
Yorkshire terrier
Commençons par ce que personne ne dit sur cette race : le yorkshire terrier vit très longtemps. Une étude publiée en 2025 sur plus de 28 000 chiens lui attribue une médiane de 13,6 ans, l'un des meilleurs chiffres de toute l'espèce canine. Ajoutez un poil qui ne se sème pas dans la maison, une taille qui tient partout et le tempérament d'un vrai terrier — « plein d'entrain, d'un naturel égal », dit le standard — et vous comprenez pourquoi il a traversé un siècle et demi sans jamais disparaître.
Au programme : le standard FCI n° 86 et son plafond de poids, l'écart considérable entre ce texte et les chiens réellement pesés en cabinet, les chiffres de santé relevés sur 28 032 yorkshires, la question des dents, les rations calculées et le budget.
Écrit par Yanis M.Relu par Sarah Decellas, ASVMis à jour le 31 août 202613 min de lecture
Coup de cœur— le compteur de lecteurs arrive prochainementL'essentiel
Pour qui ?
La vie urbaine, sur la durée
Petit, propre, increvable et très attaché. Il ne demande qu'un vrai statut de chien plutôt qu'un rôle décoratif.
Combien d'activité ?
Trente à quarante-cinq minutes
Des besoins modestes, mais un tempérament de terrier : il lui faut du mouvement et des choses à explorer.
Quoi surveiller ?
Les dents, le poids, les griffes
Un yorkshire sur cinq consulte pour du parodonte. Et le chien moyen pèse bien plus que ce que dit son standard.
Tableau d'identité
| Critère | Mâle | Femelle | Source |
|---|---|---|---|
| Espérance de vie | 11–15 ans | [2] | |
| Prix d'un chiot | 900–1 700 € | ||
| Activité quotidienne | 30 min à 45 min | ||
| Pays d’origine | Grande-Bretagne | [1] | |
| Fonction historique | Terrier des régions ouvrières du Yorkshire, devenu terrier d'agrément | [1] | |
| Type de poil | Modérément long, droit, luisant, fin et soyeux, jamais laineux | [1] | |
| Tempérament selon le standard | Terrier de compagnie actif et intelligent, plein d'entrain, d'un naturel égal | ||
| Taille au garrot | 20–23 cmLe standard FCI ne fixe aucune taille au garrot, uniquement un poids maximum. | 20–23 cmLe standard FCI ne fixe aucune taille au garrot, uniquement un poids maximum. | |
| Poids | 3,2–3,2 kgPlafond, sans minimum ; médiane mesurée 5,50 kg chez le mâle. | 3,2–3,2 kgLe standard ne donne qu'un plafond, 3,2 kg, sans borne basse ; la médiane mesurée en clientèle atteint 4,67 kg chez la femelle. | [1] |
| Groupe FCI | 3 · section 4 | [1] | |
Standard FCI n° 86, publié le 10 novembre 2011 — relevé le 31 août 2026.Consulter le standard
Origines et histoire
Le yorkshire terrier n’est pas né dans un salon. Le standard le situe dans la même région que l’airedale, ces vallées industrielles du nord de l’Angleterre où il a été observé vers 1850.
Sa généalogie est explicite : il descend du terrier noir et feu, croisé avec le maltais et le skye terrier. Le nom actuel ne date que de 1870 — auparavant, on parlait simplement de terriers du Yorkshire ou du Lancashire.
Un terrier de travail devenu terrier d’agrément
Sa classification actuelle raconte cette bascule : groupe 3, section 4 — terriers d’agrément, sans épreuve de travail. Mais le standard n’oublie pas la première partie du nom, et le décrit comme un « terrier de compagnie actif et intelligent ».
Ce mot de terrier n’est pas décoratif. Il explique le caractère du chien d’aujourd’hui : la vivacité, la curiosité, le goût de creuser et de poursuivre, la voix facile.
Une race qui recule fortement
Les chiffres britanniques sont saisissants. La part du yorkshire dans les naissances annuelles est passée de 3,54 % en 2005 à 2,15 % en 2016, et les inscriptions au registre du Kennel Club ont été divisées par cinq entre 2013 et 2022.
La France suit la même trajectoire : 2 163 inscriptions au LOF en 2025 contre 2 408 l’année précédente, soit un recul de 10 %. Le yorkshire devient la deuxième race du groupe des terriers, derrière le seul staffordshire bull terrier (8 694) et devant l’american staffordshire terrier (1 954).
Il n’est plus le chien de mode qu’il a été pendant trente ans. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle : les races qui redescendent sont celles qu’on achète par goût plutôt que par imitation.
Morphologie et particularités physiques
Le texte officiel campe un chien « à poil long ; le poil pend parfaitement droit et de façon égale de chaque côté », avec une raie qui court du nez à la queue. L’ensemble doit être compact, droit, et donner une impression d’importance — la formule est du texte officiel.
Le poids : une seule ligne, et un plafond
Le standard ne fixe aucune taille au garrot et aucun poids minimum. Il pose une seule limite : 3,2 kg au maximum.
Les 20 à 23 cm affichés dans notre tableau relèvent de l’usage courant et non du texte de race.
Ce plafond de 3,2 kg mérite d’être confronté à la réalité, et l’écart est le plus important que nous ayons rencontré dans nos fiches. Le poids médian mesuré en clientèle vétérinaire s’établit à 5,06 kg — 5,50 kg chez les mâles, 4,67 kg chez les femelles. Autrement dit, le yorkshire que l’on croise pèse en moyenne plus de 50 % au-dessus du plafond de son standard.
Nous y revenons dans la section santé, parce que ce n’est pas qu’une question de conformité.
La robe : deux couleurs, très encadrées
C’est la partie la plus exigeante du texte.
- Le corps est « bleu acier foncé », du crâne à la queue, et le standard précise que ce bleu ne doit jamais être mêlé de poils fauves ou bronzés ;
- le poitrail est fauve intense et brillant ;
- les poils fauves sont plus foncés à la racine ;
- la tête porte une garniture fauve doré intense, longue, particulièrement sur le museau ;
- les oreilles, petites, en V, portées droites, sont couvertes d’un poil fauve intense.
Un détail utile aux futurs propriétaires : un chiot yorkshire naît noir et feu. Le bleu acier s’installe progressivement, souvent sur une année entière. Un chiot très noir n’est donc pas hors type — il est jeune.
Le poil
« Modérément long, droit, luisant, fin, soyeux, non laineux. » Chaque mot compte, et notamment le dernier : un poil laineux, qui feutre, s’écarte du texte.
Ce poil pousse en continu, comme un cheveu, plutôt que de tomber par cycles. D’où sa réputation méritée de chien qui ne sème pas — et d’où l’entretien qu’il réclame.
La queue
Couverte d’un poil abondant, d’un bleu plus foncé que le corps, portée légèrement relevée et aussi droite que possible.

Comportement et caractère
Une seule ligne y suffit, et elle est admirablement choisie : « Terrier de compagnie actif et intelligent. Plein d’entrain, d’un naturel égal. »
« Plein d’entrain »
C’est la première chose que remarquent ceux qui vivent avec un yorkshire : l’énergie disponible dans un si petit volume. Il trotte, il fouille, il inspecte, il suit tout ce qui bouge dans la maison. Ce n’est pas un chien qui dort toute la journée sur un coussin.
« D’un naturel égal »
L’expression est importante, et elle décrit un chien stable : ni craintif, ni versatile, ni excessif. Un yorkshire bien né encaisse le changement, les visiteurs et les déplacements avec un aplomb qui surprend pour sa taille.
Le terrier ressort
Trois comportements très reconnaissables, hérités en droite ligne de sa fonction d’origine :
- il creuse, dans un jardin comme dans un panier ;
- il poursuit ce qui court, oiseaux et rongeurs en particulier ;
- il donne de la voix, facilement, et il faut lui apprendre tôt à s’arrêter.
Aucun de ces traits n’est un défaut. Ce sont des caractéristiques de groupe, et les ignorer conduit à un chien qui aboie sans cadre.
Il s’attache beaucoup
Il emboîte le pas de son humain d’une pièce à l’autre et vit mal les absences prolongées. Cet attachement fait son charme et impose un apprentissage précoce de la solitude.
Il est plus courageux que prudent
Le réflexe terrier joue à plein : la différence de gabarit ne le fait pas reculer d’un centimètre. C’est à son propriétaire de gérer les rencontres, pas à lui.
Vie sociale : autres chiens, autres animaux, enfants
Avec les enfants. À partir du moment où ils saisissent à quel point il est fragile, tout se passe bien. La précaution est physique : un chien de quatre kilos ne survit pas à une chute depuis une table ni à une pression maladroite. On lui réserve un endroit en hauteur ou fermé où il peut se retirer, et les plus jeunes apprennent à le rejoindre au sol au lieu de le soulever.
Avec les autres chiens. Sociable si la socialisation a été faite, et c’est un point à surveiller. Un yorkshire jamais confronté à ses congénères devient rapidement un chien qui aboie à distance. Les rencontres se travaillent tôt, avec des chiens calmes, et de préférence avant qu’il n’ait pris l’habitude d’observer le monde depuis des bras.
Avec les autres animaux. La prédation est réelle : c’est un terrier. Petits mammifères en cage et oiseaux relèvent de l’incompatibilité. Face à un chat déjà installé, l’entente s’établit en général sans difficulté — le chat pesant souvent davantage que lui.
Avec les inconnus. Vigilant et démonstratif. Il annonce toute arrivée avec conviction, puis se détend une fois la personne entrée. C’est un excellent avertisseur et un gardien parfaitement inutile.
Environnement idéal
Peu de races se logent aussi facilement. La contrainte est ailleurs : dans la présence et dans l’entretien.
Ce qui lui convient :
- un logement urbain, fût-il exigu : l’encombrement est nul et le poil ne se retrouve pas sur les canapés
- des humains souvent là, car l’isolement lui pèse
- un intérieur tempéré, ou un manteau l’hiver : sans sous-poil ni masse corporelle, il se refroidit vite
- un escalier miniature ou une rampe vers le canapé, pour lui épargner les sauts
- des revêtements qui accrochent, afin que ses rotules ne dérapent pas
Ce qui lui pèse :
- les intempéries froides, qu’il encaisse très mal
- les sauts depuis un lit ou un canapé, mauvais pour ses genoux
- les longues journées seul
- un poil long entretenu à moitié, qui feutre et tire sur la peau
- l’absence totale de sorties, sous prétexte qu’il se dépense à l’intérieur
Activité physique et sorties
Trente à quarante-cinq minutes de sortie chaque jour, pattes posées par terre, suffisent. Le volume est modeste ; l’obligation ne l’est pas.
Ce qui lui correspond
- les tours de quartier, à sa cadence, répartis dans la journée
- la fouille et la recherche d’objets, terrain où son instinct de terrier donne toute sa mesure
- les exercices d’obéissance courts, qu’il assimile très bien
- l’agility en catégorie mini, s’il est à son poids et sans problème de rotule
- les jouets à mâcher adaptés, utiles pour l’occupation comme pour les dents
Ce qu’il faut proscrire
- les sauts verticaux, à la montée comme à la descente
- le froid prolongé sans protection
- le collier comme point d’attache : sur une trachée aussi étroite, seul un harnais convient
- les aires canines livrées à elles-mêmes, dangereuses pour un chien de cette taille
- les longues sorties dans les herbes hautes avec un poil long, qui ramasse tout
Il a un nez, servez-vous-en
Voici ce qui fonctionne le mieux avec lui : son nez le fatigue davantage que ses pattes. Vingt minutes de recherche de friandises cachées dans un tapis de fouille produisent plus de calme qu’une promenade de même durée. C’est aussi la meilleure solution les jours de pluie, qu’il déteste.
Santé et prédispositions
Les données qui suivent proviennent d’un travail récent et massif : 28 032 yorkshire terriers repérés au sein de 905 542 chiens suivis outre-Manche, avec 3 308 dossiers dépouillés en détail.
La longévité : le meilleur argument de la race
Commençons par là, parce que c’est remarquable. La durée de vie médiane s’établit à 13,56 ans, avec un intervalle courant de 11,3 à 15,2 ans, et des chiens recensés jusqu’à 19 ans.
C’est très au-dessus de la médiane canine générale, et l’un des meilleurs chiffres jamais mesurés dans une race. Adopter un yorkshire, c’est raisonnablement s’engager pour quatorze ans.
Les causes de décès les plus fréquentes sont les troubles cérébraux (9,79 %), les troubles rénaux (8,73 %) et les troubles de l’appétit (8,20 %) — un profil de chien âgé, ce qui est cohérent avec sa longévité.
Les dents : le vrai sujet quotidien
Plus d’un yorkshire sur cinq — 21,10 % exactement — consulte pour du parodonte. C’est, et de loin, le motif numéro un de la race.
L’explication est purement mécanique : le même nombre de dents doit tenir dans une mâchoire réduite à sa plus simple expression. Les dents se chevauchent, le tartre s’accumule, la gencive se rétracte, et la douleur s’installe sans que le chien cesse de manger.
S’ajoutent les dents de lait persistantes, chez 3,57 % des chiens : la dent adulte perce alors que la précédente s’accroche, ce qui ménage une cachette idéale pour la plaque.
Trois gestes changent tout :
- un brossage régulier, commencé dès le chiot et devenu un réflexe
- une inspection de la bouche vers six mois, pour retirer ce qui traîne
- un détartrage au moment où votre praticien le juge utile, plutôt qu’au premier signe visible
Le poids : l’écart le plus important de nos fiches
Le standard fixe 3,2 kg maximum. Le poids médian mesuré atteint 5,06 kg.
Cet écart n’est pas qu’une affaire de conformité. Chez un chien dont les rotules sont fragiles et les articulations minuscules, chaque centaine de grammes compte réellement. Et il fausse la perception des propriétaires : un yorkshire de six kilos paraît normal parce que tous ceux du quartier lui ressemblent.
Deux précisions honnêtes, cependant :
- seuls 3,72 % des chiens sont formellement enregistrés en surpoids par leur vétérinaire, ce qui suggère qu’une partie de cet écart tient à une population réellement plus grande que ce que décrit le standard, et pas seulement à de l’embonpoint ;
- la conclusion pratique reste la même : pesez votre chien tous les trois mois, sur une balance de cuisine plutôt que sur celle du cabinet, et discutez de son poids de forme avec votre vétérinaire.
Les rotules
Le yorkshire appartient à la catégorie de poids la plus exposée : sous 10 kg, la luxation de la rotule survient 2,8 fois plus souvent que chez les chiens de dix à vingt kilos.
Le signe est caractéristique et facile à repérer : le chien avance sans gêne, replie une patte arrière sur deux ou trois appuis, puis reprend son allure normale. Cela justifie une consultation, même sans douleur apparente.
Les griffes
6,47 % des yorkshires consultent pour des griffes trop longues — deuxième motif de la race. Rien de pathologique là-dedans : c’est un défaut de suivi. Faute de bitume sous les pattes, la griffe pousse sans s’user, l’appui se déforme et le doigt finit par souffrir.
Une coupe toutes les trois semaines suffit à faire disparaître ce poste.
| Affection | Fréquence | Dépistage | Source |
|---|---|---|---|
| Maladie parodontale | 21,10 % : premier diagnostic de la race, et de très loinRelevé chez les yorkshires suivis en clientèle vétérinaire | Brossage à domicile, contrôle buccal annuel, détartrage quand il s'impose | [2] |
| Griffes trop longues | 6,47 % des chiens ; un chien de ville qui ne les use pas | Coupe toutes les trois semaines | [2] |
| Engorgement des glandes anales | 3,99 % des yorkshires | Consultation dès que le chien se traîne l'arrière-train | [2] |
| Surpoids et écart au standard | Poids médian de 5,06 kg, pour un plafond de 3,2 kgSeuls 3,72 % des chiens sont enregistrés en surpoids, mais le poids mesuré dépasse largement le standard | Pesée trimestrielle sur balance de précision | [2] |
| Dents de lait persistantes | 3,57 % des chiens ; la dent définitive pousse sans que la dent de lait ne tombe | Contrôle de la denture entre 5 et 7 mois | [2] |
| Causes de décès | Troubles cérébraux, rénaux et de l'appétit en têteRespectivement 9,79 %, 8,73 % et 8,20 % des décès documentés | Bilan sanguin et urinaire annuel chez le chien âgé | [2] |
| Luxation de la rotule | Risque presque triplé sous 10 kgRisque multiplié par 2,8 par rapport aux chiens de 10 à 20 kg | Palpation des genoux à chaque visite vétérinaire | [3] |
Entretien et hygiène
C’est la race qui demande le plus d’entretien parmi les chiens de très petite taille. Il faut choisir tôt entre deux régimes.
Le poil long, tel que décrit au standard :
- brossage quotidien, à la brosse douce puis au peigne
- protection du poil en promenade, papillotes chez les chiens d’exposition
- vigilance permanente sur les nœuds derrière les oreilles, aux aisselles et sous le ventre
La coupe courte, dite « en pyjama » :
- quatre à six passages en salon par an
- brossage hebdomadaire entre deux séances
- un chien bien plus libre de ses mouvements, et un entretien à la portée de tout le monde
La grande majorité des propriétaires choisit la seconde option, et c’est un choix parfaitement défendable. Ce qui ne l’est pas, c’est d’entretenir un poil long à moitié : il feutre, tire sur la peau et devient douloureux.
Le reste :
- Dents : le geste central de cette race. Brossage quotidien si possible, trois fois par semaine au minimum.
- Griffes : à raccourcir tous les vingt jours, point final.
- Yeux : on nettoie délicatement le coin interne quand il s’encrasse, et l’on surveille les mèches de la tête qui frottent la cornée.
- Oreilles : dressées et bien ventilées, à contrôler mensuellement. Le poil qui pousse à l’intérieur du pavillon se retire délicatement.
- Bains : environ un par mois sur un poil long, nettement moins souvent en coupe courte, toujours suivis d’un séchage intégral.
- Le froid : un manteau est un équipement, pas un accessoire.
Alimentation et ration
Les rations ci-dessous ne recopient aucune étiquette : elles sont calculées avec la formule des lignes directrices nutritionnelles européennes (FEDIAF, juillet 2024) — besoin quotidien en kcal = coefficient × poids en kg puissance 0,75. Le coefficient vaut 95 pour un chien calme ou stérilisé, 110 pour un chien actif. Les grammages supposent un aliment titrant 380 kcal aux 100 g : si le vôtre est plus riche ou plus pauvre, fiez-vous à la colonne des kilocalories et refaites la division.
Une remarque sur les poids retenus : ils partent de 3,8 kg plutôt que du plafond de 3,2 kg du standard, parce qu’ils doivent servir aux chiens réels. La dernière ligne, à 6,2 kg, donne un repère pour ramener progressivement un chien trop lourd vers sa taille.
Quatre points spécifiques à la race :
- Les portions se comptent en dizaines de grammes : environ quatre-vingts par jour. Une erreur de dix grammes représente plus de 10 % de la ration : la balance de cuisine n’est pas un luxe.
- Les friandises se déduisent. Un biscuit de taille moyenne peut représenter le cinquième de sa journée.
- La taille de la croquette compte. Un format adapté aux très petites mâchoires encourage la mastication, ce qui aide un peu — pas beaucoup, mais un peu — sur le plan dentaire.
- L’hypoglycémie guette les tout premiers mois. Avant douze semaines, ce chien n’a presque pas de réserves : on découpe la journée en quatre services, et le moindre abattement inhabituel se traite comme une urgence.
| Profil | Besoin quotidien | Ration | Source |
|---|---|---|---|
| 3,8 kg — chien léger, tranquille | 259 kcal | 66–70 g | [5] |
| 3,8 kg — même chien, très actif | 299 kcal | 77–81 g | [5] |
| 4,5 kg — femelle de taille courante, entretien | 294 kcal | 75–79 g | [5] |
| 4,5 kg — femelle active | 340 kcal | 87–91 g | [5] |
| 5,5 kg — mâle de taille courante, entretien | 341 kcal | 88–92 g | [5] |
| 5,5 kg — mâle actif | 395 kcal | 102–106 g | [5] |
| 6,2 kg — chien trop lourd, ration de réduction | 373 kcal | 96–100 g | [5] |
Calcul : Besoin quotidien (kcal) = coefficient × poids(kg)^0,75. Rations exprimées pour une croquette à380 kcal/100 g —[5]. Vérifiez la densité indiquée sur votre sac : elle change le résultat.
Le chiot
Avant de vous décider
Depuis le décret du 18 juillet 2022, l’achat d’un chien impose la signature du certificat d’engagement et de connaissance. Il vous est remis par un professionnel titulaire de l’ACACED — éleveur, vétérinaire ou responsable de refuge — et le ministère de l’Agriculture pose une condition qui ne se négocie pas : « la cession de l’animal de compagnie ne peut intervenir moins de 7 jours après la délivrance du certificat ». Sept jours pleins, donc, entre votre signature et l’arrivée du chiot.
Consacrez-les à trancher une question très concrète : quel entretien du poil êtes-vous prêt à assurer ? Le choix entre poil long et coupe courte structure tout le quotidien avec ce chien.
Les points à contrôler
- le poids des parents, en gardant en tête le plafond de 3,2 kg du standard
- la couleur de la mère : un bleu acier franc, non mêlé de fauve
- le tempérament des parents : vifs et assurés, conformément au « naturel égal » du texte
- le moment du départ, jamais avant huit semaines révolues
- une grande prudence devant tout chiot présenté comme « toy », « mini » ou « teacup » : ces appellations n’existent pas au standard et désignent des chiens sélectionnés sur la petitesse extrême
Les gestes à installer très tôt
- le brossage, quelques secondes par jour, récompensé, dès la première semaine
- la manipulation de la gueule, qui rendra possible le brossage dentaire de toute une vie
- la marche au sol, quotidienne : un yorkshire porté ne rencontre jamais rien
- la solitude, apprise par doses très courtes, sans cérémonie de départ ni fête au retour
Le poil adulte
Il s’installe entre huit et dix-huit mois, et il change tout : la texture, la longueur, la couleur. C’est à ce moment que le rythme d’entretien définitif se met en place — et que beaucoup de propriétaires basculent vers la coupe courte.
- 2–3 mois
Habituez-le au brossage et à la manipulation de la gueule dès la première semaine, en séances de quelques secondes.
- 4–7 mois
Sorties au sol quotidiennes et rencontres canines calmes : c'est ce qui fait la différence entre un terrier assuré et un chien méfiant.
- 5–7 mois
Contrôle de la denture. Les dents de lait qui ne tombent pas se retirent, souvent lors de la stérilisation.
- 8–18 mois
Le poil adulte s'installe et demande un vrai rythme d'entretien. Le poids se surveille sur une balance de cuisine.
Variantes de race
Un seul yorkshire terrier existe au regard de la FCI. Un plafond de poids, un type de poil, une seule combinaison de couleurs.
Les appellations sans existence officielle
- Le yorkshire « toy », « mini » ou « teacup » : aucune catégorie de ce type n’existe. Le standard ne fixe qu’un maximum de 3,2 kg, sans minimum, et les chiots sélectionnés pour être extrêmement petits cumulent les fragilités — hypoglycémie, os fins, difficultés de mise bas dans la lignée.
- Le yorkshire « golden », « chocolat » ou « biewer » : le standard n’admet que le bleu acier foncé associé au fauve. Le biewer, à robe tricolore, a fait l’objet d’une reconnaissance séparée dans certains pays : ce n’est pas un yorkshire.
- Le yorkshire à poil laineux : le texte demande explicitement un poil « non laineux ».
Ses proches parents
Plusieurs très petits terriers et chiens d’agrément se confondent avec lui :
- le silky terrier australien, plus grand, au poil moins long ;
- le skye terrier, l’un de ses ancêtres, bien plus lourd et bas sur pattes ;
- le maltais, également à son origine, entièrement blanc.
Prix et budget
Fourchettes à valeur indicative ; élevage et région les font bouger.
Comptez 900 à 1 700 € pour un chiot au LOF. Un avertissement s’impose ici : les chiots facturés davantage au motif qu’ils resteront minuscules relèvent d’une pratique dont il faut se détourner. Le standard ne récompense pas la petitesse extrême, il fixe un plafond.
Deux postes structurent le budget d’un yorkshire, et ils reviennent chaque année :
- le toilettage, de 240 à 500 € par an pour quatre à six passages en salon, davantage encore si le salon prend tout en charge ;
- les soins dentaires, entre le retrait éventuel des dents de lait et les détartrages sous anesthésie, souvent plusieurs fois sur une vie de quatorze ans.
Bonne nouvelle en revanche sur le reste : un chien de quatre kilos mange peu, ses antiparasitaires coûtent peu, et sa facture annuelle figure parmi les plus légères du monde canin.
Sur l’assurance, le raisonnement est particulier à cette race, parce qu’elle vit longtemps :
- regardez ce qui demeure à votre charge à chaque passage, point capital quand les consultations s’enchaînent pour de petits montants
- cherchez un forfait prévention qui absorbe une part des soins dentaires
- examinez surtout l’évolution de la cotisation après douze ans, un âge que ce chien atteint dans la grande majorité des cas — c’est là que se joue la rentabilité du contrat sur la durée
Au bilan : 2 400 à 4 400 € la première année, chiot inclus, puis un rythme annuel de 1 050 à 2 160 €.
Cette page suit les publications scientifiques et les refontes de standard. Vous y repérez une erreur ? Dites-le nous : nos rectifications sont datées et rendues publiques.
| Poste | Fourchette | Périodicité |
|---|---|---|
| Chiot inscrit au LOF | 900 € – 1 700 € | une fois |
| Identification, primo-vaccination, premier bilan | 150 € – 250 € | une fois |
| Stérilisation ou castration | 180 € – 400 € | une fois |
| Extraction des dents de lait persistantes | 150 € – 350 € | une fois |
| Alimentation | 150 € – 280 € | par an |
| Vaccins et visite annuelle | 90 € – 150 € | par an |
| Toilettage en salon, 4 à 6 séances | 240 € – 500 € | par an |
| Antiparasitaires (dosage très petit chien) | 70 € – 130 € | par an |
| Détartrage, en moyenne lissée sur la vie | 45 € – 95 € | par an |
| Assurance santé et réserve pour imprévus | 500 € – 1 100 € | par an |
- Première année
- 2 475 € – 4 955 €
- Les années suivantes
- 1 095 € – 2 255 €
Fourchettes indicatives, relevées sur le marché français : elles varient selon la région, l'élevage et le vétérinaire.
Questions fréquentes
Combien de temps vit un yorkshire terrier ?
Longtemps, et c'est l'un des grands atouts de la race. Une étude publiée en 2025 sur 28 032 yorkshires suivis en clientèle vétérinaire britannique donne une durée de vie médiane de 13,56 ans, avec un intervalle courant de 11,3 à 15,2 ans et des chiens atteignant 19 ans. C'est nettement au-dessus de la médiane canine générale, et l'un des meilleurs chiffres jamais mesurés chez le chien.
Combien doit peser un yorkshire terrier ?
Le standard fixe un plafond net : 3,2 kg au maximum, sans minimum ni taille au garrot. La réalité mesurée est très différente : le poids médian relevé en clientèle vétérinaire atteint 5,06 kg, soit 5,50 kg chez les mâles et 4,67 kg chez les femelles. Le yorkshire moyen pèse donc plus de 50 % au-dessus du plafond de son propre standard. Ce n'est pas anodin chez un chien dont les rotules et les dents sont les faiblesses connues : si votre yorkshire dépasse nettement les 4 kg, parlez-en à votre vétérinaire.
Le yorkshire perd-il ses poils ?
Très peu, et c'est l'une des raisons de son succès en appartement. Le standard décrit un poil « modérément long, droit, luisant, fin, soyeux, non laineux », qui pousse en continu à la manière d'un cheveu plutôt que de tomber par cycles. En contrepartie, ce poil demande un vrai entretien : sans brossage régulier ou sans coupe courte, il feutre rapidement.
Quelle est la vraie couleur d'un yorkshire terrier ?
Le standard est précis et exigeant. Le corps doit être « bleu acier foncé », du crâne à la queue, et le texte insiste : ce bleu ne doit jamais être mêlé de poils fauves ou bronzés. Le poitrail est d'un fauve intense et brillant, les poils fauves étant plus foncés à la racine. La tête porte une garniture longue, fauve doré intense, très longue sur le museau. Un chiot yorkshire naît noir et feu : la couleur bleue met souvent un an à s'installer.
Le yorkshire est-il un vrai terrier ?
Le standard le dit lui-même : « terrier de compagnie actif et intelligent », classé au groupe des terriers, section terriers d'agrément. Il descend du terrier noir et feu, croisé au maltais et au skye terrier, et sa fonction d'origine était bien celle d'un terrier de travail dans les régions ouvrières du Yorkshire. Le caractère a suivi : c'est un chien vif, curieux, qui creuse, qui poursuit et qui donne de la voix. Le traiter comme un chien de salon revient à ignorer la moitié de son tempérament.
Quel entretien demande le poil d'un yorkshire ?
Deux options, et il faut choisir tôt. Le poil long, tel que décrit au standard, exige un brossage quotidien et une protection en promenade : c'est un entretien de fond, chronophage. La coupe courte, dite en pyjama, est ce que choisissent la grande majorité des propriétaires : quatre à six passages en salon par an, un brossage hebdomadaire, et un chien beaucoup plus libre de ses mouvements. Aucune des deux options n'est meilleure — mais entretenir un poil long à moitié donne un chien qui feutre et qui souffre.
Le yorkshire convient-il à une famille avec de jeunes enfants ?
Avec des enfants assez grands pour comprendre sa fragilité, oui. Avec un tout-petit, c'est plus délicat, et la raison est physique plutôt que comportementale : un chien de trois à cinq kilos se blesse gravement en tombant d'un canapé ou en étant serré. On lui aménage un endroit inaccessible où se retirer, on apprend aux enfants à s'asseoir pour le caresser plutôt qu'à le porter, et tout se passe bien.
Sources
- [1]Standard FCI n° 86 — Yorkshire Terrier — Fédération Cynologique Internationale — 10 novembre 2011 — standard
- [2]Yorkshire Terriers under primary veterinary care in the UK — demography and disorders — Companion Animal Health and Genetics — O'Neill D. G. et al. (28 032 chiens, VetCompass) — 2025 — étude académique
- [3]The epidemiology of patellar luxation in dogs attending primary-care veterinary practices in England — Canine Genetics and Epidemiology — O'Neill D. G. et al. (n = 210 824) — 2016 — étude académique
- [4]Inscriptions des chiens de race au LOF en 2025, par groupe de race — Société Centrale Canine — janvier 2026 — registre généalogique officiel
- [5]Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs — FEDIAF — European Pet Food — juillet 2024 — référentiel nutritionnel européen
- [6]Certificat d'engagement et de connaissance (loi du 30 novembre 2021, décret du 18 juillet 2022) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire — texte officiel
Transparence éditoriale
Yanis M.
Fondateur de Canisfera · auteur
À propos de Yanis →Sarah Decellas
ASV · relecture du 31 août 2026
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