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Griffon Korthals

Le standard glisse, au milieu d'un texte technique de chien de chasse, quatre mots qu'on ne s'attend pas à y lire : « **très doux avec les enfants** ». Il décrit avant cela un chien « **doux et fier, excellent chasseur, très attaché à son maître et à son territoire** », au poil « rappelant au toucher la soie du sanglier », aux moustaches et à la barbe si fournies qu'elles lui donnent, dit le texte, une expression de « fermeté et assurance ». C'est une race **française**, avec **789 naissances en 2025** — et l'une des rares dont l'histoire se raconte depuis Xénophon.

Au programme : le standard FCI n° 107, révisé en août 2023, et l'origine française d'une race que tout le monde croit néerlandaise, la mention « avec épreuve de travail » et ce qu'elle garantit, la recherche au sang inscrite noir sur blanc dans son utilisation officielle, un panel de dépistage très court et ce que cela dit de sa robustesse, la question de la queue écourtée et son cadre légal en France, les 789 inscriptions au LOF en 2025, l'entretien d'un poil dur, les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 2 septembre 202614 min de lecture

Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainement
Poids adulte22–29 kg (indicatif)
Espérance de vie12 à 14 ans (indicatif)
Prix d'un chiot900–1 500 € (indicatif)
Budget annuel1 010–1 970 €

L'essentiel

Pour qui ?

Un foyer qui sort par tous les temps

Doux, attaché, endurant. Il vit très bien en famille à condition de travailler dehors.

Combien d'activité ?

Une heure trente à deux heures

Du terrain, pas du trottoir. Il alterne galop et trot toute une journée sans faiblir.

Quoi surveiller ?

Les oreilles après l'eau

Appliquées à plat contre la tête, elles sèchent mal. C'est le contrôle hebdomadaire qui compte.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie12–14 ans
Prix d'un chiot900–1 500 €
Activité quotidienne1 h 30 à 2 h
Pays d’origineFrance[1]
Fonction historiqueChien d'arrêt polyvalent, également employé pour la recherche au sang du grand gibier blessé[1]
Type de poilDur et grossier, rappelant au toucher la soie du sanglier, jamais bouclé ni laineux, sur un sous-poil fin et serré[1]
Tempérament selon le standardDoux et fier, excellent chasseur, très attaché à son maître, très doux avec les enfants
Taille au garrot55–60 cm50–55 cm[1]
Poids24–29 kgLe standard ne chiffre aucun poids.22–26 kgLe standard ne chiffre aucun poids.
couleursGris acier à taches marron, marron uni, marron rubican ou rouan, blanc et marron, blanc et orange[1]
Groupe FCI7 · section 1[1]

Standard FCI n° 107, publié le 1er août 2023 — relevé le 2 septembre 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

Voici une race dont presque tout le monde se trompe sur la nationalité, et le standard permet de trancher en une ligne.

Française, malgré le nom

Le pays d’origine enregistré à la Fédération cynologique internationale est la France. Le nom, lui, vient d’un Néerlandais — Eduard Karel Korthals — et c’est cette homonymie qui entretient la confusion.

Ce que le texte officiel dit précisément de son rôle mérite d’être lu de près : la race a été « rénovée et améliorée par consanguinité, sélection et entraînement, sans aucun apport de sang étranger ».

Trois mots comptent ici. Rénovée : le chien existait avant lui. Améliorée : il l’a fixé et amélioré. Sans apport de sang étranger : il n’a pas croisé, il a trié. Korthals n’a donc pas inventé une race, il a mis en ordre un type ancien — et ce sont les clubs nationaux français qui ont perpétué ses préceptes.

Un chien mentionné par Xénophon

Le standard fait remonter la trace de ce type de chien à Xénophon, quatre siècles avant notre ère, sous l’appellation de « chien d’oysel » — le chien à oiseaux.

Peu de textes de race osent une antériorité pareille, et il faut la prendre pour ce qu’elle est : une revendication de filiation, pas une généalogie. Elle dit néanmoins quelque chose de juste — le chien broussailleux qui quête devant le chasseur est une figure très ancienne en Europe, bien antérieure au fusil.

Deux métiers, un seul chien

L’utilisation officielle tient en deux phrases, et la seconde est celle qu’on oublie :

« Essentiellement chien d’arrêt polyvalent. Est également employé pour la recherche au sang du grand gibier blessé. »

La recherche au sang, c’est suivre à la longe la voie laissée par un grand animal touché, parfois des heures après le tir et sur plusieurs kilomètres. C’est un travail lent, méthodique, à l’exact opposé de la quête rapide. Qu’une même race soit officiellement reconnue pour les deux en dit long sur la qualité de son nez.

Sa place en France

789 griffons Korthals inscrits au LOF en 2025, contre 764 : la race gagne 3 % quand son groupe en perd 2, passant de 18 073 à 17 777 inscriptions.

Sa position parmi les chiens d’arrêt français :

  • griffon à poil dur Korthals : 789, en hausse de 3 % ;
  • braque de Weimar : 829 ;
  • braque allemand à poil court : 1 287 ;
  • petit épagneul de Münster : 1 823 ;
  • épagneul breton : 3 793 ;
  • setter anglais : 5 086, premier du groupe.

Sixième du groupe, donc, mais avec une courbe qui monte pendant que celle de l’ensemble descend. C’est le signe d’une race qui garde son public de chasseurs plutôt qu’une race portée par une mode — et pour un acheteur, une population stable et bien tenue vaut mieux qu’un effectif qui gonfle.

La race est suivie par le Club du griffon d’arrêt à poil dur Korthals.

Morphologie et particularités physiques

Le texte ouvre sur un chien « robuste et rustique » de taille moyenne, plus long que haut, et il chiffre cette proportion : la longueur dépasse la hauteur au garrot d’un vingtième à un dixième.

Les valeurs du texte

MâleFemelle
Hauteur au garrot55 à 60 cm50 à 55 cm
Poidsaucun chiffreaucun chiffre
Longueur / hauteur+ 1/20 à + 1/10idem

Le texte ne chiffre aucun poids ; ce que porte notre tableau d’identité relève donc de l’observation, et c’est signalé comme tel.

La tête, et l’expression

C’est la signature de la race, et le standard y consacre un soin inhabituel.

  • Museau : long et carré, chanfrein légèrement busqué, de même longueur que le crâne.
  • Truffe : toujours brune. Pas de tolérance sur ce point.
  • Yeux : grands, arrondis, jaune foncé ou bruns, « surmontés mais pas recouverts par les sourcils ».
  • Oreilles : de moyenne grandeur, non papillotées, appliquées à plat, attachées sur la ligne de l’œil.
  • Moustaches, barbe et sourcils : « bien développées », et le texte explique pourquoi — elles « lui confèrent une expression caractéristique et expriment fermeté et assurance ».

Deux détails méritent qu’on s’y arrête. Les sourcils doivent surmonter l’œil sans le couvrir : un chien dont les poils masquent le regard n’est pas plus typé, il voit moins bien. Et les oreilles appliquées à plat, qui font le charme de la tête, sont aussi ce qui explique le premier poste vétérinaire de la race.

Le poil

La comparaison employée par le standard est une trouvaille : un poil « dur et grossier, rappelant au toucher la soie du sanglier », jamais bouclé ni laineux, sur un sous-poil fin et serré.

L’image n’est pas gratuite. La soie du sanglier est raide, cassante et imperméable : précisément ce qu’il faut pour franchir un roncier et ressortir d’une eau glacée avec la peau sèche dessous.

Les robes

Cinq combinaisons sont admises :

  • gris acier avec taches marron — la plus caractéristique ;
  • marron uni ;
  • marron rubican ou rouan ;
  • blanc et marron ;
  • blanc et orange.

Les allures

Le standard décrit un chien au travail plutôt qu’un chien en ring : « l’allure de chasse est le galop, entrecoupé par des périodes de trot ». Le trot est allongé, et le texte réserve un mot au moment où le chien approche du gibier — le coulé est « félin ».

Comportement et caractère

Une phrase, quatre propositions, et tout est dit : « doux et fier, excellent chasseur, très attaché à son maître et à son territoire qu’il garde avec vigilance. Très doux avec les enfants. »

« Doux et fier »

L’association est inhabituelle et elle décrit bien ce qu’on observe. La douceur, c’est la manière : ce chien ne bouscule pas, ne teste pas, ne cherche pas le rapport de force. La fierté, c’est le fond : il n’est ni servile ni collant, il a sa dignité.

Pour l’éducation, la conséquence est directe. Un Korthals se travaille dans la douceur parce qu’il y répond, et jamais dans la dureté parce qu’il s’y ferme.

« Très attaché à son maître »

Ce n’est pas une formule de politesse mais un avertissement déguisé. Ce chien s’attache profondément à une personne et supporte mal les longues absences. Le laisser seul du matin au soir ne lui convient pas, si grand soit le terrain à sa disposition.

« Son territoire qu’il garde avec vigilance »

Deuxième surprise dans un texte de chien d’arrêt. Le Korthals signale : il annonce les arrivées, il repère ce qui change autour de la maison. Cela ne fait pas de lui un chien de garde — il n’a ni le gabarit ni la sélection pour cela — mais cela le distingue des chiens d’arrêt purement indifférents à ce qui se passe chez eux.

« Très doux avec les enfants »

Voilà la ligne rare. Peu de standards de chiens de chasse se prononcent sur ce point, et celui-ci le fait sans réserve. L’expérience le confirme largement : c’est un compagnon de famille sûr, patient et joueur.

Cela n’annule évidemment pas ses besoins, dont nous parlons tout de suite.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les autres chiens. Sans difficulté particulière. Une race faite pour opérer au milieu d’autres équipages n’a rien à gagner au conflit, et le standard écarte l’agressivité.

Avec les autres animaux. Ici, il faut être net : un chien d’arrêt reste un chien de chasse. Le chat de la maison est accepté quand la présentation se fait tôt ; la volaille, les rongeurs et tout ce qui détale dehors relèvent d’une autre catégorie dans sa tête. Rien à corriger là-dedans : c’est son métier qui parle.

Avec les enfants. Le standard tranche, et l’observation suit. Deux points de bon sens :

  • il pèse vingt-cinq kilos et il court vite : un enfant de trois ans sur sa trajectoire finit par terre ;
  • il a besoin d’un endroit à lui où on ne le dérange pas, comme tout chien qui travaille beaucoup.

Environnement idéal

Ce qui lui convient :

  • une habitation ouvrant directement sur l’extérieur, et surtout des bois, des chemins ou un plan d’eau à proximité ;
  • un foyer présent, où quelqu’un rentre à midi ou travaille sur place ;
  • une clôture correcte : il ne fugue pas par ennui, il fugue quand une piste passe ;
  • n’importe quel climat. Le poil dur et le sous-poil serré encaissent le froid, la pluie et l’eau froide sans discussion.

Ce qui ne lui convient pas :

  • l’appartement en ville sans terrain accessible — la surface n’est pas le problème, l’absence de nature l’est ;
  • les journées entières seul, chez un chien que son standard décrit comme très attaché ;
  • un projet de chien décoratif. Il a de l’allure ; ce n’est pas pour cela qu’il a été fixé.

Activité physique et sorties

Une heure trente à deux heures quotidiennes, et du terrain avant tout.

Ce qui le fatigue

Rappelons ce que dit le standard de ses allures : galop entrecoupé de trot, pendant une journée de chasse. Ce chien a été construit pour durer, pas pour faire des pointes. Vous ne le fatiguerez pas en distance ; vous le fatiguerez en le faisant chercher.

Ce qui lui va

  • Le pistage et la recherche, pour lesquels son standard le désigne explicitement.
  • La quête libre en terrain varié, une à deux heures, où il explore vraiment.
  • Le rapport à l’eau, que son poil rend confortable même en hiver.
  • La randonnée longue et le canicross, une fois la croissance terminée.
  • La chasse, évidemment, où il retrouve son emploi entier.

À modérer

  • Le travail soutenu tant que la croissance dure.
  • Les sorties aux heures chaudes : un poil dur double protège du froid, il ne rafraîchit pas.
  • Les retours de terrain sans inspection — c’est le sujet de la section entretien.

Santé et prédispositions

Cette section est plus courte que sur beaucoup de fiches de ce site, et c’est en soi l’information principale.

Un catalogue de dépistage remarquablement court

Le laboratoire de génétique vétérinaire qui référence les tests disponibles par race ne propose, pour le griffon Korthals, qu’un seul test de maladie : l’atrophie rétinienne progressive de forme prcd. Tout le reste de son catalogue pour cette race porte sur la couleur du poil, sa texture et le contrôle de filiation.

Mettez cela en regard d’autres races de ce site : six tests de maladie pour le berger des Shetland, deux affections récessives caractérisées pour l’english springer spaniel, une neuropathie propre au dogue du Tibet, une fibrose pulmonaire propre au westie.

L’explication tient à l’histoire de la race, et elle est simple : un chien sélectionné pendant un siècle et demi sur ce qu’il fait plutôt que sur ce à quoi il ressemble élimine mécaniquement les tares invalidantes. Un chien qui ne tient pas une journée de terrain ne se reproduit pas.

Cela ne vous dispense de rien — voici ce qui reste à demander et à surveiller.

L’atrophie rétinienne progressive

C’est le seul test de maladie disponible sur la race, et il vaut donc la peine d’être réclamé. La forme prcd est une dégénérescence héréditaire de la rétine, d’apparition tardive : le chien voit normalement pendant ses premières années, puis la vision se dégrade.

Demandez le résultat des deux parents, sur document daté.

Les oreilles, premier poste prévisible

Le standard les veut « appliquées à plat » contre la tête. C’est joli, c’est typé, et c’est un conduit qui ne s’aère jamais.

Commençons par le facteur que personne ne cite et qui est pourtant le seul sur lequel vous ayez la main : le poids. Une vaste étude vétérinaire britannique établit qu’un chien dépassant la moyenne de poids de sa race et de son sexe voit son risque d’otite externe multiplié par 1,45. Un Korthals tenu à son poids fait moins d’otites qu’un Korthals alourdi — c’est aussi simple, et ça ne coûte rien.

Viennent ensuite les paramètres qui ne dépendent pas de vous. L’oreille tombante multiplie le risque par 1,76 par rapport à une oreille dressée, et un mâle est 1,21 fois plus exposé qu’une femelle. Pour situer le tout : sur 905 554 chiens suivis, 7,30 % ont présenté une otite externe dans l’année (IC 6,97–7,65).

Ce que cela donne au quotidien tient en trois gestes, dont un seul est vraiment spécifique à cette race : lever le pavillon une fois par semaine pour regarder et sentir ; recommencer chaque fois que le chien sort de l’eau ou d’une végétation trempée — c’est le geste propre au Korthals, qui travaille souvent mouillé ; et, si une seconde otite survient dans la même année, cesser de traiter le symptôme pour chercher ce qui la déclenche.

Les hanches

Rien de propre à la race ici, mais un document à réclamer : la lecture radiographique officielle, réalisée à partir de douze mois, qui attribue au chien un score chiffré — le zéro étant l’idéal.

Une seule chose à savoir pour s’en servir : ce nombre ne s’interprète pas seul. Il se lit face au repère médian publié par la race, et l’usage veut qu’on reproduise les chiens placés à ce niveau ou mieux. Exigez donc ce nombre daté, sur les deux reproducteurs.

Le thorax

« Haute, pas trop large » : ainsi le standard décrit-il la poitrine, sur un chien qui pèse vingt-cinq kilos et plus. C’est la conformation associée au risque de torsion d’estomac, à un niveau bien inférieur à celui des très grands molossoïdes mais suffisant pour appliquer les précautions d’usage.

Le piège, chez un chien de chasse, est précis et connu : la gamelle avalée d’un trait au retour du terrain, sur un chien encore chaud et déshydraté. On fait boire, on laisse redescendre, puis on nourrit — en deux services plutôt qu’un.

Ce que le standard écarte

La liste est courte : agressivité, peur, et toute anomalie physique ou comportementale évidente. À quoi s’ajoute la mention portée en tête du texte — la race est reconnue avec épreuve de travail, ce qui signifie que les titres les plus élevés supposent d’avoir fait ses preuves sur le terrain.

C’est une garantie de fond : une race jugée sur son travail dérive moins vite qu’une race jugée sur son allure.

AffectionFréquenceDépistageSource
Une race que la sélection a gardée rustiqueLe panel de dépistage génétique proposé pour cette race tient en un seul test de maladie, l'atrophie rétinienne progressive de type prcd — le reste relève de la couleur du poil et du contrôle de filiation. Peu de races d'arrêt affichent une liste aussi courteSans objet — c'est le constat, pas un risque[4]
Atrophie rétinienne progressive, forme prcdForme héréditaire d'apparition tardive, qui dégrade progressivement la rétine. Un test ADN existe et figure au catalogue de la raceDemander le résultat des deux parents ; c'est le seul test de maladie disponible sur cette race[4]
Les oreilles, et pourquoi elles comptent iciLe standard les décrit « appliquées à plat » contre la tête. Sur 905 554 chiens suivis, la prévalence annuelle de l'otite externe s'établit à 7,30 % (IC 6,97–7,65), et une oreille tombante multiplie le risque par 1,76 par rapport à une oreille dresséeContrôle hebdomadaire, et systématique après chaque sortie en eau ou en végétation mouillée[5]
Le poids, seul facteur de risque sur lequel vous agissezLa même étude relève qu'un chien dont le poids dépasse la moyenne de sa race et de son sexe voit son risque d'otite multiplié par 1,45, et qu'un mâle est 1,21 fois plus exposé qu'une femellePesée mensuelle, et ration ajustée entre la saison de chasse et le reste de l'année[5]
Hanches : la lecture officielleChaque hanche est notée sur neuf critères — trois de conformation, six d'arthrose consécutive —, de 0 à 53 par hanche, soit 0 à 106 au total. L'âge minimum de radiographie est de douze moisRéclamer le score chiffré et daté des deux parents, à comparer à la médiane publiée de la race[6]
Une poitrine hauteLe standard décrit une poitrine « haute, pas trop large », sur un chien de vingt-cinq kilos et plus. C'est la morphologie thoracique associée au risque de torsion d'estomac, sans atteindre celui des très grands molossoïdesRepas fractionnés, calme autour de la gamelle, et jamais de gamelle avalée d'un trait au retour du terrain[7]
Ce que le standard écarteLes seuls motifs d'exclusion sont l'agressivité, la peur, et toute anomalie physique ou comportementale évidente. La mention « avec épreuve de travail » ajoute une exigence de fond : les titres les plus élevés supposent d'avoir fait ses preuves sur le terrainObserver la mère et les chiots face à un bruit fort inattendu pendant la visite[1]
Un effectif qui progresse789 inscriptions au LOF en 2025 contre 764 en 2024, une hausse de 3 % dans un groupe 7 qui recule de 2 %. La race se maintient donc mieux que ses voisines de groupeUn vivier de cette taille laisse le temps de comparer plusieurs élevages[2]

Entretien et hygiène

Le poil

  • Brossage hebdomadaire, en insistant sur les moustaches, la barbe et les sourcils — les zones que le standard veut fournies, et qui ramassent tout ce que le chien traverse.
  • Épilation à la main ou au couteau, une à deux fois par an. Elle retire le poil mort et laisse repousser une texture dure. La tondeuse, elle, coupe le poil au lieu de l’ôter et l’affine passage après passage, jusqu’à lui faire perdre son imperméabilité.
  • Bain rare. Après une sortie dans la boue, de l’eau claire fait presque toujours l’affaire.

Le rituel du retour

La santé d’un chien de terrain se joue en grande partie ici, pour cinq minutes de votre temps.

On commence par le haut : pavillon soulevé, puis les yeux, où une ronce laisse vite une griffure et où un épillet se glisse malgré les sourcils. On descend à la barbe et aux moustaches, ces zones que le standard veut fournies et qui ramassent graines et bardanes comme un aimant. Puis les pieds, doigt par doigt, parce qu’un épillet logé entre deux coussinets remonte et finit en abcès. On termine par l’aine et les aisselles, où les tiques se fixent en priorité.

De mai à septembre, ce passage systématique fait davantage pour ce chien que n’importe quel complément alimentaire.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Le réglage saisonnier

Le tableau distingue « hors saison » et « journées de terrain », et l’écart n’est pas cosmétique : il atteint 15 % de la ration. Sur cette race, c’est un réglage à faire deux fois par an, pas une estimation une fois pour toutes.

La règle simple : un chien qui maigrit en saison est sous-alimenté ; un chien qui prend du poids au printemps est un chien à qui l’on a laissé sa ration de saison. La pesée mensuelle tranche la question mieux que le coup d’œil, un poil dur masquant efficacement quelques kilos.

Et rappelons le lien établi plus haut : chez cette race, tenir le poids ne relève pas seulement de l’articulation, cela réduit aussi le risque d’otite.

ProfilBesoin quotidienRationSource
21,6 kg — femelle légère, hors saison952 kcal249–253 g[9]
21,6 kg — même chienne, journées de terrain1102 kcal288–292 g[9]
24,2 kg — femelle adulte, hors saison1037 kcal271–275 g[9]
26,6 kg — mâle adulte, hors saison1113 kcal291–295 g[9]
26,6 kg — même chien, journées de terrain1288 kcal337–341 g[9]
29,1 kg — mâle de fort gabarit, hors saison1190 kcal311–315 g[9]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[9]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

Ce que vous demandez avant de vous déplacer

  1. Le résultat du test rétinien sur le père et sur la mère.
  2. Le chiffre officiel des hanches, avec sa date, pour les deux parents.
  3. Ce que font les chiens de l’élevage : chasse, épreuves, recherche au sang ?

Ce que vous regardez sur place

  • La truffe des chiots : le standard la veut toujours brune, sans nuance.
  • La texture du poil des parents, à toucher : c’est celle que votre chien aura, et elle doit être franchement rêche.
  • Le regard des adultes : les sourcils surmontent l’œil, ils ne le recouvrent pas.
  • L’aisance générale de la portée face à une visite et à un peu de remue-ménage. Le standard écarte la peur de la race ; à huit semaines, cela se voit.

La question de la queue

Le standard note qu’elle est « généralement écourtée du tiers ou du quart ». En France, la caudectomie reste licite : le pays a formulé une réserve à l’article 21 de la convention européenne pour la protection des animaux de compagnie, celui qui prohibe les interventions de convenance. Plusieurs pays voisins l’ont interdite, d’où des chiens à queue entière parfaitement conformes en exposition internationale.

Trois choses à savoir avant de réserver : une queue entière n’est pas un défaut ; une queue écourtée n’est pas obligatoire ; et l’intervention, quand elle est pratiquée, l’est sur le chiot nouveau-né par un vétérinaire. Posez simplement la question à l’élevage.

Avant de signer

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

Utilisez-les pour répondre à une question très matérielle : où ce chien va-t-il quêter, chaque jour, pendant treize ans ? Un bois, un chemin de halage, une friche. Si la réponse tient dans un parc urbain, tournez-vous vers un autre chien.

  1. 8–12 semaines

    Arrivée, et découverte des surfaces sur lesquelles il travaillera : herbes hautes, sous-bois, eau peu profonde. Rien d'intense, tout en variété.

  2. 3–6 mois

    Habituation progressive aux bruits, du plus faible au plus fort. Une exposition brutale au coup de feu abîme durablement un chien d'arrêt.

  3. 6–12 mois

    Rappel travaillé sérieusement, en longe puis en liberté, avant que le nez ne prenne le dessus sur l'oreille.

  4. 12–18 mois

    Radiographie officielle des hanches et montée en charge du travail de terrain, une fois la croissance achevée.

Variantes de race

Le n° 107 ne se décline pas : une hauteur par sexe, une texture de poil, et cinq robes qui appartiennent toutes au même chien.

Les confusions courantes

  • Le « griffon » tout court. Le mot désigne une texture de poil, pas une race : le griffon nivernais, le griffon bleu de Gascogne et le griffon fauve de Bretagne sont des chiens courants du groupe 6, sans rapport avec un chien d’arrêt.
  • Le griffon Korthals « à poil doux ». Le standard exige un poil dur et grossier. Un poil doux ou laineux n’est pas conforme.
  • Le « Korthals sans papiers ». Hors du Livre des origines, l’appellation « de race » est juridiquement fermée.

Trois chiens d’arrêt continentaux

Griffon KorthalsBraque allemand, poil courtPetit épagneul de Münster
Standard FCIn° 107n° 119n° 102
OrigineFranceAllemagneAllemagne
Type de poilDur et grossierCourtMi-long, imperméable
Recherche au sang au standardOui
Inscriptions au LOF en 20257891 2871 823

La polyvalence est commune aux trois. Ce qui isole le Korthals tient en deux points : une fourrure conçue pour le roncier et l’eau glacée, et une seconde mission inscrite à son texte officiel — la recherche au sang, absente des deux autres standards.

Prix et budget

Ce que coûte, en pratique, un chiot LOF élevé dans un foyer français.

Un prix d’achat modéré

Le Korthals se négocie bien en dessous des races de salon en vogue, et pourtant ses lignées sont souvent mieux suivies. La raison est structurelle : un acheteur qui chasse évalue un chien sur ce qu’il produira au bois, pas sur son allure — la spéculation sur la couleur ou la rareté n’a aucune prise sur ce marché.

Les deux postes propres à cette race

  • L’épilation du poil, une à deux fois par an. Peu de toiletteurs la pratiquent : posez la question au téléphone. Certains proposent une initiation, et sur un chien qu’on garde treize ans, apprendre à le faire soi-même se rentabilise vite.
  • Les petits incidents de terrain. Une tique, un épillet, un coussinet entaillé, un œil griffé, une oreille infectée : rien qui pèse isolément, mais la somme d’une saison se voit sur le relevé. C’est aussi pourquoi la clause « en action de chasse » de votre contrat mérite d’être lue avant d’être signée.

La dépense qu’on ne rogne pas

Le dépistage articulaire officiel, une fois l’année franchie. Il ne répare rien. Il produit un nombre, et ce nombre sert trois fois : à se situer par rapport à la race, à disposer d’un point de départ le jour où le chien boitera, et à décider si l’on prolonge ou non cette lignée. Sur une race qu’on juge au travail, un squelette défaillant annule tout le reste.

Cette page suit les révisions du standard n° 107 et les bilans annuels du LOF. Vous relevez une erreur ? Faites-le savoir — nous datons chaque rectification et l’ancienne version demeure accessible.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF900 € – 1 500 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan170 € – 280 €une fois
Radiographie officielle des hanches180 € – 330 €une fois
Stérilisation ou castration300 € – 620 €une fois
Alimentation330 € – 560 €par an
Vaccins et visite annuelle110 € – 190 €par an
Antiparasitaires et prophylaxie du chien de terrain150 € – 280 €par an
Épilation du poil et contrôle des oreilles80 € – 220 €par an
Assurance santé340 € – 720 €par an
Première année
2 560 € – 4 700 €
Les années suivantes
1 010 € – 1 970 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Le griffon Korthals est-il une race française ou néerlandaise ?

Française. C'est le pays d'origine que la Fédération cynologique internationale inscrit au standard n° 107, et la confusion est si répandue qu'elle mérite d'être défaite. Elle vient du nom : Eduard Karel Korthals était néerlandais. Mais le standard est clair sur ce qu'il a fait — il a rénové et amélioré une race qui existait déjà, « par consanguinité, sélection et entraînement, sans aucun apport de sang étranger ». Autrement dit, il n'a pas créé un chien : il a repris un type ancien et l'a fixé. À quel point ancien ? Le standard fait remonter la mention du chien à Xénophon, quatre siècles avant notre ère, sous le nom de « chien d'oysel ». Peu de textes de race osent une telle antériorité. C'est donc une race française au sens cynophile du terme : c'est en France que le type a été reconnu, fixé et perpétué par les clubs nationaux — et c'est aujourd'hui le seul chien d'arrêt d'origine française parmi les sept races de ce groupe couvertes sur ce site, avec l'épagneul breton.

Que veut dire « recherche au sang du grand gibier blessé » ?

C'est la seconde utilisation officielle de la race, et elle figure dans le standard : « essentiellement chien d'arrêt polyvalent. Est également employé pour la recherche au sang du grand gibier blessé ». Concrètement : lorsqu'un grand animal — sanglier, chevreuil, cerf — est touché sans être arrêté sur place, un chien conduit à la longe suit la voie qu'il laisse, parfois plusieurs heures après et sur plusieurs kilomètres, pour permettre de l'achever. C'est un travail de nez lent et méthodique, à l'opposé de la quête rapide du chien d'arrêt. Qu'une même race soit officiellement reconnue pour les deux dit deux choses. D'abord que son nez est de premier ordre. Ensuite, pour un propriétaire qui ne chasse pas, que le pistage est l'activité de substitution la plus évidente qui soit : ce n'est pas un pis-aller, c'est un métier inscrit à son standard.

Convient-il à une famille avec enfants ?

Oui, et c'est le standard lui-même qui le dit — ce qui est rare dans un texte de chien de chasse. Le paragraphe de caractère se termine par quatre mots sans ambiguïté : « Très doux avec les enfants. » Le reste du portrait va dans le même sens : « doux et fier », « très attaché à son maître et à son territoire qu'il garde avec vigilance ». Vous avez donc un chien sociable, attaché, qui signale les arrivées sans être un chien de garde. Deux conditions, cependant, et elles ne sont pas négociables : - il doit sortir vraiment, une heure trente à deux heures par jour, sur du terrain et pas sur un trottoir ; - il ne supporte pas d'être seul toute la journée : « très attaché à son maître » n'est pas une formule de politesse. Un Korthals qui travaille est un compagnon de famille remarquable. Un Korthals désœuvré devient un chien qui fugue et qui détruit.

Pourquoi sa liste de tests génétiques est-elle si courte ?

Parce que la race n'a pas de maladie héréditaire emblématique, et c'est une bonne nouvelle qu'il faut savoir lire. Le catalogue de dépistage proposé pour le griffon Korthals ne comporte qu'un seul test de maladie : l'atrophie rétinienne progressive de forme prcd, une dégénérescence de la rétine d'apparition tardive. Tout le reste du catalogue porte sur la couleur du poil, la texture du poil et le contrôle de filiation. Comparez avec le berger des Shetland, dont le panel réunit six maladies, ou avec l'english springer spaniel et ses deux affections récessives caractérisées : la différence est réelle. L'explication tient à l'histoire de la race. Un chien sélectionné pendant un siècle et demi sur ce qu'il fait plutôt que sur ce à quoi il ressemble élimine mécaniquement les tares invalidantes : un chien qui ne peut pas chasser une journée entière ne se reproduit pas. Cela ne dispense de rien. Réclamez le résultat du test rétinien sur les deux parents, et le score de hanches chiffré. Mais vous achetez ici une race que la sélection a gardée robuste.

Sa queue est-elle écourtée, et est-ce légal ?

Le standard décrit une queue « portée horizontalement ou la pointe légèrement relevée » et note qu'elle est « généralement écourtée du tiers ou du quart ». Sur le plan juridique, en France : la caudectomie reste licite. La France a émis une réserve à l'article 21 de la convention européenne pour la protection des animaux de compagnie, celui qui interdit les interventions de convenance. Plusieurs pays voisins l'ont, eux, prohibée — d'où des chiens à queue entière dans les expositions internationales, parfaitement conformes. Ce qu'il faut en retenir en tant qu'acheteur : - une queue entière n'est pas un défaut et ne disqualifie pas le chien ; - une queue écourtée n'est pas obligatoire, ni pour le travail ni pour l'exposition ; - l'intervention, quand elle est pratiquée, relève de l'acte vétérinaire et se fait sur le chiot nouveau-né. La question mérite d'être posée à l'élevage avant la réservation, simplement pour savoir ce que vous récupérerez.

Quel entretien demande son poil dur ?

Moins qu'il n'en a l'air, à une réserve près. Le standard le décrit « dur et grossier, rappelant au toucher la soie du sanglier », jamais bouclé ni laineux, sur un sous-poil fin et serré. C'est un poil de travail : il encaisse les ronces, l'eau et le froid. La routine ordinaire : - brossage hebdomadaire, avec une attention aux moustaches, à la barbe et aux sourcils — les zones que le standard veut « bien développées » et qui ramassent tout ; - épilation à la main ou au couteau une à deux fois par an, qui retire le poil mort et laisse repousser une texture dure. La tondeuse, elle, coupe le poil et l'affine passage après passage ; - bain rare : un rinçage clair vient à bout de la boue. L'essentiel se joue ailleurs, au retour de chaque sortie : pavillon des oreilles, yeux, entre-doigts, coussinets, aine et aisselles. Cinq minutes, et de mai à septembre elles pèsent plus lourd que tout le reste.

Combien en naît-il en France ?

789 chiens inscrits au Livre des origines en 2025, contre 764 en 2024 : la race gagne 3 %, dans un groupe 7 qui en perd 2 — de 18 073 à 17 777 inscriptions. Sa position parmi les chiens d'arrêt français : - setter anglais : 5 086 ; - épagneul breton : 3 793 ; - petit épagneul de Münster : 1 823 ; - braque allemand à poil court : 1 287 ; - braque de Weimar : 829 ; - griffon à poil dur Korthals : 789 ; - épagneul français : 236. Sixième chien d'arrêt du pays, donc, avec une courbe qui monte quand celle du groupe descend. Près de huit cents naissances annuelles laissent largement le temps de comparer les élevages et d'exiger les documents. La race est suivie par le Club du griffon d'arrêt à poil dur Korthals.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 107 — Griffon d'arrêt à poil dur Korthals — Fédération Cynologique Internationale — 1er août 2023 — standard
  2. [2]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  3. [3]Club du griffon d'arrêt à poil dur Korthals — Société Centrale Canine — organisme canin officiel
  4. [4]Wirehaired Pointing Griffon — tests génétiques disponibles pour la race — Veterinary Genetics Laboratory, University of California, Davis — laboratoire universitaire
  5. [5]Frequency and predisposing factors for canine otitis externa in the UK — a primary veterinary care epidemiological view — Canine Medicine and Genetics — Pegram C. et coll. — 2021 — étude académique
  6. [6]Hip Dysplasia Scheme — méthode de notation et usage des scores — British Veterinary Association — organisme vétérinaire national
  7. [7]Gastric dilatation-volvulus (GDV) or bloat — Riney Canine Health Center, Cornell University College of Veterinary Medicine — école vétérinaire
  8. [8]Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie — article 21 et réserves des États — Conseil de l'Europe — texte officiel
  9. [9]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  10. [10]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 2 septembre 2026

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