
Spitz nain
Le spitz nain n'est pas une race. C'est la plus petite des cinq tailles du spitz allemand, tous décrits par le même standard. Comprendre ça, c'est comprendre pourquoi les « teacup » et les « mini » vendus plus cher sont exactement ce qu'il ne faut pas acheter.
Au programme : les cinq variétés du standard FCI n° 97 révisé en 2024, ce que dit la recherche sur la rotule et la trachée des petits chiens, la vérité sur la coupe « ours en peluche », les rations calculées et le budget.
Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 28 août 202612 min de lecture
Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainementL'essentiel
Pour qui ?
Un foyer casanier, pas forcément sportif
Trente minutes par jour suffisent, et il vit très bien en appartement. Il convient mal à une maison avec des enfants en bas âge : deux kilos se blessent vite.
Combien d'activité ?
Jusqu'à 30 minutes, et beaucoup de jeu
C'est le chien le moins exigeant de nos fiches côté dépense physique. En revanche il s'ennuie vite et le dit — en aboyant.
Quoi surveiller ?
La rotule, la trachée, les dents
Trois fragilités classiques des chiens de petite taille. La bonne nouvelle : le surpoids est le facteur sur lequel vous avez le plus de prise.
Tableau d'identité
| Critère | Mâle | Femelle | Source |
|---|---|---|---|
| Espérance de vie | 12–16 ans | [3] | |
| Prix d'un chiot | 1 200–2 200 € | ||
| Activité quotidienne | 20 min à 30 min | [3] | |
| Pays d’origine | Allemagne | [1] | |
| Fonction historique | Chien de garde et de compagnie | [1] | |
| Type de poil | Double : poil de couverture long, droit et écarté, sur un sous-poil court, épais et ouaté | [1] | |
| Tempérament selon le standard | Toujours attentif, vif, extraordinairement attaché à son maître, ni peureux ni agressif | ||
| Taille au garrot | 18–24 cmLe standard indique 21 cm ± 3 cm, sans distinction de sexe. | 18–24 cmLe standard indique 21 cm ± 3 cm, sans distinction de sexe. | [1] |
| Poids | 1,4–3,2 kgLe standard demande seulement un poids correspondant à la taille. | 1,4–3,2 kgLe standard demande seulement un poids correspondant à la taille. | [6] |
| Groupe FCI | 5 · section 4 | [1] | |
Standard FCI n° 97, publié le 3 septembre 2024 — relevé le 28 août 2026.Consulter le standard
Origines et histoire
Commençons par la phrase qui décide de tout le reste : le spitz nain n’est pas une race. C’est l’une des cinq tailles d’une seule et même race, le spitz allemand, décrite par un unique standard, le n° 97 de la Fédération Cynologique Internationale.
Ce standard, révisé le 3 septembre 2024, ne fait aucune distinction de caractère, de poil ou de morphologie entre les cinq tailles. Le spitz-loup de 49 cm et le spitz nain de 21 cm sont, à la lettre du texte, le même chien à deux échelles.
L’ancienneté de la famille est revendiquée sans détour par la FCI : les spitz allemands descendraient du chien des tourbières préhistorique, ce qui en ferait « la race la plus ancienne de l’Europe centrale ». Ils ont servi de gardiens de ferme, de chiens de bateliers sur les canaux, de compagnons d’artisans. La fonction officielle inscrite au standard reste d’ailleurs celle-là : chien de garde et de compagnie.
C’est important, parce que ça explique un trait qu’on attribue à tort au caprice : le spitz signale. Il ne monte pas la garde, il annonce. Un chien de deux kilos qui aboie à la sonnette n’est pas un chien mal élevé, c’est un chien qui fait ce pour quoi ses ancêtres ont été gardés.
Le mot poméranien vient de la Poméranie, cette région de la Baltique où les spitz les plus petits ont été sélectionnés. L’appellation s’est imposée dans le monde anglo-saxon, quand la France a conservé « spitz nain ». Deux noms, un seul chien.
Combien en naît-il en France
Le Livre des origines ne distingue pas les cinq variétés : il enregistre l’ensemble sous l’intitulé spitz allemand. En 2025, cela représente 2 666 chiens, contre 3 013 l’année précédente — un recul de 11,5 %.
Ce repli dépasse celui de son groupe, qui cède déjà 9,1 % sur l’année, de 18 020 à 16 375 inscriptions.
Les trois races qui l’entourent dans son groupe, en nombre de naissances 2025 :
- husky de Sibérie : 2 756, après 3 244 ;
- spitz allemand, toutes variétés confondues : 2 666, après 3 013 ;
- shiba : 2 429, après 2 552 ;
- eurasier : 2 375, seul du quatuor à progresser.
Le spitz reste donc l’une des trois premières races de son groupe en France, mais la vague qui l’a porté ces dix dernières années retombe visiblement. Pour un acheteur, c’est plutôt une bonne nouvelle : moins de tension sur la demande, c’est moins d’élevages improvisés — et davantage de latitude pour choisir sur les critères qui comptent plutôt que sur la disponibilité.
Morphologie et particularités physiques
Les cinq tailles
Le standard chiffre la taille au garrot variété par variété, toujours sous la forme d’une valeur centrale assortie d’une tolérance :
- Spitz-loup / keeshond — 49 cm ± 6 cm, uniquement gris-loup
- Grand spitz allemand — 45 cm ± 5 cm, blanc, noir ou marron
- Spitz moyen allemand — 35 cm ± 5 cm, toutes couleurs admises
- Petit spitz allemand — 27 cm ± 3 cm, toutes couleurs admises
- Spitz nain / poméranien — 21 cm ± 3 cm, toutes couleurs admises
Le spitz nain mesure donc entre 18 et 24 cm au garrot. En dessous, on sort du standard — cette phrase reviendra plusieurs fois dans cette fiche.
Le poids : ce que le standard dit vraiment
Rien de chiffré. Le texte se contente d’exiger un poids « correspondant à la taille ». Les 1,4 à 3,2 kg indiqués dans notre tableau proviennent du barème par race de l’American Kennel Club, une donnée de club canin.
Cette absence n’est pas un oubli : elle traduit une logique où c’est la proportion qui compte, pas la performance à la balance. Un spitz nain n’a pas à être le plus léger possible.
Le poil, sujet numéro un
Le standard décrit un poil double : un poil de couverture « long, droit, écarté » posé sur un sous-poil « ferme, court, épais et ouaté ». Tête, oreilles et bas des membres restent en poil court et dense ; le reste du corps porte la fourrure abondante qui fait la silhouette de la race.
Ce que ce système implique, dans les deux sens :
- il isole du chaud comme du froid, à condition de rester intact
- il perd beaucoup, deux fois par an surtout, et le sous-poil s’en va par plaques
- il ne se tond pas — la section entretien explique pourquoi c’est une erreur coûteuse
Deux défauts éliminatoires à connaître avant d’acheter
Le standard en liste plusieurs, mais deux méritent l’attention d’un acheteur :
- la persistance de la fontanelle, c’est-à-dire un crâne qui ne se referme pas complètement. C’est le marqueur classique de la sur-miniaturisation ;
- les oreilles dressées partiellement, signe d’un chiot dont la structure n’est pas conforme.
S’y ajoutent l’entropion et l’ectropion, deux anomalies de paupières également éliminatoires.

Comportement et caractère
Le standard tient en trois phrases, et elles sont exactes : « Toujours attentif, vif et extraordinairement attaché à son maître. Très réceptif et facile à éduquer. N’est ni peureux ni agressif. »
Il est plus intelligent qu’on ne le croit
« Très réceptif et facile à éduquer » n’est pas une formule de politesse. Le spitz apprend vite, retient bien, adore travailler pour une récompense. Beaucoup de spitz nains mal élevés le sont parce que personne n’a pris la peine de les éduquer — un petit chien qui saute, tire ou grogne fait rire là où un grand chien inquiète.
Il annonce
C’est le trait le plus discuté de la race, et il faut le prendre pour ce qu’il est : la trace de sa fonction de gardien. Le spitz vous prévient qu’il se passe quelque chose. Le problème n’est pas l’aboiement en soi, c’est ce qui vient après.
Un aboiement qui obtient quelque chose — une caresse, un regard, une porte qui s’ouvre — se répète. Un aboiement qu’on ignore et qu’on redirige vers un comportement alternatif s’éteint. La différence se joue dans les six premiers mois, et elle décide de vos rapports avec vos voisins pour dix ans.
Il s’attache énormément
« Extraordinairement attaché à son maître », dit le texte. Cela se traduit par un chien qui suit, qui s’installe contre vous, qui supporte mal les absences. Sur un petit chien qu’on emporte facilement partout, on sous-estime la préparation à la solitude : elle se travaille comme chez n’importe quel autre chien.
Il n’est pas fragile psychologiquement
Le standard le dit : « ni peureux ni agressif ». Un spitz nain qui tremble, grogne ou mord n’est pas un spitz typique, c’est un chien mal socialisé — souvent parce qu’on l’a porté au lieu de le laisser marcher et rencontrer le monde à sa hauteur.
Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants
Avec les enfants. C’est la vraie limite de la race, et elle est physique, pas caractérielle. Un chien de deux kilos se fracture d’une chute, d’un enfant qui trébuche, d’un canapé un peu haut. Le risque n’est pas la morsure, c’est la blessure — et un chien qui a eu mal devient un chien qui craint. À partir de huit ou neuf ans, quand l’enfant comprend qu’il manipule un être fragile, la cohabitation se passe très bien.
Avec les autres chiens. Sociable, curieux, joueur — mais sans conscience de sa taille. Un spitz qui aboie sur un labrador ne mesure pas le rapport de force. Deux règles :
- ne jamais le porter pour « le protéger » d’un chien qui approche : ça renforce sa méfiance et l’excite davantage
- éviter les parcs à chiens bondés, où une bousculade sans intention peut le blesser
Avec les autres animaux. Aucune difficulté particulière avec un chat, avec lequel il partage souvent le gabarit et les habitudes. Les rongeurs et oiseaux en liberté demandent la surveillance qu’ils demandent avec tout chien.
Avec les inconnus. Il annonce, puis il fait connaissance. La réserve initiale est normale ; la panique ne l’est pas.
Environnement idéal
C’est le premier chien de nos fiches qui coche vraiment la case appartement, sans condition ni astérisque.
Ce qui lui convient :
- un appartement, même petit — trente minutes de sortie quotidienne suffisent à sa dépense physique
- une présence humaine régulière, à laquelle il tient plus qu’à l’espace
- des sols non glissants, ou au moins des tapis aux endroits de passage : un parquet ciré est un piège pour des rotules fragiles
- un accès à un endroit frais l’été, sa fourrure double supportant mal la chaleur immobile
Ce qui pose problème :
- les voisins proches, si l’aboiement n’a pas été travaillé
- les canapés et lits hauts sans rampe ni marche, première cause de chute
- la chaleur : un spitz en plein soleil en juillet surchauffe vite
- les longues journées de solitude, malgré sa petite taille
Un mot sur la ville : le spitz nain y est parfaitement à sa place, à condition de le faire marcher plutôt que de le transporter. Un chien porté ne rencontre rien, ne sent rien et ne s’habitue à rien.
Activité physique et sorties
Jusqu’à trente minutes par jour selon le Royal Kennel Club, qui classe la race dans sa catégorie la moins exigeante. C’est un chiffre qui tranche avec les autres fiches de ce site, et c’est un vrai argument pour beaucoup de foyers.
Mais trente minutes de dépense physique ne veulent pas dire trente minutes d’occupation.
Ce qui lui fait du bien
- deux sorties courtes plutôt qu’une longue, ce qui correspond mieux à son rythme
- des jeux de recherche dans l’appartement : une croquette cachée occupe un spitz plus efficacement qu’un tour de pâté de maisons
- des séances d’apprentissage de cinq minutes, qu’il adore et où il excelle
- des rencontres canines choisies, avec des chiens de gabarit compatible
Ce qu’il faut éviter
- les sauts répétés depuis les meubles, particulièrement mauvais pour les rotules
- le collier, à remplacer par un harnais — nous y revenons dans la section santé
- les longues randonnées avant l’âge adulte, et les grosses chaleurs à tout âge
- le porter systématiquement, qui empêche toute socialisation réelle
Santé et prédispositions
Bonne nouvelle d’abord : c’est une race qui vit longtemps. Le Royal Kennel Club retient « plus de douze ans ». C’est mieux que le repère toutes races confondues — 12,5 ans, selon les 584 734 chiens suivis par l’étude parue dans Scientific Reports en 2024. Les problèmes du spitz nain ne raccourcissent pas sa vie ; ils en abîment le confort.
La rotule
C’est le classique des chiens de petite taille. La luxation de la rotule survient quand cet os glisse hors de sa gorge à chaque flexion, ce qui provoque une boiterie intermittente très caractéristique : le chien lève une patte arrière pendant quelques foulées, puis repart normalement.
Une étude VetCompass publiée en 2016, portant sur 751 cas relevés en médecine générale en Angleterre, situe la prévalence globale à 1,30 % dans la population canine et identifie onze races à risque accru, dont le poméranien. Deux enseignements pratiques en découlent :
- les auteurs relèvent un risque plus élevé chez les chiens stérilisés et chez ceux dont le poids est inférieur à la moyenne de leur race — autrement dit, la sur-miniaturisation ne protège de rien ;
- sur les 751 cas, 39 % ont été traités médicalement et 13,2 % opérés : toutes les luxations ne finissent pas au bloc.
Le dépistage est simple et gratuit : c’est une palpation que votre vétérinaire fait dès les visites de vaccination.
La trachée
C’est l’autre fragilité, et celle sur laquelle vous pouvez le plus agir. Le collapsus trachéal correspond à un affaissement des anneaux cartilagineux de la trachée, qui se traduit par une toux sèche caractéristique, souvent comparée à un cri d’oie, déclenchée par l’excitation, l’effort ou la traction sur le cou.
Une étude publiée en 2024 dans Frontiers in Veterinary Science, portant sur 110 chiens de petite race atteints, place le poméranien en deuxième position des races représentées, avec 22,7 % des cas — juste derrière le bichon maltais.
Deux chiffres de cette étude méritent d’être encadrés :
- l’âge moyen au diagnostic était de 11,4 ans, et 91,8 % des chiens avaient plus de 8 ans : c’est une maladie du chien qui vieillit, pas du chiot ;
- 97,2 % de ces chiens étaient au-dessus de leur poids de forme, et les auteurs associent un état corporel plus élevé à une sévérité plus grande.
D’où deux gestes qui ne coûtent rien :
- le harnais plutôt que le collier, définitivement. Chaque traction sur un cou de deux kilos écrase une trachée déjà fragile.
- le maintien du poids. Sur cette race, la gamelle est le principal outil de prévention respiratoire.
Les dents
Des dents de taille normale dans une mâchoire miniature, ça se chevauche, ça retient la plaque, et ça se déchausse tôt. La maladie parodontale est le problème le plus banal et le plus sous-traité des petits chiens. Un brossage régulier retarde de plusieurs années le premier détartrage sous anesthésie — une intervention qui n’est jamais anodine chez un chien de deux kilos.
Les défauts de conformation
Le Royal Kennel Club classe le poméranien en catégorie 2 de son programme Breed Watch, ce qui signifie que des points de vigilance liés à la conformation ont été identifiés pour la race. Ce classement n’a pas d’équivalent français, mais il constitue un bon indicateur pour un acheteur.
Et rappelons le défaut éliminatoire déjà cité : la persistance de la fontanelle. Un chiot dont le crâne n’est pas refermé n’est pas une curiosité mignonne, c’est un chien fragile toute sa vie.
| Affection | Fréquence | Dépistage | Source |
|---|---|---|---|
| Luxation de la rotule | Parmi les onze races à risque accru en AngleterreIdentifiées sur 751 cas | Palpation vétérinaire dès les visites de chiot, puis à chaque bilan annuel | [4] |
| Collapsus trachéal | Deuxième race la plus représentée : 22,7 % des casSur une cohorte de 110 chiens | Radiographie ou fluoroscopie en cas de toux sèche chronique | [5] |
| Surpoids | 97,2 % au-dessus de l'état corporel normalRelevé sur cette même cohorte | Pesée mensuelle et note d'état corporel | [5] |
| Maladie parodontale | Dents serrées dans une petite mâchoire : tartre et déchaussements précoces | Contrôle dentaire à chaque visite annuelle | [3] |
| Persistance de la fontanelle | Défaut éliminatoire au standard, associé aux chiens sur-miniaturisés | Palpation du crâne chez le chiot | [1] |
| Entropion et ectropion | Défauts éliminatoires au standard | Examen ophtalmologique BVA/KC/ISDS | [3] |
Entretien et hygiène
C’est le poste de travail principal de cette race, et celui qui surprend les acheteurs.
- Brossage : deux à trois fois par semaine en temps ordinaire, tous les jours pendant les mues. Il faut atteindre le sous-poil, sinon des nœuds se forment à la racine sans que rien ne se voie en surface.
- Zones sensibles : derrière les oreilles, sous les aisselles, à la culotte et autour du collier du harnais.
- Bain : toutes les six à huit semaines environ, avec un séchage complet — un sous-poil laissé humide macère et irrite la peau.
- Yeux : nettoyage doux des coulées, et consultation dès qu’un œil reste mi-clos.
- Dents : c’est ici que se joue sa santé à long terme. Brossage plusieurs fois par semaine, dès le plus jeune âge.
- Griffes : elles ne s’usent pas chez un chien qui marche peu sur du dur. Toutes les trois semaines.
- Toilettage professionnel : un passage tous les deux à trois mois pour l’entretien des pieds, du contour de l’anus et des nœuds profonds.
La coupe « ours en peluche » : à éviter
C’est la demande la plus fréquente en salon sur cette race, et c’est une mauvaise idée. Tondre un poil double revient à supprimer un isolant qui protège autant de la chaleur que du froid. Deux conséquences bien connues des toiletteurs :
- la repousse peut être irrégulière, cotonneuse, voire absente sur certaines zones ;
- la peau, brutalement exposée, devient sensible au soleil et aux irritations.
Pour alléger un spitz en été, on retire le sous-poil mort au peigne et à la carde. On ne raccourcit pas la couverture.
Alimentation et ration
Un chien de deux kilos mange peu, et c’est précisément le problème : quelques grammes en trop représentent chez lui ce que cent grammes représentent chez un labrador. Une friandise de la taille d’un ongle peut peser 10 % de sa ration quotidienne.
Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.
Quatre points spécifiques :
- Pesez, ne dosez pas à l’œil. À cette échelle, une balance de cuisine est plus utile qu’un verre doseur. L’écart entre une ration correcte et une ration excessive tient à une quinzaine de grammes.
- Comptez les friandises dans la ration. Sur un chien qui mange 50 g par jour, trois biscuits d’éducation changent tout.
- Le surpoids est une affaire respiratoire. C’est la conclusion la plus directe de l’étude sur le collapsus trachéal : maintenir le poids de forme, c’est protéger la trachée.
- Croquettes de petite taille, adaptées à une mâchoire miniature, et de préférence à texture abrasive pour limiter le tartre.
Le contrôle se fait uniquement au toucher : la fourrure masque entièrement la silhouette, et un spitz visiblement rond sous le poil est déjà nettement au-dessus de son poids. Cherchez les côtes du bout des doigts, sans appuyer.
| Profil | Besoin quotidien | Ration | Source |
|---|---|---|---|
| 1,8 kg — stérilisé, activité modérée | 148 kcal | 37–41 g | [8] |
| 1,8 kg — actif | 171 kcal | 43–47 g | [8] |
| 2,3 kg — stérilisé, activité modérée | 177 kcal | 45–49 g | [8] |
| 2,3 kg — actif | 205 kcal | 52–56 g | [8] |
| 2,8 kg — stérilisé, activité modérée | 206 kcal | 52–56 g | [8] |
| 2,8 kg — actif | 238 kcal | 61–65 g | [8] |
| 3,2 kg — actif ou jeune adulte | 263 kcal | 67–71 g | [8] |
Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[8]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.
Le chiot
Avant de réserver
Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.
Sur une race achetée aussi souvent sur un coup de cœur devant une photo, cette semaine est la meilleure protection dont vous disposez.
Ce qu’il faut vérifier
Sur cette race, les points de contrôle sont différents de ceux d’un grand chien :
- la taille annoncée des parents. Un éleveur qui promet « encore plus petit que la mère » sélectionne dans la mauvaise direction.
- le crâne du chiot. Demandez que la fontanelle ait été vérifiée — c’est un défaut éliminatoire au standard.
- l’examen ophtalmologique des reproducteurs, entropion et ectropion étant eux aussi éliminatoires.
- les rotules des parents, palpées et notées par un vétérinaire.
- l’âge de cession : jamais avant huit semaines, et sur un chien aussi petit, beaucoup d’éleveurs sérieux gardent leurs chiots jusqu’à dix ou douze semaines.
Une mise en garde sur les prix
Le spitz nain est l’une des races où l’écart de prix entre élevages est le plus grand, et où l’argument de la miniaturisation sert le plus souvent à le justifier. Un chiot annoncé « teacup », « micro » ou « poupée » ne vaut pas plus cher : il vaut moins, parce qu’il sort du standard et cumule les risques.
Les premiers mois
Trois choses se jouent tôt et se rattrapent mal :
- la sécurité domestique. Rampes ou marches devant le canapé, tapis sur les sols glissants, vigilance sur les portes. La plupart des accidents de chiot spitz arrivent à l’intérieur.
- l’aboiement. Il s’installe dans les premiers mois selon qu’il obtient ou non un résultat.
- la marche. Un chiot qu’on porte ne rencontre rien. Il doit poser les pattes, croiser des gens, des chiens, des bruits.
Et une surprise à connaître : entre quatre et huit mois environ, le poil de chiot tombe et laisse un chien étrangement dégarni. Les éleveurs appellent ça la période ingrate. Ça repousse.
- 2–3 mois
Il tient dans une main et se blesse d'une chute de canapé. On sécurise la maison avant de sécuriser la rue.
- 4–6 mois
Le poil de chiot tombe et laisse un chien pelé pendant des semaines. C'est normal, ça repousse.
- 7–12 mois
L'aboiement s'installe s'il paie. C'est l'âge où se joue la tranquillité des dix prochaines années.
- 12–24 mois
La fourrure adulte se met en place. Premier contrôle dentaire sérieux et bilan de la rotule.
Variantes de race
Cette section est, pour cette race, la plus importante de la fiche — parce que la confusion sur les variétés est le premier levier commercial des vendeurs peu scrupuleux.
Les cinq variétés officielles
Elles relèvent toutes du standard FCI n° 97, avec le même caractère et le même type de poil. Seules changent la taille et, pour deux d’entre elles, la palette de couleurs :
| Variété | Taille au garrot | Couleurs admises |
|---|---|---|
| Spitz-loup / keeshond | 49 cm ± 6 cm | gris-loup uniquement |
| Grand spitz allemand | 45 cm ± 5 cm | blanc, noir, marron |
| Spitz moyen allemand | 35 cm ± 5 cm | toutes couleurs du standard |
| Petit spitz allemand | 27 cm ± 3 cm | toutes couleurs du standard |
| Spitz nain / poméranien | 21 cm ± 3 cm | toutes couleurs du standard |
Ce qui n’existe pas
- Le spitz « teacup », « micro », « toy » ou « poupée ». Aucune de ces mentions ne figure dans la nomenclature FCI. En dessous de 18 cm, on est hors standard, et le texte sanctionne explicitement la fragilité crânienne qui accompagne souvent cette sur-sélection.
- Le « spitz nain croisé » présenté comme un spitz. Faute d’inscription à un livre des origines, l’appellation « de race » lui est juridiquement interdite.
- Les couleurs « rares » facturées plus cher. Le standard admet déjà une large palette pour les variétés moyenne, petite et naine : blanc, noir, marron, orange, gris ombré et autres couleurs. Une teinte n’est pas un argument de prix.
À ne pas confondre
Le spitz japonais, le spitz finlandais et l’eurasier appartiennent au même groupe FCI et partagent la silhouette générale. Ce sont des races distinctes, avec leurs propres standards et leurs propres tempéraments.
Prix et budget
Ce qui suit est à prendre comme des fourchettes indicatives.
Le spitz nain illustre bien un malentendu répandu : un petit chien ne coûte pas peu cher. Il mange trois fois rien, mais tout le reste ne diminue pas dans les mêmes proportions.
Trois postes à anticiper :
- Le toilettage. Entre 180 et 420 € par an si vous passez en salon tous les deux à trois mois. C’est le poste que la plupart des acheteurs oublient totalement.
- Les soins dentaires. Un détartrage sous anesthésie, entre 150 et 350 €, revient tous les un à trois ans chez un chien dont on ne brosse pas les dents. Chez un chien dont on les brosse, il peut ne jamais revenir.
- Le prix d’achat lui-même, particulièrement volatil sur cette race. Entre 1 200 et 2 200 € pour un chiot inscrit au LOF issu de parents contrôlés — et méfiance envers tout ce qui dépasse nettement cette fourchette au nom de la petitesse ou de la couleur.
Côté assurance, deux clauses méritent d’être vérifiées avant de signer : la prise en charge des soins dentaires, souvent exclue ou plafonnée, et le traitement des affections héréditaires, qui concernent directement la rotule.
Comptez au total de l’ordre de 2 400 à 4 200 € la première année, achat compris, puis 950 à 1 900 € par an.
Cette fiche est revue à chaque évolution du standard allemand et à chaque publication utile sur la santé des chiens de petite taille. Un chiffre vous semble erroné ? Écrivez-nous : toute rectification est horodatée et reste lisible.
| Poste | Fourchette | Périodicité |
|---|---|---|
| Chiot inscrit au LOF | 1 200 € – 2 200 € | une fois |
| Identification, primo-vaccination, premier bilan | 130 € – 220 € | une fois |
| Stérilisation ou castration | 180 € – 380 € | une fois |
| Harnais, matériel de toilettage | 80 € – 180 € | une fois |
| Alimentation | 140 € – 280 € | par an |
| Vaccins et visite annuelle | 70 € – 120 € | par an |
| Antiparasitaires (dosage petit chien) | 70 € – 130 € | par an |
| Toilettage professionnel | 180 € – 420 € | par an |
| Détartrage sous anesthésie, en moyenne lissée | 75 € – 175 € | par an |
| Assurance santé | 200 € – 420 € | par an |
| Réserve pour les imprévus vétérinaires | 250 € – 450 € | par an |
- Première année
- 2 575 € – 4 975 €
- Les années suivantes
- 985 € – 1 995 €
Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.
Questions fréquentes
Le spitz nain et le poméranien, est-ce le même chien ?
Oui, exactement le même. Le standard FCI n° 97 nomme cette variété « spitz nain / poméranien » : ce sont deux appellations pour un seul et même chien. Le mot poméranien vient de la Poméranie, région d'origine des spitz les plus petits, et il s'est imposé dans les pays anglo-saxons pendant que la France gardait « spitz nain ».
Existe-t-il des spitz « teacup », « mini » ou « micro » ?
Non, aucune de ces appellations n'existe dans la nomenclature FCI. La plus petite taille reconnue est le spitz nain, à 21 cm au garrot avec une tolérance de 3 cm. En dessous, on entre dans la sur-miniaturisation, que le standard combat explicitement : la persistance de la fontanelle — le crâne qui ne se referme pas — figure noir sur blanc parmi les défauts éliminatoires. Un chiot vendu plus cher parce qu'il sera « encore plus petit » est un mauvais achat, pas une rareté.
Combien d'exercice faut-il à un spitz nain ?
Le Royal Kennel Club le range dans sa catégorie la plus modeste : jusqu'à trente minutes par jour. C'est peu, et c'est ce qui en fait un excellent chien d'appartement. Attention toutefois : peu d'exercice ne signifie pas peu d'attention. Un spitz qui s'ennuie aboie, et l'aboiement est le premier motif de conflit de voisinage avec cette race.
Faut-il tondre un spitz nain en été ?
Non, jamais. Son poil est double : une couverture longue et droite sur un sous-poil épais et ouaté, et cet ensemble isole aussi bien du chaud que du froid. La tonte — souvent demandée pour obtenir la coupe dite « ours en peluche » — expose la peau et provoque parfois une repousse irrégulière ou absente. Pour l'alléger, on retire le sous-poil mort au peigne, on ne coupe pas.
Le spitz nain aboie-t-il beaucoup ?
Il a de la voix, et le standard l'explique : c'est une race sélectionnée comme chien de garde et de compagnie, « toujours attentif ». Il signale. Ce n'est un problème que si l'aboiement paie — s'il obtient une attention, une caresse ou l'ouverture d'une porte. Travaillé dès les premiers mois, il reste un chien qui annonce, pas un chien qui hurle.
Un spitz nain convient-il à une famille avec de jeunes enfants ?
C'est le point de vigilance principal. Un chien de deux kilos se blesse d'une chute, d'un enfant qui trébuche, d'une porte mal refermée. Le risque n'est pas qu'il morde, c'est qu'il se casse quelque chose — et qu'un chien qui a eu mal devienne craintif. Avec des enfants de plus de huit ans qui ont compris la fragilité de l'animal, tout se passe généralement bien.
Pourquoi mon spitz nain tousse-t-il en tirant sur sa laisse ?
C'est le signal d'alerte de la trachée. Le collapsus trachéal touche particulièrement les petites races : dans une cohorte de 110 chiens atteints, le poméranien représentait 22,7 % des cas. Deux réflexes s'imposent : passer définitivement au harnais plutôt qu'au collier, et faire examiner le chien si la toux sèche persiste. Le facteur le plus aggravant reste le surpoids — 97,2 % des chiens de cette cohorte étaient au-dessus de leur poids de forme.
Sources
- [1]Standard FCI n° 97 — Spitz allemand — Fédération Cynologique Internationale — 3 septembre 2024 — standard
- [2]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
- [3]Pomeranian — santé, programmes de dépistage, Breed Watch — The Royal Kennel Club — club canin national
- [4]The epidemiology of patellar luxation in dogs attending primary-care veterinary practices in England — Canine Genetics and Epidemiology — O'Neill D. G. et al., VetCompass (751 cas) — 2016 — étude académique
- [5]A retrospective study of tracheal collapse in small-breed dogs — Frontiers in Veterinary Science — Kim M.-R. et al. (n = 110) — 2024 — étude académique
- [6]Breed Weight Chart — American Kennel Club — club canin national
- [7]Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death — Scientific Reports — McMillan et al. (n = 584 734) — 2024 — étude académique
- [8]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
- [9]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel
Transparence éditoriale
Yanis M.
Fondateur de Canisfera · auteur
À propos de Yanis →Sarah Decellas
ASV · relecture du 28 août 2026
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