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Canisfera
Chihuahua adulte, debout, de profil

Chihuahua

Son standard tient en quatre adjectifs, et ils disent tout : « vif, vigilant, remuant et très courageux ». Le plus petit chien du monde ne se vit pas comme un petit chien — c'est un vrai caractère dans deux kilos et demi, drôle, attaché, capable de suivre son maître partout. Cette autonomie de tempérament est sa qualité première, et c'est aussi ce qui se perd quand on le traite comme un accessoire plutôt que comme un chien.

Au programme : le standard FCI n° 218 et les seuils de poids qui disqualifient, ce que 11 647 chihuahuas suivis en clientèle vétérinaire nous apprennent de leur santé, la question des dents et de la rotule, l'écart d'espérance de vie entre mâles et femelles, les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 31 août 202613 min de lecture

Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainement
Poids adulte1–3 kg[1]
Espérance de vie8,2 ans en médiane[2]
Prix d'un chiot1 000–2 000 € (indicatif)
Budget annuel875–1 875 €

L'essentiel

Pour qui ?

Quelqu'un qui le traitera en chien

Vif, courageux, très attaché. Porté en permanence et jamais éduqué, il devient méfiant et difficile.

Combien d'activité ?

Trente à quarante-cinq minutes

Peu de besoins physiques, mais de vraies sorties au sol. Marcher lui fait autant de bien qu'aux autres chiens.

Quoi surveiller ?

Les dents, la rotule, les chocs

La maladie parodontale est son premier diagnostic. Les traumatismes sont sa troisième cause de décès.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie7–12 ans[2]
Prix d'un chiot1 000–2 000 €
Activité quotidienne30 min à 45 min
Pays d’origineMexique[1]
Fonction historiqueChien d'agrément, descendant présumé du techichi de l'époque toltèque[1]
Type de poilDeux variétés au standard : poil court, ou poil long fin et soyeux[1]
Tempérament selon le standardVif, vigilant, remuant et très courageux
Taille au garrot16–21 cmLe standard FCI ne fixe aucune taille au garrot, seulement un poids.16–21 cmLe standard FCI ne fixe aucune taille au garrot, seulement un poids.
Poids1–3 kgPoids idéal 1,5 à 2,5 kg ; en dessous d'1 kg ou au-dessus de 3 kg, le chien est disqualifié.1–3 kgPoids idéal 1,5 à 2,5 kg ; en dessous d'1 kg ou au-dessus de 3 kg, le chien est disqualifié.[1]
Groupe FCI9 · section 6[1]

Standard FCI n° 218, publié le 4 septembre 2019 — relevé le 31 août 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

Le chihuahua porte le nom du plus grand État du Mexique, et le standard le présente comme la plus petite race de chien au monde.

Son histoire remonte plus loin que la plupart des races modernes. Le texte évoque un chien qui vivait autrefois en liberté dans cette région, domestiqué par les populations locales à l’époque toltèque. Un chien nain appelé techichi, très proche du chihuahua actuel, figure dans les décors architecturaux de Tula, l’ancienne capitale toltèque.

Une ancienneté rare

C’est un point qui distingue cette race de la plupart des chiens de compagnie : elle n’a pas été créée au XIXᵉ siècle par des éleveurs européens. Elle descend d’une lignée précolombienne, ce qui en fait l’une des plus anciennes races du continent américain.

Sa place en France

Les registres officiels comptabilisent 2 898 chihuahuas au LOF en 2025, contre 2 914 douze mois plus tôt : la race est stable à 1 % près. Cela la situe au deuxième rang des chiens d’agrément et de compagnie, derrière le seul cavalier king charles (6 108) et désormais devant le bouledogue français (2 695).

Il se classe dix-huitième au palmarès national. Une nuance s’impose : seuls les chiens inscrits au LOF entrent dans ce décompte, et le nombre réel de chihuahuas vivant en France dépasse de très loin ce chiffre — peu de races se vendent autant en dehors du circuit officiel.

Morphologie et particularités physiques

La FCI dessine un petit chien au corps ramassé, avec deux signatures visuelles.

La tête en pomme

Voilà le caractère de race par excellence, et le texte y insiste : une « tête bien arrondie, en forme de pomme (caractéristique de la race) », avec un stop bien marqué et large, un museau court et rectiligne de profil, des yeux grands et arrondis, très expressifs, et des oreilles grandes et dressées.

Le standard écarte d’ailleurs explicitement le type dit « cervidé » — tête plus longue, museau plus fin, allure de faon — qui figure parmi les défauts éliminatoires.

Le poids : la donnée la plus stricte du standard

Peu de textes de race sont aussi précis, et aussi sévères :

  • poids admis : de 1 à 3 kg
  • poids idéal : de 1,5 à 2,5 kg
  • en dessous d’1 kg ou au-dessus de 3 kg : disqualification

Aucune taille au garrot n’est fixée — c’est le poids seul qui définit la race. Les 16 à 21 cm que nous indiquons dans le tableau sont un repère d’usage, pas une donnée officielle.

Ce seuil de 3 kg mérite d’être gardé en tête : le poids médian relevé en clientèle vétérinaire s’établit à 3,4 kg. Le chihuahua moyen dépasse donc déjà la limite de son propre standard.

Les deux variétés de poil

La FCI en reconnaît deux, jugées séparément :

  • le poil court : « court et bien couché sur tout le corps ; brillant et de texture douce » ;
  • le poil long : « fin et soyeux, lisse ou légèrement ondulé », avec des franges aux oreilles et un panache à la queue.

Même race, même taille, même caractère. Le choix relève du goût.

Les couleurs, et la seule interdite

Le standard est d’une générosité rare : « toutes les couleurs dans toutes les nuances et combinaisons possibles sont admises ».

Une seule exception, formulée sans ambiguïté : la couleur merle est exclue, et elle figure parmi les défauts éliminatoires. C’est une information à connaître, parce que le chihuahua merle se vend cher et se vend beaucoup.

La queue

Attachée haut, plate, de longueur modérée. En action, elle est « portée haut en formant une courbe ou un demi-cercle, l’extrémité étant dirigée vers la région lombaire ». L’absence de queue est éliminatoire.

Comportement et caractère

Quatre adjectifs, et ils sont bien choisis : « vif, vigilant, remuant et très courageux ».

Le courage est un caractère de race

C’est la clé pour comprendre ce chien. Le chihuahua n’a aucune conscience de sa taille : il avance, il annonce, il tient tête à des chiens vingt fois plus lourds que lui. Le standard ne s’en excuse pas, il l’inscrit noir sur blanc.

Cette assurance est une qualité. Elle devient un problème uniquement lorsqu’un chien courageux n’a jamais appris à évaluer les situations — c’est-à-dire lorsqu’il n’a jamais été socialisé.

Il s’attache intensément à une personne

Le chihuahua choisit quelqu’un, le suit de pièce en pièce, dort contre lui, et supporte mal d’en être séparé. C’est un chien de contact permanent, et cet attachement fait toute sa valeur de compagnon.

Le revers existe : une possessivité envers son humain, qui peut virer au grognement à l’approche d’un tiers. Cela s’éduque, comme le reste.

Il est vigilant, et il le dit

« Vigilant », précise le texte. Un chihuahua entend tout et signale tout. Il ne dissuade évidemment personne, mais il alerte — et il aboie volontiers plus longtemps que nécessaire si personne ne lui a appris à s’arrêter.

Le vrai sujet : on ne l’éduque pas

Abordons le vrai sujet, celui qui explique la plupart des reproches faits à cette race. Un chihuahua est petit, léger, facile à porter. Résultat : beaucoup ne sont jamais mis au sol, jamais confrontés à d’autres chiens, jamais repris quand ils grognent — parce qu’à deux kilos, personne ne s’en inquiète.

Les données rapportent un comportement d’agression chez 4,2 % des chihuahuas suivis en clientèle, avec un écart entre les mâles (4,9 %) et les femelles (3,5 %). Ce chiffre ne décrit pas une race dangereuse ; il décrit une race qu’on éduque rarement.

Un chihuahua traité comme un chien — sorti, socialisé, à qui l’on demande des choses — est un compagnon remarquablement facile.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les enfants. La prudence s’impose, et elle porte d’abord sur la fragilité physique. Un chien de deux kilos et demi se blesse gravement en tombant d’un canapé ou en étant serré trop fort. Les traumatismes représentent d’ailleurs 13,8 % des décès de la race. Avec des enfants en âge de comprendre qu’on ne le porte pas et qu’on s’assoit pour le caresser, la cohabitation se passe bien. Avec un tout-petit, elle demande une organisation stricte.

Avec les autres chiens. Voilà un chantier à part entière. Le chihuahua ne s’auto-limite pas face à un chien plus grand, ce qui crée des situations dangereuses pour lui. Une socialisation précoce, avec des chiens calmes et de tailles variées, change complètement son rapport aux congénères.

Avec les autres animaux. Peu de prédation, et une cohabitation généralement facile avec un chat — qui pèse d’ailleurs souvent plus lourd que lui.

Avec les inconnus. Réservé, parfois méfiant, avec un temps d’observation avant d’accepter le contact. Là encore, la socialisation des premiers mois fait toute la différence entre un chien curieux et un chien qui grogne.

Environnement idéal

Peu de chiens se logent aussi facilement. L’exigence réelle se situe ailleurs.

Ce qui lui convient :

  • l’appartement, même petit : il occupe peu de place et se dépense partiellement à l’intérieur
  • du monde autour de lui, condition non négociable pour un chien qui vit dans le contact
  • un intérieur chaud, ou un manteau l’hiver : sans masse corporelle ni sous-poil épais, il se refroidit très vite
  • des rampes ou des marches pour accéder au canapé, plutôt que des sauts
  • des sols non glissants, où il ne part pas en écart

Ce qui lui pèse :

  • le froid et l’humidité, mal supportés par un chien aussi petit
  • la vie exclusivement en sac ou dans les bras, qui produit un chien mal dans ses pattes
  • les descentes en saut depuis un meuble, néfastes pour ses rotules et pourvoyeuses de fractures
  • les longues journées seul
  • un environnement où on lui passe tout, faute de le prendre au sérieux

Activité physique et sorties

Prévoyez une demi-heure à trois quarts d’heure quotidiens, pattes au sol, fractionnés en plusieurs promenades. C’est peu en durée, et c’est essentiel.

Ce qui lui correspond

  • la marche en ville, à son rythme, qui l’expose au monde autant qu’elle le dépense
  • les jeux de recherche à la maison, très efficaces sur un chien vif et curieux
  • les exercices d’obéissance courts, qu’il apprend très bien
  • l’agility dans la catégorie la plus basse, à condition qu’il soit à son poids et que ses rotules tiennent
  • les rencontres canines encadrées, avec des chiens calmes

Ce qu’il faut éviter

  • les sauts en hauteur, depuis un meuble ou vers un meuble
  • le froid prolongé sans protection
  • les parcs à chiens sans supervision, où sa taille le met en danger
  • le port permanent, qui l’empêche de développer sa musculature et sa confiance
  • la laisse attachée à un collier : un harnais protège une trachée minuscule

Le sol plutôt que le sac

Voici le conseil qui change le plus de choses chez cette race, et il ne coûte rien : posez-le par terre. Un chihuahua qui marche, renifle, croise d’autres chiens et découvre différents sols devient un adulte confiant. Celui qui traverse la vie à hauteur d’épaule ne rencontre jamais rien, et finit par trouver le monde inquiétant.

Santé et prédispositions

Tout ce qui suit repose sur le relevé de 11 647 chihuahuas repérés dans une base britannique de 336 865 chiens, dont 5 660 dossiers ont été dépouillés à la main.

La longévité, et un écart frappant

La médiane d’âge au moment du décès ressort à 8,2 ans. Mais ce chiffre global cache une différence considérable :

  • femelles : 10,2 ans
  • mâles : 6,9 ans

Plus de trois ans d’écart, statistiquement significatif. C’est l’un des écarts entre sexes les plus marqués observés dans une race canine.

Les causes de décès s’ordonnent ainsi : maladie cardiaque (18,8 %), troubles respiratoires bas (16,3 %) et traumatismes (13,8 %).

Les dents : le premier poste

Avec 13,5 % des chihuahuas concernés, la maladie parodontale est le premier diagnostic de la race, et la cause est anatomique : une mâchoire minuscule doit loger le même nombre de dents qu’une mâchoire de berger allemand. Les dents se serrent, le tartre s’installe, la gencive se rétracte.

S’y ajoutent les dents de lait persistantes, chez 5,7 % des chiens : la dent définitive pousse sans que la dent de lait ne tombe, ce qui crée un point de rétention idéal pour le tartre. Elles se retirent, souvent au moment de la stérilisation.

Trois réflexes réduisent nettement le problème :

  • un brossage régulier, commencé chez le chiot
  • un contrôle de la denture entre cinq et sept mois
  • un détartrage quand le vétérinaire l’estime nécessaire, sans attendre que le chien mange mal

Les traumatismes

Troisième cause de décès de la race, à 13,8 %. Ce chiffre n’appelle pas de commentaire médical mais des changements d’habitudes :

  • aucun saut depuis un meuble : une rampe ou un marchepied suffisent à régler la question
  • attention permanente au sol, dans une maison où l’on marche vite
  • un harnais plutôt qu’un collier
  • une vigilance particulière dans les lieux fréquentés par de grands chiens

La rotule

Le standard classe l’instabilité de la rotule parmi les défauts majeurs de la race, ce qui en dit long sur sa fréquence. Les données générales confirment : sous 10 kg, un chien de moins de 10 kg voit son risque de luxation de la rotule multiplié par 2,8 face à un chien de dix à vingt kilos.

Le signe à repérer est caractéristique : le chien avance normalement, puis tient une patte arrière en l’air pendant quelques foulées avant de la reposer comme si de rien n’était. Cela se montre.

La fontanelle, et une idée reçue à corriger

Un discours très répandu présente la molera — cette fontanelle crânienne restée ouverte — comme une particularité banale de la race, voire comme une preuve d’authenticité.

Le standard dit exactement le contraire. La « persistance de la fontanelle » figure parmi les défauts éliminatoires. Un crâne qui ne se referme pas n’est pas un signe de type, c’est un motif d’exclusion.

Le poids

5,9 % des chihuahuas sont enregistrés en surpoids, et le poids médian mesuré atteint 3,4 kg — au-delà du seuil de disqualification du standard. Sur un chien dont les rotules et les articulations sont déjà exposées, chaque centaine de grammes compte réellement.

Le contrôle demande un outil que peu de propriétaires possèdent : une balance de cuisine. Sur un animal de deux kilos, la balance du cabinet ne suffit pas à suivre une évolution.

AffectionFréquenceDépistageSource
Maladie parodontale13,5 % : premier diagnostic de la raceRelevé chez les chihuahuas suivis en clientèle vétérinaireBrossage à domicile, contrôle buccal annuel, détartrage quand il s'impose[2]
Dents de lait persistantes5,7 % des chihuahuasUne mâchoire minuscule laisse peu de place aux deux dentitionsContrôle de la denture entre 5 et 7 mois[2]
TraumatismesTroisième cause de décès de la race, à 13,8 % des décès documentésAucun ; prévention par la vigilance au sol et en hauteur[2]
Maladie cardiaquePremière cause de décès, à 18,8 %Devant les troubles respiratoires bas, à 16,3 %Auscultation annuelle à partir de 5 ou 6 ans[2]
Luxation de la rotuleL'instabilité de la rotule figure parmi les défauts majeurs du standardLe risque est multiplié par 2,8 sous 10 kgPalpation des genoux à chaque visite vétérinaire[3]
Persistance de la fontanelleDéfaut éliminatoire au standardContrairement à une idée reçue, la molera non refermée écarte le chien de la racePalpation du crâne chez le chiot et le jeune adulte[1]
Surpoids5,9 % des chiensLe poids médian mesuré atteint 3,4 kg, au-dessus du seuil de disqualificationPesée trimestrielle sur une balance de précision[2]

Entretien et hygiène

Peu d’entretien, mais un geste quotidien décisif.

  • Les dents : c’est le rituel central de cette race. Un brossage quotidien ou au moins trois fois par semaine, avec une brosse à doigt ou une brosse pour très petit chien.
  • Brossage du poil : une fois par semaine chez le poil court, deux à trois fois chez le poil long en insistant sur les franges des oreilles et le panache de la queue.
  • Bains : rares, deux ou trois par an, avec un séchage soigneux — un chien de deux kilos se refroidit en quelques minutes.
  • Griffes : à raccourcir toutes les trois semaines. Un chien qui marche peu sur des surfaces dures ne les use pas.
  • Yeux : grands et proéminents, donc exposés. Un essuyage doux quand l’angle interne se charge, et une consultation devant tout œil rouge ou fermé.
  • Oreilles : dressées et bien ventilées, elles posent rarement problème. Contrôle mensuel.
  • Le froid : un manteau n’est pas une coquetterie sur cette race, c’est un équipement.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Vous remarquerez que les quantités sont minuscules : de l’ordre de cinquante grammes par jour. C’est précisément ce qui rend cette race si difficile à nourrir correctement.

Quatre points spécifiques :

  • La marge d’erreur est nulle. Sur une ration de cinquante grammes, dix grammes de trop représentent 20 % de la journée. La cuillère et le coup d’œil ne conviennent pas : il faut une balance.
  • Les friandises comptent énormément. Un seul biscuit de taille moyenne peut représenter le quart de la ration quotidienne. Elles se comptent, se cassent en morceaux, et se déduisent du repas.
  • Attention à l’hypoglycémie chez le chiot. Un très jeune chihuahua de moins de trois mois épuise vite ses réserves. Les repas se fractionnent en quatre, et toute apathie inhabituelle chez un chiot se traite comme une urgence.
  • La taille de la croquette compte. Une croquette disproportionnée par rapport à sa gueule est avalée telle quelle, au détriment de la digestion comme du parodonte.
ProfilBesoin quotidienRationSource
2 kg — chien au poids idéal, tranquille160 kcal40–44 g[6]
2 kg — même chien, très actif185 kcal47–51 g[6]
2,5 kg — haut du poids idéal, entretien189 kcal48–52 g[6]
2,5 kg — haut du poids idéal, chien actif219 kcal56–60 g[6]
3 kg — limite haute du standard, entretien217 kcal55–59 g[6]
3 kg — limite haute du standard, chien actif251 kcal64–68 g[6]
3,5 kg — chien trop lourd, ration de réduction243 kcal62–66 g[6]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[6]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

Avant de vous décider

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

Sur cette race, utilisez-les pour vous poser une question inhabituelle : êtes-vous prêt à traiter ce chien comme un chien ?

Aucune race ne s’achète autant sur une photo et ne s’éduque aussi peu. Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui l’ont sorti, socialisé et à qui ils ont demandé des choses dès le premier mois.

Ce qu’il faut vérifier

  • le poids des parents, qui doit se situer dans la fourchette du standard
  • le crâne du chiot : une fontanelle largement ouverte n’est pas un gage de type, c’est un défaut éliminatoire
  • l’absence de robe merle dans la lignée
  • le tempérament de la mère : curieuse et posée, ni craintive ni tendue
  • le moment de la cession : huit semaines révolues au minimum, et grande prudence devant tout chiot annoncé « teacup » ou « micro »

Une mise en garde particulière s’impose ici. Les chiots vendus sous les appellations « teacup », « micro » ou « mini » ne relèvent d’aucune catégorie officielle, et le standard disqualifie les chiens de moins d’un kilo. Ces chiots, souvent issus de sélections sur la petitesse extrême, cumulent les problèmes : hypoglycémie, fragilité osseuse, difficultés de mise bas dans la lignée.

Les trois apprentissages qui comptent

  • la marche au sol, dès le premier jour et tous les jours
  • la manipulation : ouvrir la gueule, toucher les pattes, brosser les dents — trois gestes qu’il subira toute sa vie et qui s’apprennent en quelques secondes par jour chez un chiot
  • la rencontre avec d’autres chiens, calmes et de tailles variées, entre huit et seize semaines

Les dents de lait

Entre cinq et sept mois, faites contrôler la denture. Une dent de lait qui ne tombe pas se retire, et le moment le plus logique est celui de la stérilisation, pour éviter une seconde anesthésie.

  1. 2–3 mois

    Faites-le marcher au sol dès le premier jour. Un chiot porté en permanence n'apprend jamais à rencontrer le monde.

  2. 4–7 mois

    Habituez-le à ce qu'on lui ouvre la gueule et qu'on lui touche les pattes : deux gestes qu'il subira toute sa vie.

  3. 5–7 mois

    Contrôle de la denture : les dents de lait qui ne tombent pas se retirent, souvent lors de la stérilisation.

  4. 8–18 mois

    Adulte. Le poids se surveille au gramme près, sur une balance de cuisine plutôt que sur celle du cabinet.

Variantes de race

Une seule race, déclinée en deux variétés de poil. Le texte officiel n’ouvre aucune autre variété.

Les deux variétés officielles

  • Le chihuahua à poil court : poil bien couché, brillant, de texture douce.
  • Le chihuahua à poil long : poil fin et soyeux, lisse ou légèrement ondulé, avec franges et panache.

Elles se jugent séparément en exposition mais relèvent du même texte, du même poids et du même caractère.

Les appellations sans existence officielle

  • Le chihuahua « teacup », « micro » ou « toy » : aucune de ces catégories n’existe. Le standard disqualifie les chiens de moins d’un kilo, ce qui vise exactement ces chiens.
  • Le chihuahua merle : exclu par le standard, et défaut éliminatoire.
  • Le chihuahua « tête de cerf » ou type cervidé : le standard le classe explicitement parmi les défauts éliminatoires. Ce n’est pas une variété, c’est un défaut.
  • Le chihuahua « XL » : au-delà de 3 kg, le chien est disqualifié.

Ses proches

Deux races de très petite taille se confondent parfois avec lui :

  • le spitz nain, plus fourni, à queue enroulée sur le dos ;
  • le papillon, plus haut sur pattes, aux oreilles frangées caractéristiques.

Prix et budget

Ordres de grandeur indicatifs, que l’élevage fait beaucoup varier.

Comptez 1 000 à 2 000 € pour un chiot inscrit au LOF. Deux pratiques dominent ce marché et appellent une mise en garde :

  • les chiots vendus plus cher parce qu’ils sont plus petits, alors que le standard disqualifie en dessous d’un kilo ;
  • les robes merle, écartées par le standard et pourtant valorisées commercialement.

Dans les deux cas, le supplément achète l’inverse de ce qu’il promet.

Ce qui pèse le plus dans son budget relève de la bouche. Comptez le retrait éventuel des dents de lait persistantes, puis des détartrages sous anesthésie, souvent plusieurs fois dans la vie du chien. Un brossage régulier repousse l’échéance mais ne la supprime pas toujours.

Bonne nouvelle sur le reste : l’alimentation d’un chien de deux kilos coûte peu, les antiparasitaires sont dosés au poids, et la cotisation d’assurance reste modeste. Le budget annuel d’un chihuahua est l’un des plus bas de toutes les races.

Sur l’assurance, trois points à regarder :

  • la présence éventuelle d’un forfait prévention prenant en charge une partie des soins dentaires
  • la garantie accident et chirurgie, décisive sur une race où le traumatisme arrive au troisième rang des causes de mortalité
  • l’absence d’exclusion sur les affections cardiaques, première cause de mortalité

En cumulé : de l’ordre de 2 200 à 4 200 € la première année, chiot compris, puis 830 à 1 780 € par an.


Nouvelle publication scientifique ou refonte du standard : cette page est reprise en conséquence. Un point vous semble erroné ? Faites-le nous savoir, nous datons et diffusons nos rectifications.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF1 000 € – 2 000 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan150 € – 250 €une fois
Stérilisation ou castration180 € – 400 €une fois
Extraction des dents de lait persistantes150 € – 350 €une fois
Alimentation120 € – 250 €par an
Vaccins et visite annuelle90 € – 150 €par an
Antiparasitaires (dosage très petit chien)70 € – 130 €par an
Détartrage, en moyenne lissée sur la vie45 € – 95 €par an
Assurance santé250 € – 550 €par an
Réserve pour les imprévus vétérinaires300 € – 700 €par an
Première année
2 355 € – 4 875 €
Les années suivantes
875 € – 1 875 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Combien doit peser un chihuahua ?

Le standard est l'un des plus stricts de toute la nomenclature sur ce point : le poids doit se situer entre 1 et 3 kg, avec un idéal entre 1,5 et 2,5 kg. En dessous d'un kilo comme au-dessus de trois, le chien est disqualifié. Or les mesures relevées en clientèle vétérinaire britannique donnent un poids médian adulte de 3,4 kg — autrement dit, le chihuahua moyen que l'on croise dépasse déjà le seuil de disqualification. C'est un point de vigilance concret pour un chien dont les genoux et les dents sont les faiblesses.

Le chihuahua est-il agressif ?

Les données rapportent un comportement d'agression chez 4,2 % des chihuahuas suivis en clientèle, avec un écart entre mâles (4,9 %) et femelles (3,5 %). Ce n'est pas un chiffre extravagant, mais il mérite une explication plutôt qu'un jugement. Le standard décrit un chien « vif, vigilant, remuant et très courageux » : c'est un tempérament affirmé dans un corps minuscule. Quand ce chien est porté en permanence, jamais socialisé et jamais éduqué parce qu'il est petit, ce courage se transforme en méfiance. La quasi-totalité des problèmes de comportement de la race vient de là.

Combien de temps vit un chihuahua ?

L'analyse de 11 647 chihuahuas suivis en clientèle vétérinaire donne un âge médian au décès de 8,2 ans. Mais ce chiffre global masque un écart considérable entre les sexes : 10,2 ans chez les femelles contre 6,9 ans chez les mâles. Les causes de décès les plus fréquentes sont les maladies cardiaques (18,8 %), les troubles respiratoires bas (16,3 %) et les traumatismes (13,8 %).

Faut-il s'inquiéter de la molera, cette fontanelle ouverte ?

C'est l'une des idées reçues les plus tenaces sur cette race, et le standard tranche dans l'autre sens. Beaucoup de sources présentent la molera — la fontanelle du crâne restée ouverte — comme une caractéristique normale du chihuahua. Le texte FCI de 2019 la classe explicitement parmi les défauts éliminatoires : « persistance de la fontanelle ». Autrement dit, un crâne qui ne se referme pas n'est pas un signe de pureté de la race, c'est un défaut qui exclut le chien.

Quelles couleurs de chihuahua sont admises ?

Presque toutes. Le standard admet « toutes les couleurs dans toutes les nuances et combinaisons possibles » — une ouverture rare. Une seule exception, et elle est absolue : la couleur merle est exclue, et elle figure parmi les défauts éliminatoires. Un chihuahua merle, quel que soit son prix, n'est pas conforme à sa race.

Le chihuahua a-t-il besoin de sortir ?

Oui, et c'est le point sur lequel cette race est le plus mal servie. Trente à quarante-cinq minutes de marche au sol par jour lui font autant de bien qu'à n'importe quel chien : cela entretient ses muscles, ses articulations, sa confiance et son équilibre. Un chihuahua transporté en sac ne rencontre jamais d'autres chiens, ne découvre jamais de nouveaux sols et ne fatigue jamais. Ce n'est pas un service qu'on lui rend.

Quelle est la différence entre un chihuahua à poil court et à poil long ?

Uniquement le poil. Le standard décrit deux variétés d'une même race, jugées séparément : le poil court, « bien couché sur tout le corps, brillant et de texture douce », et le poil long, « fin et soyeux, lisse ou légèrement ondulé », avec des franges aux oreilles et un panache à la queue. Même taille, même poids, même caractère. Le choix est esthétique, et l'entretien du poil long se limite à un brossage régulier des franges.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 218 — Chihuahua — Fédération Cynologique Internationale — 4 septembre 2019 — standard
  2. [2]Demography and commonly recorded clinical conditions of Chihuahuas under primary veterinary care in the UK in 2016 — BMC Veterinary Research — Pegram C. et al. (11 647 chiens, VetCompass) — 2020 — étude académique
  3. [3]The epidemiology of patellar luxation in dogs attending primary-care veterinary practices in England — Canine Genetics and Epidemiology — O'Neill D. G. et al. (n = 210 824) — 2016 — étude académique
  4. [4]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  5. [5]Top 20 des chiens préférés des Français en 2024 — Société Centrale Canine — janvier 2025 — registre généalogique officiel
  6. [6]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  7. [7]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 31 août 2026

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