
Whippet
Le standard le résume mieux que n'importe quelle description : « compagnon idéal. Doux, affectueux, de caractère égal ». Voilà un chien capable d'atteindre des vitesses de course spectaculaires et de passer ensuite vingt heures roulé en boule sur un canapé, sans rien réclamer entre les deux. Il représente aujourd'hui près de six lévriers sur dix inscrits en France, et son succès tient précisément à ce contraste.
Au programme : le standard FCI n° 162 et la couleur qu'il exclut, une mutation de la myostatine qui rend certains whippets plus rapides et d'autres trop musclés, pourquoi son bilan sanguin et son échographie cardiaque sortent des normes canines sans qu'il soit malade, les rations calculées et le budget.
Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 1er septembre 202614 min de lecture
Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainementL'essentiel
Pour qui ?
Le calme à la maison, la vitesse dehors
Silencieux, propre, très attaché, il dort l'essentiel de la journée. En échange, il lui faut courir vraiment, pas marcher.
Combien d'activité ?
Une heure, dont de la course
Des sprints en terrain clos valent mieux qu'une longue promenade en laisse. C'est un coureur de vitesse, pas de fond.
Quoi surveiller ?
Prévenez votre vétérinaire
Chez les lévriers, sang et cœur sortent des normes canines générales sans que le chien soit malade. Dites-le avant l'examen.
Tableau d'identité
| Critère | Mâle | Femelle | Source |
|---|---|---|---|
| Espérance de vie | 12–14 ans | ||
| Prix d'un chiot | 1 000–1 700 € | ||
| Activité quotidienne | 45 min à 1 h 15 | ||
| Pays d’origine | Grande-Bretagne | [1] | |
| Fonction historique | Chasse à vue et recherche au sang | [1] | |
| Type de poil | Fin, court et serré | [1] | |
| Tempérament selon le standard | Compagnon idéal, doux, affectueux, de caractère égal | ||
| Taille au garrot | 47–51 cm | 44–47 cm | [1] |
| Poids | 12–16 kgLe standard ne chiffre aucun poids, uniquement la hauteur au garrot. | 10–14 kgLe standard ne chiffre aucun poids, uniquement la hauteur au garrot. | |
| couleurs | Toute couleur ou combinaison de couleurs, sauf le merle | [1] | |
| Groupe FCI | 10 · section 3 | [1] | |
Standard FCI n° 162, publié le 18 octobre 2019 — relevé le 1er septembre 2026.Consulter le standard
Origines et histoire
Le whippet vient de Grande-Bretagne, et sa fonction officielle tient en une ligne du standard : une race « traditionnellement employée pour la chasse à vue et la recherche au sang ».
Deux usages, donc, et le premier explique tout le reste. Chasser à vue, c’est repérer une proie qui détale et la rattraper à la course — pas la pister au nez, pas la débusquer, pas la rapporter. Cette sélection sur un seul geste, répété pendant des générations, a produit un chien construit autour d’un unique objectif : accélérer.
Où la nomenclature le place
La FCI l’inscrit au groupe 10, section 3 — lévriers à poil court, et le retient sans épreuve de travail. La combinaison mérite qu’on s’y arrête : voilà une race dont le texte officiel décrit une fonction de chasse, mais dont la sélection moderne ne passe plus par une épreuve d’aptitude obligatoire.
C’est aussi la première race de ce site à appartenir au groupe 10. Les lévriers forment une famille à part dans la cynophilie, et cette fiche va montrer à quel point : leur physiologie elle-même diffère de celle des autres chiens.
Sa place en France
Le whippet domine son groupe de manière écrasante. Sur les 2 482 lévriers enregistrés au Livre des origines français pour l’exercice 2025, il en pèse 1 455 — soit près de six sur dix.
Le classement complet du groupe est instructif :
- whippet : 1 455 inscriptions, contre 1 502 l’année précédente ;
- petit lévrier italien : 510, en hausse ;
- lévrier irlandais : 136 ;
- barzoï : 143, en forte progression ;
- greyhound : 31.
Ce dernier chiffre mérite un arrêt. Le greyhound, lévrier de course par excellence et modèle de toutes les études scientifiques citées plus bas, ne produit plus que trente et un chiots par an en France. Le whippet en produit quarante-sept fois plus. Le groupe 10 dans son ensemble est parfaitement stable d’une année sur l’autre, mais sa composition, elle, s’est concentrée sur une seule race.
Morphologie et particularités physiques
La première phrase du texte officiel dit exactement la tension que ce chien incarne : « équilibre de la puissance musculaire et de la force alliées à l’élégance et la grâce ».
Les mesures officielles
| Standard FCI n° 162 | |
|---|---|
| Hauteur au garrot, mâle | 47 à 51 cm |
| Hauteur au garrot, femelle | 44 à 47 cm |
| Poids | Non chiffré par le standard |
| Poil | Fin, court et serré |
| Couleurs | Toutes, et toutes combinaisons — sauf le merle |
Ce que sa silhouette raconte
Trois formulations du standard décrivent un chien conçu pour la vitesse, et chacune a une conséquence pratique.
- Une poitrine « très haute, très éclatée au niveau du cœur ». Le thorax est profond parce qu’il doit loger un grand cœur et de grands poumons. Cette même profondeur est la morphologie que la littérature vétérinaire associe au risque de torsion d’estomac.
- Un ventre « nettement remonté ». La ligne du dessous remonte fortement vers l’arrière. C’est la signature du lévrier, et c’est aussi une surface corporelle presque dépourvue de tissu isolant.
- Une ligne du dessus « gracieusement arquée au rein ». Cette courbe n’est pas décorative : c’est elle qui permet l’amplitude du galop.
Ajoutez un poil « fin, court et serré » sans sous-poil, et vous obtenez un chien qui ne dispose d’aucune réserve — ni graisse, ni fourrure. Toute l’énergie est allée dans le moteur.
La couleur interdite
Voici le détail qui devrait figurer sur toutes les fiches de cette race et qui n’y figure presque jamais.
Le standard est extraordinairement permissif sur la robe : « toute couleur ou combinaison de couleurs ». Fauve, bringé, bleu, noir, blanc, panaché — tout passe. Une seule mention vient fermer cette liste ouverte : sauf merle.
C’est le seul interdit chromatique de la race, et il est nommément écrit. Un whippet à robe merle, quel que soit son prix et quelle que soit l’argumentation du vendeur, ne correspond pas au texte de sa race.

Comportement et caractère
Le standard tient en six mots, et ils sont inhabituellement chaleureux pour un texte de la FCI : « compagnon idéal. Doux, affectueux, de caractère égal ».
Il faut mesurer ce que cela représente. La plupart des standards décrivent un tempérament de travail — vigilant, méfiant envers l’étranger, courageux. Ici, le texte de référence désigne une aptitude à la compagnie comme la qualité première de la race.
Le contraste qui définit la race
Un whippet, c’est deux chiens dans le même corps.
À l’intérieur, il est d’un calme qui surprend les visiteurs : il dort la majeure partie de la journée, aboie très peu, ne réclame pas, et cherche le contact physique plutôt que l’activité. Beaucoup de propriétaires décrivent un chien de chat.
Dehors, et à la vue de quelque chose qui détale, il devient autre chose. L’accélération est immédiate et totale, et il ne reste plus grand-chose du compagnon posé du salon. Rien à voir avec un refus d’obéir : c’est le réflexe même pour lequel on l’a construit.
Il est sensible, et ça se gère
Le lévrier encaisse mal la brusquerie. Une voix forte, une correction physique, un geste vif produisent chez lui un retrait durable plutôt qu’une opposition. La conséquence est simple : l’éducation passe par la récompense, la répétition et le calme. Le rapport de force, lui, ne produit qu’un chien qui se ferme.
Il ne garde pas
Autant le dire clairement à ceux qui hésitent : ce chien n’est pas un chien d’alerte. Il peut signaler un bruit, il ne défendra rien. Son standard ne mentionne ni garde, ni méfiance, ni protection — et c’est cohérent avec une race sélectionnée pour poursuivre, pas pour tenir.
Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants
Avec les autres chiens. L’entente est en général bonne, avec une nuance de vitesse : deux lévriers qui jouent atteignent des allures où une collision fait de vrais dégâts. Les terrains dégagés valent mieux que les espaces encombrés.
Avec les autres animaux. Voilà où se concentre la vigilance, et autant le dire sans détour. Ce chien a été sélectionné pour poursuivre ce qui court. Un chat de la famille, présenté tôt et progressivement, s’intègre généralement bien. Un chat qui traverse un jardin en courant déclenche autre chose, et le whippet est assez rapide pour que la question ne se pose qu’une fois. Rongeurs et lapins laissés en semi-liberté sont à écarter d’emblée.
Avec les enfants. C’est l’un des meilleurs chiens de famille de ce site, et le standard le dit avant nous en le qualifiant de compagnon idéal, doux et de caractère égal. Deux précautions, physiques et non comportementales :
- il est fin et sa peau est mince. Un chien serré trop fort ou coincé se blesse plus facilement qu’un chien massif ;
- il dort profondément et longtemps. On apprend aux enfants à ne jamais le réveiller en le touchant — la règle vaut pour tous les chiens, elle vaut doublement pour un dormeur de cette intensité.
Environnement idéal
Ce chien est l’une des rares races de sa taille à s’accommoder pleinement d’un appartement, y compris sans extérieur. Son calme intérieur, son silence et son encombrement réduit s’y prêtent complètement.
Trois besoins réels, en revanche :
- Un accès régulier à un terrain clos. C’est la condition de l’équilibre du chien, et elle ne se remplace pas par de la distance en laisse.
- De la chaleur et un bon couchage. Un panier épais, surélevé, à l’écart des courants d’air. Il cherchera de toute façon votre canapé, autant l’anticiper.
- De la compagnie. Très attaché, il supporte mal les absences longues et répétées.
L’été ne lui pose pas de difficulté particulière ; c’est l’hiver et l’humidité qui demandent une adaptation, manteau compris.
Activité physique et sorties
Une heure quotidienne suffit — mais ce qu’on met dedans pèse davantage que le chronomètre.
Ce dont il a réellement besoin
- Des sprints courts en terrain clos. Quelques accélérations franches valent, pour ce chien, une heure de marche. C’est un coureur de vitesse : il donne tout sur une distance brève, puis récupère.
- La longe en terrain ouvert. Vingt mètres de longe permettent de courir sans laisser le hasard décider.
- Le coursing sur leurre, quand un club en propose près de chez vous. C’est l’activité qui reproduit exactement sa sélection.
Ce qui ne lui convient pas
- La course de fond aux côtés d’un coureur ou d’un vélo. Sa physiologie est celle d’un sprinter, pas d’un chien d’endurance.
- La promenade en laisse comme seule sortie, même longue.
- L’effort par temps froid sans manteau, sur un chien sans sous-poil ni réserve grasse.
Santé et prédispositions
Cette section est différente de toutes les autres de ce site, pour une raison simple : sur cette race, le principal enjeu ne relève pas de la pathologie mais du risque de mal lire un résultat.
Aucune maladie héréditaire ne la définit
Autant établir ce point d’emblée. Le whippet ne porte pas d’affection emblématique comparable au cœur du dobermann, au cancer du golden retriever ou à la respiration du bouledogue. C’est un chien globalement solide, peu opéré, peu médiqué, et cela explique une partie de sa réputation.
Ses analyses de sang sortent des normes, et c’est normal
Voici ce que cette fiche a de plus utile à vous transmettre.
Les intervalles de référence imprimés sur un compte rendu d’analyse sont établis sur l’ensemble de la population canine. Les lévriers s’en écartent par constitution. Une étude portant sur 191 échantillons de lévriers, whippets inclus, mesure ainsi une créatinine urinaire de 23,0 mmol/l contre 17,5 chez les chiens témoins.
Chez le greyhound, race la mieux documentée du groupe, un laboratoire vétérinaire publie carrément des intervalles séparés. L’ampleur des écarts est frappante :
| Paramètre | Intervalle greyhound | Population canine générale |
|---|---|---|
| Hématocrite | 52 à 68,4 % | environ 37 à 55 % |
| Hémoglobine | 16,9 à 23,1 g/dL | environ 12 à 18 g/dL |
| Globules blancs | 3,6 à 8,6 K/µL | environ 5,5 à 16,5 K/µL |
| Plaquettes | 97 à 232 K/µL | environ 150 à 400 K/µL |
| Créatinine | 1,2 à 2,1 mg/dL | environ 0,5 à 1,5 mg/dL |
| T4 totale | 0,5 à 1,7 µg/dL | environ 1,5 à 4,0 µg/dL |
Ces valeurs sont établies chez le greyhound et ne se transposent pas telles quelles au whippet. Ce qu’elles montrent, en revanche, c’est le sens et l’ampleur du décalage propre aux lévriers — et les trois pièges qui en découlent :
- une créatinine élevée qui reflète la masse musculaire, non le rein ;
- une T4 basse chez un chien parfaitement sain, qui peut conduire à traiter une hypothyroïdie inexistante ;
- une anémie qui passe inaperçue, parce qu’un hématocrite tombé dans la norme générale est déjà anormalement bas pour un lévrier.
La conduite à tenir tient en une phrase : annoncez que votre chien est un lévrier avant le prélèvement, et demandez que le résultat soit lu en tenant compte de la race.
Son cœur aussi paraît trop grand
Le même phénomène existe en cardiologie, et il est cette fois documenté sur le whippet lui-même.
Une analyse publiée en 2020 dans le Journal of Veterinary Internal Medicine, portant sur 7 651 chiens dont 47 whippets, montre que les dimensions du ventricule gauche de la race dépassent les intervalles établis sur la population générale. Les auteurs concluent que le whippet, comme le lévrier afghan et le saluki, justifie des valeurs de référence qui lui soient propres.
La conséquence pratique est directe : une échocardiographie lue avec des repères généraux peut faire conclure à une dilatation cardiaque chez un chien dont le cœur est simplement celui d’un athlète.
La myostatine : une mutation qui fait courir plus vite
C’est l’histoire génétique la plus intéressante de cette race, et elle explique pourquoi une mutation défavorable s’y maintient.
En 2007, une équipe identifie chez le whippet une délétion de deux paires de bases dans le troisième exon du gène MSTN, qui interrompt prématurément la fabrication de la protéine. La myostatine ayant pour rôle de freiner le développement musculaire, sa perte lève ce frein.
L’étude, menée sur 168 whippets, aboutit à un résultat en deux temps :
- les chiens porteurs d’une seule copie sont plus musclés que la moyenne et courent significativement plus vite. Parmi les chiens des deux meilleures catégories de course, 29 % étaient porteurs, contre 2 % dans les deux catégories les plus lentes ;
- les chiens porteurs de deux copies développent le phénotype dit « bully whippet » : une musculature excessive, des crampes de l’épaule et de la cuisse, et un prognathisme marqué chez environ la moitié d’entre eux.
Voilà pourquoi la mutation persiste : elle est avantageuse à une copie et pénalisante à deux. La règle d’élevage qui en découle ne souffre aucune exception — deux porteurs ne s’accouplent pas, et un test ADN permet de le savoir avant plutôt qu’après.
La torsion d’estomac
Le standard décrit une poitrine « très haute, très éclatée au niveau du cœur ». C’est précisément la conformation associée à ce risque : l’estomac se dilate, pivote et interrompt sa propre circulation sanguine.
Les signes à mémoriser avant d’en avoir besoin : des efforts de vomissement dont rien ne sort, une salivation abondante, un abdomen gonflé et tendu, une faiblesse brutale. Livré à lui-même, le chien meurt ; opéré et réanimé sans délai, il survit dans plus de 80 % des cas.
Les mesures de prévention relèvent du quotidien : repas fractionnés plutôt qu’unique, gamelle posée au sol, et aucun effort dans les soixante minutes qui précèdent le repas ni les deux heures suivantes.
La peau, le froid et les ronces
Dernier point, moins spectaculaire mais très présent au quotidien. Ce chien cumule un poil sans sous-poil, une peau fine et une masse grasse quasi nulle.
- Le froid l’atteint vite : un manteau se justifie en dessous de 8 à 10 °C pour une sortie calme.
- Les coupures sont fréquentes chez les chiens qui courent en végétation. Une peau fine se déchire là où une autre s’égratignerait, et une plaie de lévrier demande souvent des points de suture.
- Le couchage compte : un chien sans graisse ne dort pas confortablement à même le carrelage.
| Affection | Fréquence | Dépistage | Source |
|---|---|---|---|
| Valeurs sanguines de lévrier | Les lévriers s'écartent des intervalles canins générauxSur 191 échantillons incluant des whippets, la créatinine urinaire ressort à 23,0 mmol/l contre 17,5 chez les témoins | Annoncer la race avant tout prélèvement, et demander une lecture qui en tienne compte | [4] |
| Cœur plus grand que la moyenne | Un ventricule gauche hors des intervalles générauxSur 47 whippets inclus dans une analyse de 7 651 chiens. Les auteurs concluent que la race justifie des valeurs de référence propres | Échocardiographie interprétée avec des repères de race, sans quoi un cœur sain paraît dilaté | [3] |
| Phénotype dit « bully whippet » | Chiens porteurs de deux copies de la mutationMusculature excessive, crampes de l'épaule et de la cuisse, et un prognathisme marqué chez environ la moitié d'entre eux | Ne jamais accoupler deux chiens porteurs ; le test ADN des reproducteurs répond à la question | [2] |
| Torsion d'estomac | Le standard décrit une poitrine « très haute, très éclatée au niveau du cœur »La morphologie associée à ce risque chez le chien | Repas fractionnés, gamelle au sol, repos autour des repas ; plus de 80 % de survie si la prise en charge est immédiate | [6] |
| Sensibilité au froid et fragilité cutanée | Un poil fin et court, sans sous-poilLe standard demande par ailleurs un ventre nettement remonté : peu de protection contre le froid et les ronces | Manteau sous 8 à 10 °C, inspection de la peau après chaque sortie en terrain broussailleux | [1] |
Entretien et hygiène
Sur ce chapitre, aucune race documentée ici ne demande aussi peu.
- Brossage : un gant de caoutchouc, une fois la semaine, couvre tout le besoin. Le poil est fin, court et serré, et il ne feutre jamais.
- Bain : exceptionnel. Ce chien est naturellement propre et sans odeur marquée.
- Griffes : contrôle toutes les trois semaines. Un chien qui court sur herbe ne les use pas.
- Dents : brossage régulier, comme chez tout chien de taille moyenne.
- Peau : le vrai geste d’entretien de cette race consiste à passer les mains sur tout le corps après chaque sortie en terrain broussailleux. Sur un poil aussi court, une coupure se voit et se sent immédiatement — encore faut-il chercher.
Alimentation et ration
Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.
Une remarque importante sur son poids
Un whippet en bonne condition paraît maigre à qui n’en a jamais vu. Les dernières côtes se devinent, la taille est marquée, le ventre remonte franchement — et tout cela est conforme au standard, qui décrit un ventre « nettement remonté ».
L’erreur classique consiste à vouloir l’étoffer parce qu’un voisin s’en est inquiété. Chez un chien dont l’appareil locomoteur est bâti pour une charge minimale, chaque kilo superflu est un kilo à transporter au galop.
Trois repères propres à la race :
- on le nourrit à la condition physique, pas au chiffre. La référence est ce que l’on sent sous la main, pas ce qu’affiche la balance.
- la ration monte en saison de course et redescend hors saison. Les deux lignes du tableau pour un même poids servent exactement à cela.
- les repas se fractionnent, pour la raison exposée dans la section santé.
| Profil | Besoin quotidien | Ration | Source |
|---|---|---|---|
| 10,2 kg — femelle légère, entretien | 542 kcal | 141–145 g | [8] |
| 11,8 kg — femelle de taille courante, entretien | 605 kcal | 157–161 g | [8] |
| 12,6 kg — chien stérilisé, rythme calme | 635 kcal | 165–169 g | [8] |
| 12,6 kg — même chien, sorties de course régulières | 736 kcal | 192–196 g | [8] |
| 14,6 kg — mâle de taille courante, entretien | 710 kcal | 185–189 g | [8] |
| 14,6 kg — même chien en saison de courses | 822 kcal | 214–218 g | [8] |
| 15,7 kg — grand mâle, entretien | 749 kcal | 195–199 g | [8] |
Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[8]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.
Le chiot
Ce qu’il faut regarder
- La robe. Un chiot merle vous renseigne immédiatement sur le respect du standard par cet élevage.
- Le comportement de la portée. Des chiots qui viennent vers vous, curieux. Un lévrier mal socialisé ne devient pas agressif — il devient un chien qui se fige, et c’est difficile à rattraper.
- La mère, son aisance et son état corporel.
Les questions qui trient un élevage
- Le statut MSTN des reproducteurs, si l’élevage travaille en lien avec la course. La question surprendra un éleveur de compagnie ; elle est légitime chez un éleveur de piste.
- Ce qui est fait des chiots avant leur départ : sols variés, bruits domestiques, manipulations, rencontres.
- L’existence d’un suivi après la vente, un bon marqueur de sérieux dans une race à faible effectif d’élevages.
Avant de signer
Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.
Mettez-les à profit pour régler une question très concrète : où ce chien va-t-il pouvoir courir ? Repérez le terrain clos, le club de coursing ou le champ accessible avant l’arrivée du chiot, pas après.
- 2–4 mois
Habituation aux surfaces, aux bruits et aux autres chiens. Un lévrier mal socialisé devient un chien qui se fige ou qui fuit, pas un chien qui grogne.
- 3–6 mois
Le rappel se construit ici, avant que la vitesse n'arrive. Longe systématique dès qu'il n'y a pas de clôture, sans exception à ce stade.
- 6–12 mois
La croissance s'achève tôt chez ce chien léger, mais les articulations restent jeunes : on laisse les sprints venir d'eux-mêmes plutôt que de les provoquer.
- 12–24 mois
Le gabarit adulte se fixe. C'est le moment de faire une prise de sang de référence, qui servira de comparaison pour toute sa vie.
Variantes de race
Le standard n° 162 décrit une seule race, sans variété de taille ni de poil. Les différences que l’on observe entre lignées relèvent de l’orientation d’élevage, pas du texte.
Course et exposition
Deux orientations coexistent, et la distinction n’a rien d’officiel :
- les lignées travaillées pour la course et le coursing donnent des chiens souvent plus secs et plus réactifs ;
- les lignées d’exposition produisent des chiens un peu plus étoffés, conformes à l’esthétique du ring.
Les deux relèvent du même standard. Ce qui compte pour un futur propriétaire, c’est de savoir laquelle il a devant lui, parce que le besoin quotidien n’est pas tout à fait le même.
Les trois lévriers qu’on confond
| Whippet | Greyhound | Petit lévrier italien | |
|---|---|---|---|
| Standard FCI | n° 162 | n° 158 | n° 200 |
| Groupe | 10, lévriers à poil court | 10, lévriers à poil court | 10, lévriers à poil court |
| Taille au garrot, mâle | 47 à 51 cm | Nettement supérieure | Beaucoup plus petit |
| Vocation d’origine | Chasse à vue, recherche au sang | Course sur piste | Chien d’agrément |
| Inscriptions au LOF en 2025 | 1 455 | 31 | 510 |
Prix et budget
Repères chiffrés pour un chiot inscrit au livre des origines, dans une vie courante en France.
Ce qui coûte moins cher que prévu
Deux postes sont ici parmi les plus bas de tout ce site. Le toilettage est inexistant : ni salon, ni coupe, ni matériel spécifique. L’alimentation reste modeste, parce qu’un whippet adulte pèse rarement plus de quinze kilos.
Ce qui coûte davantage
L’équipement contre le froid est un vrai poste, pas un caprice : plusieurs manteaux selon la saison et un couchage épais.
Les accidents de course constituent l’imprévu caractéristique de la race. Une coupure profonde prise dans un fil de clôture, une plaie qui demande des points, une entorse au galop : ce ne sont pas des maladies, ce sont des accidents, et ils se produisent au moment où le chien fait exactement ce pour quoi il est fait.
Cette fiche est revue à chaque parution scientifique concernant les lévriers et à chaque évolution du texte britannique. Une donnée vous paraît erronée ? Faites-le nous savoir : nos rectifications portent une date et demeurent consultables.
| Poste | Fourchette | Périodicité |
|---|---|---|
| Chiot inscrit au LOF | 1 000 € – 1 700 € | une fois |
| Identification, primo-vaccination, premier bilan | 150 € – 250 € | une fois |
| Stérilisation ou castration | 200 € – 450 € | une fois |
| Manteaux et couchage isolant | 80 € – 200 € | une fois |
| Alimentation | 300 € – 520 € | par an |
| Vaccins et visite annuelle | 100 € – 160 € | par an |
| Antiparasitaires (dosage chien moyen) | 100 € – 170 € | par an |
| Longe, harnais et équipement de rappel | 50 € – 120 € | par an |
| Assurance santé et réserve pour imprévus | 480 € – 1 000 € | par an |
- Première année
- 2 460 € – 4 570 €
- Les années suivantes
- 1 030 € – 1 970 €
Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.
Questions fréquentes
Pourquoi le bilan sanguin d'un whippet peut-il inquiéter à tort ?
Parce que les valeurs de référence utilisées en clinique sont établies sur l'ensemble des chiens, et que les lévriers s'en écartent par constitution. Une étude portant sur 191 échantillons de lévriers, whippets compris, mesure une créatinine urinaire de 23,0 mmol/l contre 17,5 chez les chiens témoins. Chez le greyhound, mieux documenté, un laboratoire vétérinaire publie carrément des intervalles distincts : hématocrite de 52 à 68,4 % là où la population canine générale se situe autour de 37 à 55 %, globules blancs et plaquettes plus bas, créatinine sérique nettement plus haute, hormone thyroïdienne T4 plus basse. Le risque est double : voir une insuffisance rénale là où il n'y a que de la masse musculaire, ou diagnostiquer une hypothyroïdie chez un chien sain. Dites systématiquement que votre chien est un lévrier avant la prise de sang.
Le whippet peut-il vivre en appartement ?
Oui, et il y est même remarquablement à l'aise — c'est l'un des rares chiens de cette taille dont nous accordons le filtre sans réserve. Il dort l'essentiel de la journée, n'aboie presque pas, ne perd pas beaucoup de poils et occupe très peu d'espace une fois roulé en boule. La contrepartie est entière et non négociable : il lui faut de la course libre, en terrain clos ou sur longe, plusieurs fois par semaine. Un whippet qui ne fait que des tours de pâté de maisons en laisse est un chien frustré, quel que soit le nombre de kilomètres parcourus.
Qu'est-ce qu'un « bully whippet » ?
C'est un whippet porteur de deux copies d'une mutation du gène de la myostatine — une délétion de deux paires de bases identifiée en 2007 sur 168 chiens de la race. La myostatine freine normalement le développement musculaire ; quand elle ne fonctionne plus, le muscle se développe sans limite. Le résultat est un chien à la musculature massive, très éloigné de la silhouette du standard. Ces chiens présentent des crampes de l'épaule et de la cuisse, et environ la moitié d'entre eux un prognathisme marqué. Le point important pour un acheteur : la mutation persiste dans la race parce que les chiens qui n'en portent qu'une seule copie courent significativement plus vite, ce qui les a favorisés sur les pistes. Un test ADN existe, et deux porteurs ne doivent jamais être accouplés.
Un whippet merle, est-ce un vrai whippet ?
Non, au sens du standard. Le texte de la FCI est d'une largeur inhabituelle sur la couleur — il admet « toute couleur ou combinaison de couleurs » — et pose une seule exception, nommément le merle. C'est le seul interdit de couleur de la race, et il est explicite. Quand une couleur est à la fois absente du fonds génétique historique d'une race et vendue avec une majoration de prix, la question de l'origine de la portée mérite d'être posée franchement à l'éleveur. Renseignez-vous d'autant plus que deux chiens porteurs de merle ne se marient jamais sans risque, quelle que soit la race.
Peut-on lâcher un whippet en liberté ?
Prudemment, et jamais par défaut. Le standard rappelle qu'il s'agit d'une race « traditionnellement employée pour la chasse à vue » : sa sélection porte sur le déclenchement à la vue d'une proie qui détale, pas sur l'obéissance à distance. Un whippet lancé atteint une vitesse qui rend le rappel inopérant, et il peut couvrir plusieurs centaines de mètres avant même d'entendre son nom. La règle raisonnable : liberté en terrain clos uniquement, longe partout ailleurs, et un rappel travaillé quotidiennement dès les premiers mois — non parce qu'il vous sauvera un jour, mais parce qu'il réduit les occasions où il faudrait qu'il vous sauve.
Le whippet a-t-il froid ?
Oui, davantage que la plupart des chiens, et pour trois raisons cumulées inscrites dans son standard : un poil « fin, court et serré » sans sous-poil, un ventre « nettement remonté » qui laisse peu de tissu isolant, et une masse grasse très réduite. En pratique, un manteau se justifie en dessous de 8 à 10 °C pour une sortie calme, et un couchage épais et surélevé toute l'année. Ce n'est pas de la coquetterie : c'est la conséquence directe de ce que la race a été sélectionnée pour faire.
Quelle différence entre whippet, greyhound et petit lévrier italien ?
Une différence de taille avant tout, et ces trois races sont bien distinctes à la nomenclature. Le whippet mesure 47 à 51 cm chez le mâle. Le greyhound est nettement plus grand et a été sélectionné pour la course sur piste. Le petit lévrier italien est un chien d'agrément beaucoup plus léger, classé lui aussi au groupe 10. En France, la hiérarchie est sans appel : sur 2 482 lévriers inscrits au LOF en 2025, on compte 1 455 whippets, 510 petits lévriers italiens et seulement 31 greyhounds.
Sources
- [1]Standard FCI n° 162 — Whippet — Fédération Cynologique Internationale — 18 octobre 2019 — standard
- [2]A mutation in the myostatin gene increases muscle mass and enhances racing performance in heterozygote dogs — PLOS Genetics — Mosher D. S. et al. (168 whippets) — 2007 — étude académique
- [3]Left ventricular M-mode prediction intervals in 7651 dogs: population-wide and selected breed-specific values — Journal of Veterinary Internal Medicine — Esser L. C. et al. (47 whippets) — 2020 — étude académique
- [4]Evaluation of urine protein to creatinine ratio in sighthound breeds — Veterinární medicína — étude sur 191 échantillons de lévriers, whippets inclus — 2024 — étude académique
- [5]Greyhound-specific reference intervals — Diagnostic Update — IDEXX Laboratories — laboratoire vétérinaire
- [6]Gastric dilatation-volvulus (GDV) or bloat — Riney Canine Health Center, Cornell University College of Veterinary Medicine — école vétérinaire
- [7]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
- [8]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
- [9]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel
Transparence éditoriale
Yanis M.
Fondateur de Canisfera · auteur
À propos de Yanis →Sarah Decellas
ASV · relecture du 1er septembre 2026
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