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Canisfera
Shih tzu adulte, debout, de profil

Shih tzu

Le standard lui prête « une face qui ressemble à un chrysanthème » — le poil du museau pousse en éventail autour du nez, et l'image est restée. Derrière cette allure de chien d'appartement se cache une surprise que peu de gens attendent : sur 11 082 shih tzus suivis en clientèle vétérinaire britannique, la longévité médiane atteint 12,7 ans et la santé générale de la race est jugée comparable à celle de l'ensemble des chiens. Pour un museau court, c'est une exception.

Au programme : le standard FCI n° 208 et les quatre lignes qui, si on les fait respecter, changent la vie du chien ; ce que la recherche de Cambridge dit vraiment de sa respiration ; pourquoi ses yeux sont le point de vigilance numéro un ; la dysplasie rénale juvénile et le test qui n'existe pas ; les rations calculées et le budget.

Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 1er septembre 202614 min de lecture

Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainement
Poids adulte4,5–8 kg[1]
Espérance de vie12,7 ans en médiane[2]
Prix d'un chiot1 000–1 800 € (indicatif)
Budget annuel1 265–2 615 €

L'essentiel

Pour qui ?

La compagnie rapprochée

Un chien de présence, amical mais qui garde son quant-à-soi. Il demande peu d'espace et beaucoup de temps de brossage.

Combien d'activité ?

Trente à quarante-cinq minutes

Des besoins modestes, à répartir aux heures fraîches. Le museau court limite l'effort par forte chaleur.

Quoi surveiller ?

Les yeux d'abord, les dents ensuite

Sa cornée est quatre fois plus souvent ulcérée que la moyenne. Et le parodonte est son premier motif de consultation.

Tableau d'identité

CritèreMâleFemelleSource
Espérance de vie11–15 ans[2]
Prix d'un chiot1 000–1 800 €
Activité quotidienne30 min à 45 min
Pays d’origineTibet (Chine), développé en Chine impériale[1]
Fonction historiqueChien d'agrément et de compagnie[1]
Type de poilLong et dense, non bouclé, sous-poil modéré, légère ondulation admise[1]
Tempérament selon le standardIntelligent, actif et éveillé ; amical et indépendant
Taille au garrot27–27 cmPlafond unique, sans minimum ni distinction de sexe.27–27 cmPlafond unique, sans minimum ni distinction de sexe.[1]
Poids4,5–8 kgPoids idéal 4,5 à 7,5 kg au standard ; moyenne mesurée en clientèle 8,5 kg.4,5–8 kgPoids idéal 4,5 à 7,5 kg au standard ; moyenne mesurée en clientèle 7,3 kg.[1]
formeTeteLarge et ronde, museau carré et court, chanfrein plat garni de poils[1]
Groupe FCI9 · section 5[1]

Standard FCI n° 208, publié le 9 octobre 2017 — relevé le 1er septembre 2026.Consulter le standard

Origines et histoire

Le shih tzu vient du Tibet, mais il s’est fait en Chine impériale. Le standard sépare nettement les deux : l’origine est tibétaine, le développement chinois, et le patronage officiel de la race revient aujourd’hui à la Grande-Bretagne — trois pays pour un seul chien, ce qui est rare.

La chronologie occidentale est courte et bien datée :

  • après 1912, les premiers chiens quittent la Chine ;
  • 1931, première inscription britannique ;
  • 1934, reconnaissance comme race distincte ;
  • 1940, ouverture d’un livre des origines ;
  • 1949, entrée en concours.

Autrement dit, le shih tzu que vous croisez en France descend d’un très petit nombre de chiens arrivés en Europe en une vingtaine d’années. Cette base étroite explique une partie de ce que l’on verra plus bas sur la santé.

Ce que dit sa classification

La FCI le range en groupe 9, section 5 — chiens du Tibet, aux côtés du lhassa apso et du terrier tibétain. Il est classé sans épreuve de travail, et son utilisation officielle tient en cinq mots : « chien d’agrément et de compagnie ».

Peu de races peuvent en dire autant : sa fonction n’a jamais bougé. Le shih tzu n’est pas un chien de travail reconverti : il a été sélectionné pour tenir compagnie, et il le fait depuis des siècles.

Sa place en France

Le Livre des origines français a compté 2 096 shih tzus en 2025, après 2 439 douze mois plus tôt. La race cède 14 % en douze mois, dans un groupe 9 qui n’en perd que 7 : elle baisse deux fois plus vite que l’ensemble des chiens de compagnie.

Trois voisins de groupe pour situer l’échelle : 6 108 cavaliers king charles sur le même exercice, 2 898 chihuahuas, 2 695 bouledogues français. Le shih tzu reste donc une race répandue, mais son reflux est net et régulier.

Morphologie et particularités physiques

Le standard ouvre sur une formule qu’on n’oublie pas : « chien robuste, au poil abondant mais sans exagération, au port altier, dont la face ressemble à un chrysanthème ».

L’image est exacte. Le poil du museau ne pousse pas vers le bas comme chez la plupart des chiens, mais remonte autour de la truffe, en éventail. Ajoutez-y la moustache et la barbe que le texte réclame « bien fournies », et vous obtenez cette face en fleur qui donne son identité à la race.

Les mesures officielles

Standard FCI n° 208
Hauteur au garrot27 cm au maximum
Poids4,5 à 8 kg
Poids idéal4,5 à 7,5 kg
ProportionsLa longueur du corps dépasse la hauteur au garrot

Notez la formulation : le standard ne donne aucune taille minimale, seulement un plafond. Un shih tzu de 20 cm et un shih tzu de 27 cm sont l’un comme l’autre dans le texte.

L’écart entre le texte et les chiens pesés

C’est ici que la comparaison devient instructive. L’analyse de 11 082 shih tzus suivis en clientèle vétérinaire britannique donne des poids moyens de 8,5 kg chez le mâle et 7,3 kg chez la femelle, pour une moyenne générale de 7,9 kg.

Le mâle moyen dépasse donc le plafond de son propre standard. Ce n’est pas un détail cosmétique : le surpoids figure parmi les trois facteurs de risque respiratoire identifiés par les travaux de Cambridge. Chez cette race, les kilos en trop ne pèsent pas seulement sur les articulations, ils pèsent sur la respiration.

Quatre lignes du standard qui protègent le chien

Voici le cœur de cette fiche, et le point que presque personne ne relève. Le standard du shih tzu contient quatre exigences qui ressemblent à des critères d’exposition, et qui sont en réalité des clauses de santé :

Ce que le standard exigeCe que cela protège
« Narines largement ouvertes »La respiration. Le rétrécissement des narines est l’un des trois facteurs de gêne respiratoire identifiés par Cambridge.
Yeux « bien écartés mais pas proéminents »La cornée. Un globe qui avance dans une orbite peu profonde est ce qui l’expose aux ulcères et à la sortie hors de l’orbite.
« Museau […] Il n’est pas ridé »Encore la cornée. Le pli nasal fait frotter des poils sur l’œil et multiplie environ par cinq le risque d’ulcère.
Chanfrein d’environ 2,5 cm de la truffe au stopLa respiration à nouveau. Le texte chiffre une longueur de museau ; il n’autorise pas la face plate.

Retenez cette grille et vous saurez examiner un chiot en trois minutes. Un éleveur qui produit des chiens conformes à ces quatre lignes produit des chiens en meilleure santé — non par vertu, mais parce que le texte le dit.

La robe

Sur ce point, le standard est d’une largeur inhabituelle : « toutes les couleurs sont admises ». Deux détails sont simplement dits « hautement prisés » : la liste blanche sur le front, et le blanc au bout de la queue.

Le poil, lui, est décrit avec précision : « long et dense, mais il n’est pas bouclé », sous-poil modéré et non laineux, légère ondulation tolérée. Le texte ajoute une recommandation qui surprend les non-initiés : « il est fortement recommandé que les poils de la tête soient attachés sans ornement » — la coiffe du shih tzu se noue pour dégager les yeux, pas pour décorer.

Comportement et caractère

Le standard tient en quatre mots : « intelligent, actif et éveillé. Amical et indépendant ». Ces deux derniers termes vont ensemble et méritent qu’on s’y arrête, parce qu’ils décrivent bien mieux la race que sa réputation de chien de canapé.

Il est amical, et c’est sans condition

Le shih tzu ne trie pas les humains. Il accueille, il s’intéresse, il va vers les visiteurs. On ne trouve dans son standard aucune mention de méfiance, de réserve ou de garde — contrairement à la plupart des races de ce site. C’est un chien fait pour être en compagnie, y compris de gens qu’il ne connaît pas.

Il est indépendant, et ça surprend

Voici ce que les acheteurs n’attendent pas. Un chien d’agrément, dans l’imaginaire courant, obéit et suit. Le shih tzu, lui, décide d’une bonne partie de son emploi du temps. Il vient quand il en a envie, s’installe où il veut, et cesse un exercice qui l’ennuie.

Ce n’est pas de la désobéissance, c’est une race qui n’a jamais eu besoin d’exécuter des ordres pour remplir sa fonction. L’éducation fonctionne — à la friandise, en séances courtes, sans confrontation. La contrainte, elle, ne donne rien.

Il est actif à l’intérieur

Le mot « actif » figure au standard, et il compte. Un shih tzu qui ne sort pas beaucoup n’est pas pour autant un chien immobile : il occupe l’appartement, suit les déplacements, joue par courtes séquences. Le confondre avec un chien apathique conduit à un chien qui s’ennuie.

Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants

Avec les autres chiens. La cohabitation est en général simple. On note toutefois une nuance de taille : sept à huit kilos face à un chien de trente kilos qui joue brutalement, le rapport de force est réel, et les accidents de jeu chez les petites races sont rarement bénins. Les rencontres se choisissent, surtout pendant la première année.

Avec les autres animaux. Rien dans la sélection de cette race n’a cultivé la poursuite. Un chat installé au foyer ne pose habituellement aucune difficulté, et la cohabitation avec un lapin ou un rongeur en liberté surveillée est envisageable — ce qui est loin d’être le cas de la plupart des races de ce site.

Avec les enfants. C’est ici qu’il faut être précis, parce que la réponse dépend de l’âge de l’enfant et pas du caractère du chien.

Avec des enfants en âge de comprendre une consigne, le shih tzu est un excellent compagnon : il supporte le bruit, l’agitation et la manipulation, et son standard ne lui prête aucune susceptibilité particulière.

Avec un tout-petit, la vigilance porte sur un point précis et physique : son orbite est peu profonde. La littérature vétérinaire consacrée aux races à face courte souligne qu’une force considérable n’est pas nécessaire pour faire sortir le globe oculaire de son logement. Un choc de jeu, une chute des bras, une main appuyée sur la tête peuvent suffire.

Deux règles suffisent à traiter la question :

  • un refuge inaccessible, panier ou pièce, où l’enfant ne va jamais ;
  • on caresse assis, on ne porte pas. C’est la règle qui évite la chute, et donc l’essentiel du risque.

Environnement idéal

Le shih tzu est l’une des rares races de ce site à convenir sans réserve à un appartement, y compris petit et sans extérieur. Sa taille, son niveau sonore modéré et ses besoins d’exercice limités s’y prêtent naturellement.

Trois points d’attention, tous liés à sa morphologie :

  • La chaleur. Un museau court refroidit mal l’air inspiré. Au-delà de 25 °C, les sorties se décalent tôt le matin et tard le soir, et l’effort se réduit. C’est une contrainte d’été réelle, pas une précaution de principe.
  • Les sols glissants. Un parquet ciré ou un carrelage lisse mettent à l’épreuve des membres courts. Quelques tapis sur les trajets habituels changent le quotidien d’un chien vieillissant.
  • Le chauffage sec. Un chien qui ferme mal les paupières supporte mal l’air asséché ; la surface de son œil se dessèche pendant la nuit. Une pièce trop chauffée aggrave un défaut anatomique déjà présent.

Activité physique et sorties

Son besoin tient dans 30 à 45 minutes, découpées en deux ou trois sorties quotidiennes. Ce sont des besoins modestes, et c’est une des raisons du succès de la race auprès des personnes âgées et des citadins.

Ce qui lui convient

  • La promenade en ville, à son rythme, avec du temps pour renifler.
  • Les jeux courts à l’intérieur : recherche d’une friandise cachée, tapis de fouille, jouets à manipuler.
  • Les sorties fractionnées plutôt qu’une longue marche unique.

Ce qu’il faut écarter

  • La course d’endurance et le vélo. Le museau court plafonne la capacité respiratoire ; ce n’est pas un chien qui accompagne un coureur.
  • L’effort en pleine chaleur, pour la même raison.
  • Les descentes en sautant du canapé ou du lit, chez un chien bas sur pattes et long de corps.

Un signe à connaître : un shih tzu qui s’arrête, s’assoit et respire bruyamment en fin de promenade ne fait pas un caprice. Il dit que l’effort dépasse ce que ses voies respiratoires laissent passer. Cela se raconte au vétérinaire.

Santé et prédispositions

Commençons par ce que la recherche dit de plus surprenant sur cette race.

Un museau court qui n’est pas une catastrophe sanitaire

L’analyse de 11 082 shih tzus suivis en clientèle vétérinaire britannique aboutit à une conclusion inattendue : la santé générale et les tendances de mortalité de la race sont comparables à celles de l’ensemble des chiens. La longévité médiane s’établit à 12,7 ans, avec des valeurs courantes de 8,7 à 14,3 ans et des chiens atteignant près de 20 ans.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Sur les races à face courte, les chiffres sont d’ordinaire mauvais : le bouledogue français plafonne à 9,8 ans de médiane avec un risque de mort précoce doublé. Le shih tzu, lui, tient la moyenne canine générale. Ce n’est pas une race sacrifiée par sa morphologie.

Deux bonnes nouvelles s’y ajoutent, en comparaison des autres races à museau court :

  • l’otite externe touche 4,7 % des shih tzus, contre 7,3 % en moyenne chez les brachycéphales ;
  • l’obésité est enregistrée chez 3,5 % d’entre eux, contre 6,4 % chez ces mêmes races.

Les dents, premier motif de consultation

La maladie parodontale arrive en tête des diagnostics de la race, avec 9,5 % des chiens concernés, et les troubles dentaires tous motifs confondus atteignent 13,3 %. Les auteurs de l’étude insistent explicitement sur le brossage à domicile et les détartrages réguliers.

La raison est mécanique. Le standard décrit des « mâchoires d’égale longueur (bord à bord) ou léger prognathisme inférieur » avec une « bouche large » : la denture d’un chien de taille normale se retrouve implantée sur une mâchoire raccourcie. Les dents se chevauchent, retiennent la plaque, et le tartre s’installe tôt.

Les yeux, le vrai point de vigilance

C’est là que se concentre tout ce qui distingue cette race. Trois chiffres à connaître :

  • L’ulcération de la cornée touche 3,5 % des shih tzus contre 0,77 % chez l’ensemble des chiens : plus de quatre fois plus.
  • L’écoulement oculaire concerne 2,1 % des chiens de la race, contre 0,74 % de l’ensemble.
  • 82 % des shih tzus examinés en ophtalmologie ne ferment pas complètement les paupières, avec un défaut moyen de 15 % de la surface de l’œil.

Ce dernier chiffre explique les deux premiers. Un œil qui ne se ferme jamais tout à fait sèche par endroits, et une cornée sèche s’ulcère. S’y ajoutent, quand la conformation dérive, deux aggravations que le standard interdit pourtant : une fente palpébrale trop longue — une ouverture augmentée de seulement 10 % triple le risque d’ulcère — et le pli nasal, qui fait frotter des poils sur la cornée et multiplie ce risque par environ cinq.

La sortie du globe hors de l’orbite est le scénario le plus spectaculaire. L’orbite du shih tzu étant peu profonde, une force considérable n’est pas nécessaire pour la provoquer. C’est une urgence : vétérinaire dans l’heure, œil maintenu humide avec du sérum physiologique pendant le trajet, et surtout aucune tentative de remise en place soi-même.

La respiration, mesurée pour la première fois

Une étude de l’université de Cambridge parue le 18 février 2026 a examiné 898 chiens de quatorze races à museau court pour établir, race par race, la fréquence du syndrome obstructif des voies respiratoires. Le shih tzu y figure parmi les races à risque modéré, sur 42 chiens examinés — au-dessus du cavalier king charles et du chihuahua, en dessous du pékinois et de l’épagneul japonais, dont plus de huit chiens sur dix sont atteints.

Trois facteurs de conformation ressortent, et ils expliquent ensemble environ 20 % des différences observées :

  1. des narines rétrécies, modérément ou sévèrement ;
  2. un museau proportionnellement plus court par rapport au crâne ;
  3. un état d’embonpoint, à partir d’une note corporelle de 6 sur 9.

Deux de ces trois facteurs sont entre vos mains : le premier au moment de choisir le chiot, le troisième pendant toute la vie du chien.

La dysplasie rénale juvénile, et le test qui n’existe pas

Il s’agit d’une malformation du rein présente dès la naissance, sans rapport avec l’insuffisance rénale du chien âgé. Les formes sévères se manifestent parfois dès huit semaines ; les formes modérées restent silencieuses jusqu’à cinq ou six mois. Les signes sont une soif et des urines excessives, un amaigrissement et une perte d’allant, avant des vomissements et une faiblesse marquée.

La difficulté tient à sa transmission : le club de race américain, qui a financé les travaux de recherche sur la question, décrit une maladie transmise silencieusement par des chiens qui sont ou paraissent cliniquement normaux.

Et voici le point que vous devez emporter : aucun test ADN fiable n’existe à ce jour. Le club l’écrit, la recherche n’ayant abouti qu’à des travaux préliminaires, et seul l’examen du tissu rénal fait référence. Un éleveur qui présente un « certificat ADN dysplasie rénale » vend une garantie que rien ne soutient. Ce qui vaut, en revanche : un éleveur qui connaît la maladie, qui vous dit franchement si ses lignées en ont produit, et qui ne s’oppose pas à un bilan rénal sur le jeune chien.

Le reste du tableau

  • Engorgement des glandes anales : 7,4 % des chiens contre 4,8 % chez l’ensemble des chiens. Sans gravité, mais récurrent.
  • Hernie ombilicale : 3,9 % contre 0,93 %, quatre fois plus, et significativement plus fréquente chez les femelles.
  • Troubles cutanés : premier grand ensemble de diagnostics avec 16,6 % des chiens, davantage chez les mâles.
  • Causes de décès : les trois premières sont à égalité — maladie intestinale, maladie cardiaque, et dégradation de la qualité de vie, chacune près de 10 % des décès documentés.
AffectionFréquenceDépistageSource
Maladie parodontalePremier diagnostic de la race9,5 % des chiens suivis, et 13,3 % de troubles dentaires tous motifs confondusBrossage à domicile, contrôle buccal annuel, détartrage quand il s'impose[2]
Ulcération de la cornée3,5 % des shih tzus, contre 0,77 % des chiensSoit plus de quatre fois plusConsultation en urgence devant tout œil fermé, rouge ou larmoyant[2]
Fermeture incomplète des paupières82 % des chiens examinésAvec un défaut de fermeture de 5 à 35 % de l'œil, 15 % en moyenneExamen ophtalmologique du chiot, larmes artificielles si le vétérinaire les prescrit[4]
Sortie du globe oculaire hors de l'orbiteUrgence chirurgicaleL'orbite peu profonde fait qu'une force considérable n'est pas nécessaire pour la provoquerVétérinaire dans l'heure, œil maintenu humide pendant le trajet[4]
Gêne respiratoire du museau courtRace classée à risque modéré sur 42 chiens examinésTrois facteurs identifiés : narines rétrécies, museau très court, embonpointExamen des narines avant l'achat, poids tenu au plus juste[3]
Engorgement des glandes anales7,4 % des shih tzus contre 4,8 % chez l'ensemble des chiensConsultation dès que le chien se traîne l'arrière-train[2]
Dysplasie rénale juvénileSilencieuse chez des parents cliniquement normauxMalformation du rein présente dès la naissance, avec des signes parfois dès huit semainesAucun test ADN fiable à ce jour selon le club de race américain ; bilan rénal chez le jeune chien[5]

Entretien et hygiène

Voici la vraie charge de travail que représente ce chien, et la raison pour laquelle beaucoup d’acheteurs mal renseignés renoncent en cours de route.

Le poil : choisissez tôt

Deux régimes existent, et l’entre-deux ne fonctionne pas.

  • Le poil long, celui du standard : brossage quotidien, mèche par mèche, jusqu’à la peau. Un peigne métallique en plus de la brosse, sans quoi vous lissez la surface d’un feutre qui s’épaissit dessous.
  • La coupe courte, choisie par la plupart des propriétaires : cinq à huit passages en salon par an, un brossage hebdomadaire entre deux, et un chien plus libre de ses mouvements.

Un poil long entretenu à moitié donne des plaques de feutre qui tirent sur la peau, retiennent l’humidité et finissent en lésion cutanée — le premier grand poste de diagnostics de la race.

La face, tous les jours

Aucune autre race documentée ici ne réclame ce geste-là. Le poil qui remonte autour de la truffe pousse en direction des yeux.

  • Nettoyez le tour de l’œil chaque jour, avec une compresse et du sérum physiologique, dans le sens qui éloigne les poils de la cornée.
  • Dégagez les poils du dessus de la tête, soit par un nœud, soit par une coupe courte. Le standard le recommande explicitement.
  • Séchez le pourtour de la bouche après les repas : la barbe garde l’humidité et l’humidité fait la dermatite.

Les oreilles et les dents

Le pavillon est long, tombant, et si garni de poils qu’il « semble ne faire qu’un avec le poil de l’encolure », dit le standard. Cette masse retient chaleur et humidité : contrôle hebdomadaire, nettoyage sur avis vétérinaire uniquement.

Pour les dents, la fréquence du parodonte dans la race justifie un brossage installé dès le deuxième mois. Un chien de trois mois habitué à ce geste l’acceptera à dix ans ; l’inverse ne se rattrape pas.

Alimentation et ration

Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.

Le tableau descend jusqu’à 9,4 kg, un poids que le standard n’admet pas mais que beaucoup de shih tzus atteignent : cette ligne est une ration de réduction, pas un régime d’entretien.

Trois points propres à cette race

  • Le poids n’est pas qu’une affaire de silhouette. L’embonpoint figure parmi les trois facteurs de gêne respiratoire mesurés à Cambridge. Chez un chien à museau court, chaque kilo superflu se paie en souffle.
  • La forme de la croquette compte. Sur une mâchoire raccourcie où les dents se chevauchent, une croquette trop grosse est avalée sans être mâchée. Un modèle adapté aux petites races à face courte fait une vraie différence sur le tartre.
  • La barbe se salit à chaque repas. Une gamelle étroite et profonde limite les dégâts ; un essuyage après le repas évite la dermatite du menton.
ProfilBesoin quotidienRationSource
5,1 kg — chien léger, bas de la fourchette du standard322 kcal83–87 g[7]
6,3 kg — chien au poids idéal du standard, entretien378 kcal97–101 g[7]
7,3 kg — femelle proche de la moyenne mesurée, entretien422 kcal109–113 g[7]
7,3 kg — même chienne, promenades soutenues489 kcal127–131 g[7]
8,4 kg — mâle proche de la moyenne mesurée, entretien469 kcal121–125 g[7]
8,4 kg — même chien, promenades soutenues543 kcal141–145 g[7]
9,4 kg — chien au-dessus du standard, ration de réduction510 kcal132–136 g[7]

Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[7]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.

Le chiot

L’achat d’un shih tzu se joue sur trois vérifications qu’aucun vendeur ne vous proposera spontanément.

Ce qu’il faut regarder sur le chiot

  1. Les narines. Largement ouvertes, comme l’exige le standard. Deux fentes étroites annoncent une gêne respiratoire à vie.
  2. Les yeux. Ronds et bien écartés, mais pas proéminents. Aucun écoulement, aucune rougeur, un blanc de l’œil non visible.
  3. Le museau. Sans ride ni pli. Un chanfrein plat et net, garni de poils, sur environ deux centimètres et demi.

Les questions qui trient un élevage

  • Des cas de dysplasie rénale dans ses lignées ? La question se pose franchement. Une réponse embarrassée ou un « certificat ADN » brandi en réponse vous renseignent autant qu’un oui.
  • Voir la mère, sa face, ses yeux, sa respiration au repos. Le chiot ressemblera à ses parents davantage qu’à la photo de l’annonce.
  • Le carnet de santé et la date exacte du premier examen vétérinaire.

Avant de conclure

Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.

Profitez-en pour trancher la question qui décidera de votre quotidien avec ce chien : poil long ou coupe courte ? L’écart entre les deux se compte en heures par semaine et en centaines d’euros par an.

  1. 2–3 mois

    Séances de brossage de quelques secondes, plusieurs fois par jour, et manipulation de la face : un chien qui accepte qu'on lui touche les yeux se soigne toute sa vie sans lutte.

  2. 3–5 mois

    Habituation aux sols glissants et aux bras d'inconnus. C'est aussi la période où l'on repère une soif inhabituelle, premier signe d'un rein qui travaille mal.

  3. 5–7 mois

    Contrôle de la denture : sur une mâchoire courte, les dents de lait qui persistent créent des points de tartre définitifs.

  4. 8–14 mois

    Le poil adulte arrive et feutre pour la première fois. C'est le moment de trancher entre poil long et coupe courte, avant de subir la décision.

Variantes de race

Le standard n° 208 ne connaît qu’un seul shih tzu. Aucune variété de taille, aucune variété de poil, aucune variété de couleur — le texte admet d’ailleurs toutes les couleurs sans hiérarchie.

Ce qui circule sous d’autres noms mérite donc d’être clarifié.

Les appellations qui ne reposent sur rien

  • Le « shih tzu impérial » ou « teacup ». Aucune existence officielle. Il s’agit de chiens produits en dessous de la fourchette de poids, avec les fragilités que cela suppose. Le standard fixe un plafond, pas un objectif de miniaturisation.
  • Le « shih tzu à poil court ». Il n’y en a pas. Un shih tzu à poil court est un shih tzu tondu, ou un croisement.

Les races voisines, et comment les distinguer

Shih tzuLhassa apsoPékinois
Standard FCIn° 208n° 227n° 207
Groupe et section9, chiens du Tibet9, chiens du Tibet9, épagneuls japonais et pékinois
Taille27 cm maximumEnviron 25 cmNon chiffrée
MuseauCarré, court, environ 2,5 cmMuseau droit, plus longTrès court et aplati
Risque respiratoire mesuréModéréNon évalué à CambridgeÉlevé — près de neuf chiens sur dix atteints

La confusion la plus fréquente concerne le lhassa apso, de même origine tibétaine et de silhouette proche. Le museau les sépare : celui du lhassa est nettement plus long, et il ne partage pas la face en chrysanthème du shih tzu.

Prix et budget

Fourchettes indicatives, établies pour un chiot inscrit au LOF et un entretien courant en France.

Ce qui pèse dans ce budget

Le poste qui surprend le plus les nouveaux propriétaires n’est ni l’alimentation ni le vétérinaire : c’est le toilettage. Cinq à huit passages en salon par an placent le shih tzu dans la même catégorie de dépense que le caniche, pour un chien deux fois plus petit.

Le second poste sous-estimé est oculaire. Compresses, sérum physiologique, larmes artificielles éventuellement prescrites : les montants sont modestes pris un par un, mais ils reviennent toute l’année.

Un conseil sur l’assurance

Lisez la ligne des exclusions avant de signer. Certains contrats écartent d’office ce qu’ils rangent sous « affections liées à la conformation de la race » — une formule assez large pour englober, chez un chien à museau court, une partie des soins oculaires. Sur cette race, c’est précisément le poste que vous voulez voir couvert.


Nous reprenons cette fiche dès qu’un travail nouveau paraît sur les chiens à face courte, et à chaque révision du texte britannique. Un chiffre vous semble faux ? Écrivez-nous : la rectification sera datée et restera lisible.

PosteFourchettePériodicité
Chiot inscrit au LOF1 000 € – 1 800 €une fois
Identification, primo-vaccination, premier bilan150 € – 250 €une fois
Stérilisation ou castration200 € – 450 €une fois
Matériel de toilettage à domicile60 € – 160 €une fois
Alimentation200 € – 360 €par an
Vaccins et visite annuelle90 € – 150 €par an
Toilettage en salon, 5 à 8 séances300 € – 620 €par an
Soins oculaires courants et nettoyage des plis40 € – 110 €par an
Antiparasitaires (dosage petit chien)70 € – 130 €par an
Détartrage, en moyenne lissée sur la vie45 € – 95 €par an
Assurance santé et réserve pour imprévus520 € – 1 150 €par an
Première année
2 675 € – 5 275 €
Les années suivantes
1 265 € – 2 615 €

Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.

Questions fréquentes

Le shih tzu a-t-il des problèmes respiratoires comme le carlin ?

Moins, mais il n'en est pas dispensé. Une étude de l'université de Cambridge publiée en février 2026, portant sur 898 chiens de quatorze races à museau court, classe le shih tzu parmi les races à risque modéré — au-dessus du cavalier king charles et du chihuahua, en dessous du pékinois et de l'épagneul japonais. Quarante-deux shih tzus y ont été examinés. Trois facteurs ressortent : des narines rétrécies, un museau proportionnellement plus court, et un embonpoint. Les deux derniers se voient à l'œil nu et se contrôlent : choisissez un chiot dont les narines sont largement ouvertes, et tenez son poids au plus juste.

Combien de temps vit un shih tzu ?

12,7 ans en médiane, selon l'analyse de 11 082 shih tzus suivis en clientèle vétérinaire britannique. Les valeurs courantes s'étendent de 8,7 à 14,3 ans, avec des chiens atteignant près de 20 ans, et aucune différence significative entre mâles et femelles. C'est au niveau de la médiane canine générale — un résultat que peu de gens attendent d'un chien à museau court, et que les auteurs résument en disant que la santé générale de la race ressemble à celle de l'ensemble des chiens.

Que faut-il regarder sur les yeux d'un chiot shih tzu ?

Trois choses, et elles se vérifient en une minute. L'œil ne doit pas être proéminent : le standard demande des yeux « grands, sombres et ronds, bien écartés mais pas proéminents », et un globe qui avance dans une orbite peu profonde est exactement ce qui expose la cornée. Le museau ne doit pas être ridé : le standard l'écrit noir sur blanc, et les chiens porteurs d'un pli nasal voient leur risque d'ulcère multiplié par cinq environ, les poils du pli venant frotter la cornée. L'œil doit être propre et sec, sans écoulement chronique — l'écoulement oculaire est près de trois fois plus fréquent dans la race que chez l'ensemble des chiens.

Faut-il tondre un shih tzu ?

Le tondre à ras, non. Le raccourcir, oui, et c'est le choix de la grande majorité des propriétaires. Le poil décrit au standard est « long et dense, mais il n'est pas bouclé », avec un sous-poil modéré : entretenu long, il demande un brossage quotidien et se feutre en quelques jours d'inattention. La coupe courte, cinq à huit passages en salon par an, donne un chien plus libre et une peau plus facile à surveiller. Ce qu'il faut éviter, c'est l'entre-deux : un poil long brossé une fois par semaine finit en plaques de feutre qui tirent sur la peau.

Existe-t-il un test ADN pour la dysplasie rénale du shih tzu ?

Non, et c'est important de le savoir avant de payer pour un test. Le club de race américain, qui a financé les travaux de recherche sur le sujet, indique qu'aucun test génétique fiable n'est disponible à ce jour et que seul l'examen histologique du tissu rénal fait référence. Un éleveur qui vous présente un « certificat ADN dysplasie rénale » vend une garantie que la littérature ne soutient pas. Ce qui a de la valeur, en revanche, c'est un éleveur qui connaît la maladie, qui sait vous dire si des chiots de ses lignées en sont morts, et qui accepte un bilan rénal sur le jeune chien.

Le shih tzu convient-il à une famille avec de tout jeunes enfants ?

Avec des enfants en âge de comprendre, très bien : le standard le décrit « amical et indépendant », et c'est un chien de présence qui supporte bien l'agitation. Avec un tout-petit, il faut une règle claire, pour une raison anatomique et non comportementale. L'orbite du shih tzu est peu profonde, et la littérature vétérinaire souligne qu'une force considérable n'est pas nécessaire pour faire sortir le globe oculaire de son logement. Un choc de jeu, une chute des bras, une main qui appuie sur la tête suffisent. On lui aménage donc un endroit inaccessible où se retirer, et l'on apprend aux enfants à s'asseoir pour le caresser plutôt qu'à le porter.

Pourquoi le shih tzu recule-t-il autant en France ?

Le Livre des origines français enregistre 2 096 shih tzus en 2025, contre 2 439 l'année précédente : la race cède 14 % en douze mois, quand son groupe d'appartenance n'en perd que 7. Elle baisse donc deux fois plus vite que l'ensemble des chiens de compagnie. L'explication la plus probable tient à l'entretien : c'est un petit chien qui demande un budget de toilettage comparable à celui d'un caniche et une attention quotidienne au poil, ce que beaucoup d'acheteurs découvrent après coup. Le désamour général pour les museaux courts, très visible sur le bouledogue français qui perd 15 % la même année, joue sans doute aussi.

Sources

  1. [1]Standard FCI n° 208 — Shih Tzu — Fédération Cynologique Internationale — 9 octobre 2017 — standard
  2. [2]Demography, common disorders and mortality of Shih Tzu dogs under primary veterinary care in the UK — Companion Animal Health and Genetics — O'Neill D. G. et al. (11 082 chiens, VetCompass) — 2024 — étude académique
  3. [3]A cross-sectional study into the prevalence and conformational risk factors of BOAS across fourteen brachycephalic dog breeds — PLOS ONE — Tomlinson F. et al., université de Cambridge (898 chiens) — 18 février 2026 — étude académique
  4. [4]Understanding and Addressing Brachycephalic Ocular Syndrome — Today's Veterinary Practice — revue vétérinaire professionnelle
  5. [5]Juvenile Renal Dysplasia in Shih Tzu — American Shih Tzu Club — club de race national
  6. [6]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
  7. [7]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
  8. [8]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel

Transparence éditoriale

Yanis M.

Fondateur de Canisfera · auteur

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Sarah Decellas

ASV · relecture du 1er septembre 2026

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