionnellement dans la race, mais ils s’écartent du texte.
  • Le « dalmatien tricolore ». Les robes tricolores sont éliminatoires.
  • Le « dalmatien bleu » ou « lemon ». Deux couleurs de taches sont admises, et deux seulement.

La question de la plaque

Un chiot naît parfois avec une plaque : une zone colorée large, aux contours nets, présente dès la naissance — à ne pas confondre avec des taches qui se rejoignent en grandissant.

Le standard l’élimine. La donnée sanitaire, elle, en fait le meilleur facteur protecteur connu contre la surdité. Un chiot à plaque ne pourra pas faire carrière en exposition ; il a en revanche statistiquement plus de chances d’entendre des deux oreilles. À vous de savoir ce que vous cherchez.

Prix et budget

Fourchettes indicatives, pour un chiot de pure race élevé dans des conditions ordinaires en France.

Deux lignes propres à cette race

Le test auditif figure au tableau parce qu’il n’est pas toujours fourni. Un élevage sérieux le réalise et le remet avec le chiot ; si ce n’est pas le cas, faites-le faire vous-même — le coût est modeste au regard de ce qu’il vous apprend.

L’analyse d’urine annuelle est le suivi de fond de la race. Elle repère des cristaux avant qu’ils ne deviennent des calculs, et un calcul repéré tôt se gère autrement qu’un calcul qui obstrue.

Le poste qui peut exploser

L’intervention en urgence sur une obstruction urinaire. Coûteuse, susceptible de se reproduire plusieurs fois dans une vie de chien : voilà ce qu’il faut avoir en tête en comparant les contrats, plus encore que le prix d’un acte isolé.


Cette fiche évolue avec les publications consacrées à la surdité et au métabolisme urinaire du chien, ainsi qu’avec les révisions du standard croate. Un chiffre vous paraît discutable ? Écrivez-nous : nos rectifications sont datées et restent accessibles.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF1 000 € – 1 700 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan150 € – 250 €une fois
Test auditif du chiot, si non fourni par l'élevage90 € – 180 €une fois
Stérilisation ou castration280 € – 550 €une fois
Alimentation adaptée à la race550 € – 900 €par an
Vaccins et visite annuelle110 € – 180 €par an
Analyse d'urine de contrôle60 € – 140 €par an
Antiparasitaires (dosage grand chien)140 € – 240 €par an
Assurance santé et réserve pour imprévus600 € – 1 300 €par an
Première année
2 980 € – 5 440 €
Les années suivantes
1 460 € – 2 760 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Tous les dalmatiens sont-ils sourds ?

Non, et de moins en moins. C'est même l'une des plus belles réussites d'élevage documentées chez le chien. Une analyse de 8 955 chiots suivis au Royaume-Uni entre 1992 et 2019 montre que la surdité des deux oreilles est tombée de 8,55 % à 0,64 % sur la période, et la surdité totale de 23,50 % à 10,19 %. Les auteurs attribuent ce résultat au dépistage auditif systématique et à son intégration dans les choix d'accouplement. Attention toutefois : la surdité d'une seule oreille reste fréquente, autour de 9,5 % des chiots. Elle ne se voit pas, le chien entend et se comporte normalement, et seul un test la détecte.

Pourquoi faut-il absolument le test auditif du chiot ?

Parce qu'un chien sourd d'une seule oreille est indétectable à l'observation. Il réagit à votre voix, il vient quand on l'appelle, il se retourne au bruit — il ne localise simplement pas la source. Un éleveur sérieux fait tester ses chiots vers cinq à sept semaines et vous remet un résultat oreille par oreille, sans que vous ayez à le demander deux fois. Un point mérite d'être souligné : le standard de la race range explicitement la surdité parmi les défauts éliminatoires. Un chiot non testé ne peut donc pas être présenté comme conforme à son standard, puisque personne ne sait s'il l'est.

Qu'est-ce que l'hyperuricosurie et faut-il s'en inquiéter ?

C'est la particularité métabolique de la race, et il vaut mieux la comprendre que la craindre. Chez la plupart des chiens, l'acide urique issu de la digestion est transformé en allantoïne, une substance inerte évacuée dans les urines. Une anomalie du gène SLC2A9 empêche cette transformation, et l'acide urique s'accumule. Le dalmatien a, selon l'université Cornell, un risque quasi certain de porter cette mutation — mais tous les dalmatiens ne forment pas de calculs pour autant. Ce qui compte est donc la gestion au quotidien : une alimentation adaptée, de l'eau disponible en permanence, et une analyse d'urine de contrôle chaque année.

Pourquoi les mâles sont-ils plus exposés ?

Pour une raison purement anatomique. Un calcul formé dans la vessie doit franchir l'urètre pour être évacué. Chez le mâle, ce conduit est plus long et plus étroit, et il passe dans l'os pénien : un calcul s'y bloque bien plus facilement que chez la femelle. L'obstruction urinaire est une urgence vitale — la vessie ne peut plus se vider et le rein subit. Le signe à connaître par cœur : un chien qui adopte la position, qui pousse, et dont rien ne sort. On ne surveille pas, on ne rentre pas attendre : on va chez le vétérinaire immédiatement.

Le standard protège-t-il vraiment la santé de la race ?

Sur un point oui, sur un autre il fait exactement l'inverse, et cela mérite d'être dit. Du bon côté, le texte range la surdité parmi les défauts éliminatoires — une affection médicale citée comme motif d'exclusion, ce qui est très rare dans la nomenclature. Du côté problématique, il exclut aussi les « monocle ou plaques de couleur », c'est-à-dire ces larges zones colorées présentes dès la naissance. Or l'étude britannique établit une corrélation génétique de −0,86 entre la présence d'une plaque et la surdité : c'est le facteur protecteur le plus puissant identifié dans la race. Un critère esthétique élimine donc un caractère qui protège de l'affection que le même texte veut combattre.

Le dalmatien convient-il à une famille ?

Oui, et son standard le soutient explicitement : « d'un caractère agréable et d'un comportement amical, il n'est ni timide ni méfiant, ni nerveux ni agressif. Il est vif, gentil, loyal, indépendant et facile à éduquer ». Une seule condition, mais elle est ferme : ce chien a besoin de beaucoup bouger, et une famille sédentaire produira un dalmatien agité, destructeur et bruyant. Un point pratique s'y ajoute quand un enfant sourd d'une oreille — ou plutôt un chien sourd d'une oreille — vit dans la maison : on apprend à ne jamais le surprendre par derrière, et on l'approche dans son champ de vision.

Pourquoi la race recule-t-elle autant en France ?

Le Livre des origines français a enregistré 636 dalmatiens en 2025, contre 834 l'année précédente : la race perd 24 % en douze mois, quand son groupe d'appartenance en cède 9. Elle baisse donc près de trois fois plus vite que l'ensemble des chiens courants. L'explication la plus probable tient à l'écart entre l'image et la réalité : c'est un chien que l'on choisit pour sa robe et que l'on découvre comme un athlète d'endurance, réclamant deux heures quotidiennes pendant douze à quatorze ans. Les acheteurs déçus ne renouvellent pas.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 153 — Dalmatien — Fédération Cynologique Internationale — 13 octobre 2010 — standard
  2. [2]Decline in prevalence of congenital sensorineural deafness in Dalmatian dogs in the United Kingdom (8 955 chiots, 1992–2019) — Journal of Veterinary Internal Medicine — Lewis T., Freeman J., De Risio L. — 2020 — étude académique
  3. [3]Deafness in Dogs & Cats — incidence de la surdité congénitale par race (6 249 dalmatiens testés) — George M. Strain, School of Veterinary Medicine, Louisiana State University — école vétérinaire
  4. [4]Hyperuricosuria and hyperuricemia or urolithiasis (HUU) — Riney Canine Health Center, Cornell University College of Veterinary Medicine — école vétérinaire
  5. [5]Hyperuricosuria (HUU) — test génétique du gène SLC2A9 — Veterinary Genetics Laboratory, University of California, Davis — laboratoire universitaire
  6. [6]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  7. [7]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  8. [8]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 1er septembre 2026

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