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Chow-chow adulte, debout, de profil

Chow-chow

Deux mille ans d'histoire chinoise et une silhouette que personne ne confond avec une autre. Son standard le décrit comme un chien « d'aspect léonin, au port digne et fier », calme, indépendant, « fidèle, mais distant » — quatre mots qui résument mieux la race que n'importe quel portrait. Quant à la fameuse langue bleu-noir, le texte officiel est plus nuancé qu'on ne le croit : il indique que « les lèvres, le palais et la langue d'une couleur noire solide, et une langue d'un bleu noir sont **préférables** ». Une préférence, donc, et non une obligation — première surprise d'une race qui en réserve plusieurs.

Au programme : le standard FCI n° 205, ce qu'il dit vraiment de la langue bleue et de cette démarche unique en pendule, les deux variétés de poil, le risque de paupière chiffré sur une étude de 2,25 millions de chiens, le glaucome et pourquoi il constitue une urgence, les 532 inscriptions au LOF en 2025 et le recul de 23 % qui va avec, les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 1er septembre 202614 min de lecture

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Poids adulte25–32 kg (mâle) (indicatif)
Espérance de vie10 à 12 ans (indicatif)
Prix d'un chiot1 200–2 000 € (indicatif)
Budget annuel1 440–2 980 €

L'essentiel

Pour qui ?

Quelqu'un qui aime les chiens réservés

Calme, digne, attaché aux siens et fermé aux autres. Il ne cherche ni l'approbation ni la compagnie du premier venu.

Combien d'activité ?

Trois quarts d'heure à une heure

Des besoins modestes, à condition d'éviter la chaleur. Ce chien marche, il ne court pas.

Quoi surveiller ?

Les yeux, avant tout le reste

Deuxième race la plus exposée aux anomalies de paupière. Un œil rouge et douloureux est une urgence, pas une conjonctivite.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie10–12 ans
Prix d'un chiot1 200–2 000 €
Activité quotidienne45 min à 1 h
Pays d’origineChine[1]
Fonction historiqueChien de garde et de compagnie[1]
Type de poilDeux variétés : poil long très abondant et droit, ou poil court dense et pelucheux[1]
Tempérament selon le standardChien calme, bon gardien, indépendant, fidèle, mais distant
Taille au garrot48–56 cm46–51 cm[1]
Poids25–32 kgLe standard ne chiffre que la hauteur au garrot.20–27 kgLe standard ne chiffre que la hauteur au garrot.
couleursRobe unicolore : noire, rouge, bleue, fauve, crème ou blanche[1]
Groupe FCI5 · section 5[1]

Standard FCI n° 205, publié le 13 octobre 2010 — relevé le 1er septembre 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

Le standard situe l’origine en Chine, où le chow-chow a servi de gardien et de chasseur depuis plus de deux mille ans. Le texte le rattache aux spitz nordiques, tout en lui reconnaissant des traits de mastiff — un croisement de familles qui explique cette silhouette impossible à ranger dans une case.

L’arrivée en Occident est tardive et rapide :

  • la race ne parvient en Europe qu’après 1800 ;
  • l’Angleterre la découvre réellement au XXᵉ siècle, sa consécration publique passant par Crufts en 1925.

La FCI la classe aujourd’hui en groupe 5, section 5 — spitz asiatiques et races apparentées, avec pour utilisation « chien de garde et de compagnie ». Rien dans ce parcours ne le destine au sport ou au travail de troupeau : c’est un chien de présence, et son texte l’assume.

Sa place en France

Aucune autre race du groupe 5 n’affiche un chiffre 2025 aussi mauvais.

  • 532 chiens inscrits au LOF en 2025, contre 695 en 2024 : − 23 %.
  • Sur les mêmes douze mois, le groupe 5 dans son ensemble cède 9 %, tombant de 18 020 inscriptions à 16 375.
  • Le reste du groupe encaisse mieux : le spitz allemand abandonne 12 points et compte 2 666 chiens, le shiba 5 points pour 2 429, le samoyède 7 points pour 1 274. Quant à l’eurasier, il gagne 3 % avec 2 375 inscriptions.

En deux ans, la race a donc perdu près d’un quart de ses naissances inscrites. La conséquence est concrète pour un acheteur : moins de portées, moins de choix, et un vivier de reproducteurs qui se resserre. Dans une race où l’examen des yeux des parents devrait décider de l’achat, c’est un point à ne pas négliger. Le Chow-Chow Club français est le club affilié en France.

Morphologie et particularités physiques

Élément du standardCe que dit le texte
Aspect général« Chien actif, compact, au rein court, d’aspect léonin, au port digne et fier »
Taille au garrot, mâle48 à 56 cm
Taille au garrot, femelle46 à 51 cm
PoidsAucune valeur n’est donnée
Langue, lèvres, palaisNoirs de préférence, la langue idéalement bleu-noir
YeuxFoncés, ovales, de grandeur moyenne et nets
AlluresPas courts, postérieurs qui effleurent le sol, « action de pendule vus de profil »
RobeUnicolore : noire, rouge, bleue, fauve, crème ou blanche

Trois points appellent un commentaire.

La langue est une préférence, pas une loi. Le texte écrit que les muqueuses noires et la langue bleu-noir « sont préférables », et la liste des défauts qui excluent de la race ne mentionne aucune pigmentation. Un chiot dont la langue garde des zones roses reste conforme, contrairement à ce qu’affirment beaucoup d’annonces.

Les yeux sont décrits, et c’est important. Le standard les veut « foncés, ovales, de grandeur moyenne et nets ». Ce dernier adjectif n’est pas décoratif dans une race qui cumule les problèmes de paupière : un œil net est un œil sans écoulement, sans plissement et sans paupière retournée. C’est la première chose à regarder chez un chiot.

La démarche est prescrite. Peu de standards décrivent une allure aussi précisément : pas courts, postérieurs qui rasent le sol, et cette « action de pendule » que l’on voit de profil. Elle découle d’un arrière-train très peu angulé, presque droit, et elle limite mécaniquement l’amplitude du chien. Autrement dit, la lenteur du chow-chow n’est pas de la paresse, c’est de l’anatomie.

Comportement et caractère

Quatre mots du standard suffisent, et ils sont d’une honnêteté rare : « indépendant, fidèle, mais distant ». Ajoutez-y « chien calme, bon gardien », et le portrait est complet.

Ce que cela produit dans une maison :

  • une dignité permanente. Ce chien ne quémande pas, ne saute pas sur les gens, ne fait pas la fête. Il vous accueille en se levant, éventuellement ;
  • un attachement sélectif. Il choisit une ou deux personnes et leur reste fidèle ; le reste du monde relève de la politesse ;
  • une garde discrète. Il signale, il se place, il n’insiste pas. La dissuasion vient de l’allure et du regard, pas du bruit ;
  • une indépendance réelle. Il n’attend pas d’ordre, ne travaille pas pour plaire, et évalue chaque demande avant d’y répondre.

Le point à comprendre avant d’adopter tient en une phrase : la distance est un trait de race, la peur n’en est pas un. Le standard écarte de la race le chien peureux au même titre que le chien agressif. Un chow-chow qui recule, qui se raidit ou qui grogne face à un inconnu n’exprime pas son tempérament : il exprime un défaut de socialisation, et cela se prévient entre deux et quatre mois.

Côté méthode, deux choses ne marchent pas : la contrainte, qui referme un chien de ce type sans retour possible, et la répétition mécanique, qui l’ennuie visiblement. Ce qui marche : de la constance, des règles peu nombreuses posées tôt, et le respect de sa réserve.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les enfants de la maison, il est en général tolérant et posé, mais il n’est pas un chien de jeu. Il supporte, il ne participe pas. La règle à poser dès le début vaut dans le sens qu’on n’attend pas : ce sont les enfants qui apprennent à le laisser tranquille, notamment lorsqu’il dort ou qu’il mange.

Avec les visiteurs, attendez-vous à de l’indifférence plutôt qu’à de l’accueil. Prévenez-les : on ne se penche pas sur ce chien, on ne lui tend pas la main, on l’ignore. Il viendra ou il ne viendra pas, et les deux sont normaux.

Avec les autres chiens, la sociabilité dépend entièrement des sorties de jeunesse. Un point mérite d’être connu : sa gestuelle est difficile à lire pour ses congénères — queue enroulée sur le dos, oreilles petites et dressées, face plissée, démarche raide. Beaucoup de malentendus canins viennent de là plutôt que d’une mauvaise intention.

Chats et petits animaux partagent son toit sans difficulté quand la présentation date de ses premiers mois.

Environnement idéal

  • La vie en appartement ne pose pas de problème, dès lors que les sorties ont réellement lieu. Il dort beaucoup, ne détruit rien et ne réclame pas d’espace.
  • La chaleur est sa vraie limite. Fourrure épaisse, sous-poil dense, museau court et large : c’est la combinaison la moins favorable qui soit face à un été de plaine.
  • Le froid, en revanche, ne lui fait rien — il apprécie même de se coucher sur du frais.
  • Un endroit à lui, où il peut se retirer sans être dérangé. Ce chien a besoin de solitude choisie.
  • Un foyer calme. Il tolère l’agitation, il ne s’y épanouit pas.

Activité physique et sorties

Quarante-cinq à soixante minutes quotidiennes, en promenade tranquille. Le standard lui-même explique pourquoi : avec des pas courts et un arrière-train peu angulé, ce chien n’a ni le rendement ni l’envie d’un marcheur d’endurance.

Ce qui lui convient :

  • deux sorties quotidiennes calmes, avec du temps pour observer et sentir ;
  • des trajets courts mais variés, plus stimulants pour lui que la distance ;
  • des jeux d’occupation à la maison, qu’il pratique sans excitation.

Ce qu’il faut proscrire :

  • la course, le vélo et la randonnée longue, incompatibles avec sa construction ;
  • toute sortie aux heures chaudes entre juin et septembre — c’est le point de vigilance numéro un de cette race ;
  • l’effort soutenu chez un chien qui prend du poids, situation fréquente puisque ses besoins sont modestes.

Un chow-chow qui refuse d’avancer au bout de vingt minutes n’est pas têtu par principe. Vérifiez d’abord la température, puis ses pattes, puis ses yeux.

Santé et prédispositions

Cette race a un chapitre médical dominant, et il concerne les yeux. Le reste vient loin derrière.

Les paupières, avec le chiffre qui va avec

Une étude britannique publiée en 2025 a examiné les anomalies conformationnelles des paupières sur 2 250 417 chiens suivis en clientèle. La prévalence annuelle, toutes races confondues, s’établit à 0,36 %. Le classement par race donne ceci :

RaceFacteur de risque, anomalie de paupière
Shar-peï107,38
Chow-chow60,05 (intervalle 48,06–75,01)
Mastiff napolitain58,70

Le chow-chow est donc la deuxième race la plus exposée de toutes, derrière le seul shar-peï. Pour l’entropion pris isolément, son facteur de risque atteint 53,46.

Deux chiffres complètent le tableau et le rendent concret. Sur les 3 029 cas recensés dans l’étude, l’entropion représente 90,86 % des anomalies, et 18,20 % des chiens atteints ont dû être opérés.

Rappelons ce que l’entropion signifie : la paupière se retourne vers l’œil et les cils viennent balayer la cornée sans arrêt. C’est douloureux, cela s’aggrave, et cela finit par altérer la cornée. Les signes sont visibles pour peu qu’on les cherche — un œil qui pleure, un chien qui cligne ou qui garde une paupière mi-close.

Ce que cela impose avant l’achat : regardez les yeux du chiot, et regardez ceux de ses deux parents. Ils doivent être « nets », pour reprendre le mot du standard.

Le glaucome

Le chow-chow figure parmi les races citées comme prédisposées au glaucome primaire par fermeture de l’angle, aux côtés de l’american cocker spaniel, du basset hound et du boston terrier. Le mécanisme tient à une malformation de l’angle par lequel l’œil évacue son liquide.

Trois éléments à connaître :

  1. Les seuils. La pression intraoculaire normale plafonne vers 20 à 28 mmHg ; au-delà de 40 à 50 mmHg, le traitement relève de l’urgence.
  2. Le second œil. Dans la forme primaire, la maladie commence en général d’un côté, mais « le second œil finira par être atteint ».
  3. Le pronostic. Même traité, le glaucome reste évolutif, et la cécité survient dans la plupart des cas.

Les signes qui imposent une consultation le jour même : œil rouge et saillant, cornée voilée d’un blanc laiteux, pupille dilatée, chien qui plisse les paupières, abattement et perte d’appétit. Ce tableau se confond facilement avec une conjonctivite ; il n’en est pas une.

La chaleur

Fourrure très dense et sous-poil épais dans les deux variétés, museau court et large par-dessus le marché. Cette combinaison fait de l’été le moment le plus risqué de l’année pour un chow-chow.

En pratique, de juin à septembre : on sort au lever du jour et après le coucher du soleil, avec une zone ombragée disponible sans interruption, eau renouvelée, et vigilance sur les trajets en voiture. La tonte n’est pas la solution — cette fourrure isole aussi bien de la chaleur que du froid, et un chien tondu s’expose davantage.

Le poids

Le standard ne chiffre aucun poids, et les besoins énergétiques de ce chien sont modestes. La combinaison est classique et mène droit au surpoids, lequel aggrave tout le reste : la démarche déjà contrainte, la tolérance à la chaleur, et la charge sur des articulations peu angulées. Pesée trimestrielle, palpation mensuelle.

AffectionFréquenceDépistageSource
Anomalies de paupière60 fois plus de risque : deuxième race de toutesSur 2 250 417 chiens, le chow-chow n'est devancé que par le shar-peï. Pour l'entropion seul, le facteur atteint 53,5Examiner les paupières du chiot et des deux parents avant tout engagement[4]
Glaucome primaireRace citée parmi les prédisposéesAvec l'american cocker spaniel, le basset hound et le boston terrier, pour le glaucome primaire par fermeture de l'angleMesure de la pression oculaire lors des visites, et vigilance sur le second œil après un premier épisode[5]
Intolérance à la chaleurUn poil très abondant, doublé d'un sous-poil épaisCette isolation, associée à un museau court et large, rend l'été difficileOmbre et eau permanentes, sorties tôt et tard de juin à septembre, jamais de tonte[1]
Dysplasie du coudePremière des soixante races étudiéesL'analyse porte sur 275 129 lectures officielles de coudes réalisées entre 1970 et 2015. Le chow-chow devance le rottweiler, le bouvier bernois, le terre-neuve et le berger allemandExiger la lecture officielle des coudes, et pas seulement celle des hanches[7]
Myotonie congénitaleTransmission récessive, visible dès les premiers pas du chiotLe muscle reste contracté après l'arrêt du mouvement. Démarche raide, sauts de lapin de l'arrière-main, muscles anormalement développés. Les signes s'aggravent au repos et par temps froid, et s'estompent à l'effortÉlectromyogramme devant une raideur qui s'aggrave au froid[8]
Dysmyélinisation du chiotTremblement dès les premiers pas, absent pendant le sommeilLa gaine des fibres nerveuses se forme mal. Le chow-chow fait partie des deux races qui récupèrent presque complètement en grandissant, avec le braque de WeimarExamen neurologique ; ne pas confondre avec une hypoglycémie[9]
Pemphigus foliacéLe chow-chow et l'akita sont les deux races les plus touchéesMaladie auto-immune de la peau apparaissant vers six ans en médiane : croûtes symétriques sur le chanfrein, le pourtour des yeux et les oreilles, coussinets qui craquellentCytologie puis biopsie avant tout traitement antibiotique prolongé[10]

Entretien et hygiène

Cette fourrure demande de la régularité, et davantage de temps qu’on ne l’imagine.

  • Poil long : trois séances hebdomadaires, brosse à picots puis peigne large, mèche après mèche jusqu’à la peau. La crinière et la culotte réclament le plus d’attention.
  • Poil court : deux passages hebdomadaires suffisent, mais le sous-poil reste aussi fourni.
  • Mues : deux fois l’an, sur une quinzaine de jours, le sous-poil part par paquets entiers. Le brossage devient quotidien et le râteau à sous-poil indispensable.
  • Yeux : chaque jour, un regard sur le bord des paupières et sur l’aspect du globe. C’est le geste d’entretien le plus important de cette race, et il prend dix secondes.
  • Plis de la face : nettoyage régulier des replis autour du museau, qui retiennent l’humidité.
  • Oreilles : petites et bien dressées, donc correctement ventilées ; contrôle mensuel.
  • Griffes : un raccourcissement toutes les trois semaines, ce chien marchant trop peu pour les user.
  • Toilettage professionnel : utile deux à trois fois par an, notamment pendant les mues.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Deux points à retenir ici :

  • Le coefficient 95 sera la norme, pas l’exception. Ce chien se dépense peu par construction, et la ligne « activité soutenue » du tableau ne concernera qu’une minorité de chow-chows.
  • La fourrure dissimule la ligne du corps. Toutes les races à poil dense tendent ce piège : le chien s’alourdit sans que cela se voie. Fiez-vous à la main sur les côtes et à la balance, jamais à l’œil.
ProfilBesoin quotidienRationSource
20,6 kg — femelle légère, entretien919 kcal240–244 g[11]
24,7 kg — femelle adulte, entretien1053 kcal275–279 g[11]
24,7 kg — même chienne, sorties longues1219 kcal319–323 g[11]
27,9 kg — mâle adulte, entretien1153 kcal301–305 g[11]
27,9 kg — même chien, activité soutenue1335 kcal349–353 g[11]
30,2 kg — mâle massif, entretien1224 kcal320–324 g[11]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[11]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

Dans cette race plus que dans toute autre, l’achat se joue sur un examen que vous pouvez faire vous-même en trente secondes.

Regardez les yeux. Ceux du chiot, et surtout ceux de ses deux parents. Ils doivent être ouverts, secs, sans écoulement, sans rougeur, et la paupière doit épouser le globe sans s’enrouler. Un parent qui plisse un œil, ou qui présente une trace humide permanente sous l’œil, est une information que vous ne devez pas ignorer.

Le reste du dossier :

  • l’historique oculaire des portées précédentes, et notamment les chirurgies de paupière éventuelles ;
  • le pedigree sur trois générations, dans une race dont les effectifs français ont chuté d’un quart en un an ;
  • les radiographies officielles des hanches des reproducteurs ;
  • la certitude de pouvoir rencontrer la mère sur son lieu de vie.

Deux habitudes à installer dès les premières semaines : la manipulation de la tête et du contour des yeux, parce que vous aurez à les examiner pendant douze ans, et les sorties variées entre deux et quatre mois, décisives dans une race que son standard décrit comme distante.

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

  1. 2–4 mois

    Fenêtre décisive dans une race distante par nature. Chaque semaine sans rencontres nouvelles se paiera en réserve excessive à l'âge adulte.

  2. 3–8 mois

    Surveillance oculaire rapprochée. Un œil qui pleure, qui cligne ou que le chiot garde mi-clos se montre au vétérinaire sans attendre.

  3. 4–10 mois

    Habituation au brossage et au maniement de la tête. Un chow-chow adulte qui refuse qu'on lui touche les yeux complique tout le suivi.

  4. 10–18 mois

    Poil adulte et caractère qui se pose. Les règles de la maison se tiennent sans dureté : ce chien se ferme si on le force.

Variantes de race

Le chow-chow compte deux variétés officielles, séparées par le seul poil.

Poil longPoil court
Description au standardTrès abondant, dense, droitAbondant, dense, droit, pelucheux
SilhouetteCrinière marquée, aspect léoninContour plus net, effet velours
Sous-poilÉpaisÉpais
BrossageTrois fois par semaineDeux fois par semaine
Perte de poilImportanteImportante

Le malentendu le plus fréquent porte sur la seconde : le poil court n’est pas un poil ras. Le standard le décrit comme « pelucheux », c’est-à-dire court mais dressé et dense, et il repose sur le même sous-poil épais. Un chow-chow à poil court perd autant de poils qu’un chow-chow à poil long, avec des poils simplement plus courts.

Côté couleurs, le standard admet six robes, toutes unicolores : noire, rouge, bleue, fauve, crème et blanche. Le texte précise seulement que la teinte peut s’éclaircir sur la queue et les franges — mais la robe ne doit pas être bicolore ni panachée.

Deux appellations à écarter : le « chow-chow miniature », qui ne correspond à rien dans une race dont le standard fixe une hauteur minimale, et le « chow-chow panda », nom donné à des chiens teints pour ressembler à un panda. Ce n’est ni une variété ni une race : c’est une coloration cosmétique.

Prix et budget

Chiffres indicatifs. Deux lignes distinguent ce budget de celui d’un autre chien de vingt-huit kilos.

Le suivi ophtalmologique et sa réserve chirurgicale, 180 à 520 € par an. C’est la ligne la plus spécifique de la race, et elle découle directement des chiffres : deuxième race la plus exposée aux anomalies de paupière, près d’un cas sur cinq opéré, et un risque de glaucome qui impose une surveillance à vie. Le bilan de référence en début de vie, 90 à 180 €, appartient à la même logique.

L’entretien du poil, 200 à 480 € par an. Deux mues massives, un sous-poil épais dans les deux variétés, et deux ou trois passages annuels chez un toiletteur pour les périodes les plus lourdes.

Le reste est celui d’un chien moyen calme : l’alimentation reste modérée puisque ses besoins le sont, les soins courants n’ont rien de particulier, et les cotisations d’assurance se situent dans la moyenne. C’est bien sur les yeux, et sur eux seuls, que ce budget se joue.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF1 200 € – 2 000 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan150 € – 250 €une fois
Bilan ophtalmologique de référence90 € – 180 €une fois
Stérilisation ou castration280 € – 550 €une fois
Alimentation440 € – 760 €par an
Vaccins et visite annuelle100 € – 180 €par an
Antiparasitaires120 € – 220 €par an
Entretien du poil et toilettage200 € – 480 €par an
Suivi ophtalmologique et réserve chirurgicale oculaire180 € – 520 €par an
Assurance santé et réserve pour imprévus400 € – 820 €par an
Première année
3 160 € – 5 960 €
Les années suivantes
1 440 € – 2 980 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Pourquoi le chow-chow a-t-il la langue bleue ?

Parce que la muqueuse de sa bouche est pigmentée, comme peuvent l'être la truffe ou le bord des paupières chez d'autres races. Le point que la plupart des articles manquent tient à ce que le standard demande exactement : « les lèvres, le palais et la langue d'une couleur noire solide, et une langue d'un bleu noir sont préférables ». Le mot compte. Il s'agit d'une préférence, pas d'une exigence absolue, et le texte ne range d'ailleurs aucun défaut de pigmentation linguale parmi les motifs d'exclusion de la race — lesquels se limitent au chien agressif ou peureux et aux anomalies physiques ou comportementales évidentes. Un chiot dont la langue conserve des zones roses n'est donc pas hors race, contrairement à ce qu'on entend souvent chez les vendeurs.

Quel est le vrai problème de santé de cette race ?

Les yeux, et l'écart avec les autres races est spectaculaire. Une étude britannique portant sur 2 250 417 chiens classe le chow-chow au deuxième rang de toutes les races pour le risque d'anomalie conformationnelle des paupières, avec un facteur de 60,05 par rapport à la moyenne canine (intervalle de confiance 48,06 à 75,01). Seul le shar-peï fait pire. Pour l'entropion pris isolément, le facteur atteint 53,46. Dans cette même étude, l'entropion représente 90,86 % des cas recensés et 18,20 % des chiens atteints ont dû être opérés. Concrètement, l'entropion signifie que la paupière s'enroule vers l'intérieur et que les cils frottent la cornée en permanence — c'est douloureux, cela s'aggrave, et cela finit par abîmer la cornée.

Le glaucome, faut-il s'en inquiéter ?

Il faut surtout savoir le reconnaître. Le chow-chow figure parmi les races citées comme prédisposées au glaucome primaire par fermeture de l'angle, avec l'american cocker spaniel, le basset hound et le boston terrier. Deux données rendent le sujet urgent. D'abord les seuils : la pression intraoculaire normale plafonne vers 20 à 28 mmHg, et au-delà de 40 à 50 mmHg un traitement d'urgence s'impose. Ensuite l'évolution : dans le glaucome primaire, « le second œil finira par être atteint », et malgré le traitement la cécité survient dans la plupart des cas. Les signes à connaître par cœur : œil rouge et saillant, cornée voilée d'un blanc laiteux, pupille dilatée, chien qui plisse les paupières et perd l'appétit. Ce n'est pas une conjonctivite, et cela ne s'observe pas jusqu'à demain.

Pourquoi marche-t-il comme ça ?

Parce que son standard le demande, et c'est un cas rare. Le texte décrit des « pas relativement courts », des postérieurs qui « ne sont pas levés haut et semblent effleurer le sol », et surtout « une action de pendule vus de profil ». Cette démarche raide et courte tient à un arrière-train très peu angulé — le membre postérieur travaille presque droit, ce qui réduit mécaniquement l'amplitude du pas. La conséquence pratique est simple et vaut d'être dite : ce chien n'est pas fait pour courir, pour suivre un vélo ou pour randonner longtemps. Il marche, dignement, et il faut adapter les attentes plutôt que de forcer.

Poil long ou poil court : quelle différence ?

Deux variétés de la même race, distinguées uniquement par la fourrure. Le poil long est décrit comme « très abondant, dense, droit », avec la crinière qui fait la silhouette léonine du chow-chow. Le poil court est « abondant, dense, droit, pelucheux » — notez le mot : il ne s'agit pas d'un poil ras comme celui d'un braque, mais d'une fourrure courte et dressée, en velours. Ne vous attendez donc pas à un chien qui perd moins : les deux variétés partagent un sous-poil épais et muent massivement deux fois par an. La différence porte sur le temps de brossage, pas sur la quantité de poils dans le salon.

Est-ce un chien affectueux ?

Avec les siens, oui ; avec le reste du monde, non — et c'est écrit au standard : « indépendant, fidèle, mais distant ». Cette formule décrit un chien qui choisit une ou deux personnes, leur reste très attaché, et considère les autres avec une politesse minimale. Il ne fête pas les visiteurs, ne cherche pas l'approbation, ne travaille pas pour plaire. Deux conséquences. D'abord, la socialisation entre deux et quatre mois n'est pas facultative : c'est elle qui fait la différence entre un chien réservé, ce qui est normal, et un chien méfiant, ce qui ne l'est pas — le standard écarte d'ailleurs la peur au même titre que l'agressivité. Ensuite, l'éducation ne passe ni par la contrainte ni par la répétition : un chow-chow qu'on force se ferme, et il ne se rouvre pas facilement.

Combien de chow-chows en France ?

532 chiens inscrits au Livre des origines en 2025, contre 695 en 2024 : un recul de 23 %, le plus marqué de tout son groupe. Le groupe 5, celui des spitz et chiens primitifs, ne cède que 9 points sur les mêmes douze mois, tombant de 18 020 inscriptions à 16 375. Autour de lui, les autres races du groupe résistent bien mieux : 2 666 spitz allemands après un repli de 12 points, 2 429 shibas après 5 points, 1 274 samoyèdes après 7 points, et un eurasier qui progresse de 3 % avec 2 375 chiens. Une chute de cette ampleur réduit vite le vivier de reproducteurs français : le pedigree sur trois générations et l'origine des parents deviennent des critères de premier plan. La race relève en France du Chow-Chow Club français.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 205 — Chow Chow — Fédération Cynologique Internationale — 13 octobre 2010 — standard
  2. [2]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  3. [3]Chow-chow — fiche de race et club affilié — Société Centrale Canine — fédération canine nationale
  4. [4]Conformational eyelid disorders in dogs under primary veterinary care in the UK — epidemiology and clinical management (2 250 417 chiens) — PLOS ONE — O'Neill D. G. et al., Royal Veterinary College — 2025 — étude académique
  5. [5]Primary angle-closure glaucoma with goniodysgenesis in a Beagle dog — races prédisposées au glaucome primaire — BMC Veterinary Research — 2019 — étude académique
  6. [6]Glaucoma — Riney Canine Health Center, Cornell University College of Veterinary Medicine — école vétérinaire
  7. [7]Long-term genetic selection reduced prevalence of hip and elbow dysplasia in 60 dog breeds — PLOS ONE — Oberbauer A. M., Keller G. G., Famula T. R. — 2017 — étude académique
  8. [8]Myotonia Congenita in Dogs and Cats — MSD Veterinary Manual — référentiel vétérinaire
  9. [9]Myelin Disorders in Animals — Merck Veterinary Manual — référentiel vétérinaire
  10. [10]Canine skin autoimmune diseases — Riney Canine Health Center, Cornell University College of Veterinary Medicine — centre vétérinaire universitaire
  11. [11]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  12. [12]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 1er septembre 2026

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